Published on 7 April 2025 | Updated on 14 December 2025

Implantation du soja: Les points essentiels pour la réussite de la culture Dupliquer 1

Tour d’horizon des points essentiels à la réussite de la culture : du choix de la parcelle au semis.

Disponibilité en eau de la parcelle : un critère majeur  

Avec un besoin moyen en eau estimé à 430 mm pour une production de 35 q/ha, la disponibilité en eau est cruciale dans le choix de la parcelle.

  • En l’absence d’irrigation, seuls les terrains les plus profonds sont aptes à la culture du soja.
    En sols intermédiaires, des performances intéressantes sont possibles comme en 2022, mais avec une prise de risque conséquente. Dans ces parcelles, le recours à une culture plus résiliente comme le tournesol est à privilégier.
  • En situation irriguée le soja, dont les besoins en eaux sont comparables au maïs, trouve sa place quelques soit le type de sol.
    - En sol profonds où les besoins en eau d’irrigation seront plus faibles, le soja tirera davantage son épingle du jeu par rapport à un tournesol, plus compétitif en conditions plus limitantes.
    - Sur les terrains superficiels irrigués, le soja trouvera également sa place. Cependant, une espèce comme le tournesol peut se montrer intéressante notamment en rotation avec du maïs, pour réduire la sole irriguée et permettre une réduction de la durée du tour d’eau (stratégie toujours valable même en réalisant 2 à 3 tours d’eau sur le tournesol).
Voir le tableau comparatif des performances technico-économiques des cultures d'été selon les types de sols et la disponibilité en eau

D’autres critères à prendre en compte pour le choix de la parcelle. Une attention particulière doit porter également sur les caractéristiques du sol, l’historique sanitaire, son historique soja et sa flore adventice.

  • La capacité du sol à se réchauffer rapidement : un atout qui permettra un démarrage rapide du soja. Les risques liés aux attaques fongiques (Pithium, Rhizoctone et autres Fusarium) y sont réduits, contrairement aux sols froids ou battants où les attaques sont plus communes.
  • L’historique de la parcelle en matière de sclérotinia est également en prendre en compte, pour limiter les risques.
  • Avantage aux parcelles qui ont déjà porté du soja, car elles sont déjà colonisées par les bactéries spécifiques indispensables à la fixation d’azote. Dans ces situations la nodulation est alors facilitée.

Préparation de sol : permettre un enracinement optimal

Compte-tenu des besoins en eau significatifs du soja, l’exploration racinaire des plantes est un enjeu majeur de la phase d’implantation qui conditionnera la réussite de la culture.

  • Obtenir un sol correctement fissuré : la condition n°1. Il s’agit de permettre le développement en profondeur du système racinaire, cette condition est d’autant plus importante en sec.
    Les racines puisent l'eau du sol jusqu’à 90 cm de profondeur en conduite en sec, alors qu’en irrigué elles exploitent seulement les 50-60 premiers cm. C’est dans cet horizon 0-50 cm que se concentre l’essentiel de l’activité racinaire du fait de la présence des nodosités, dont le fonctionnement dépend des échanges gazeux.
  • Pas de sol tassé ! Un sol trop compacté sur ces horizons entravera les capacités de la plante.
  • Attention aux préparations trop fines dans les situations exposées à la battance. En surface, le mélange homogène de terres fines et petites mottes, correctement rappuyé sur la graine offrira d’excellentes conditions de germination.  

Et le semis direct ? La rusticité de la plantule et sa faible sensibilité aux attaques de limace, font du soja une culture adaptée au semis direct. Rappelons néanmoins que cette pratique doit s’accompagner en amont d’une évaluation de la structure garantissant un bon enracinement. Les chasses débris sont indispensables. La présence abondante de débris végétaux en surfaces peut toutefois favoriser les attaques de mouches des semis...

L’inoculation des graines : des précautions à prendre

Un inoculum est un produit biologique fragile, prenez des précautions : Après achat, le produit inoculant doit être conservé à température fraiche et à l’abri de la lumière, pour conserver sa qualité.  Semer dans le délai permis par la spécialité après l'ouverture du sachet d'inoculum

Pas d’azote au semis !  Outre la qualité du produit, la nodulation est souvent soumise à deux facteurs limitants : le manque d’eau et l’excès d’azote minéral du sol, ce dernier ayant pour effet d’inhiber la nodulation. Ainsi, tout apport d’azote au semis est déconseillé car il empêche les nodosités de s’installer et de fonctionner.

Pour aller plus loin:

 

Date de semis, précocité variétale et situation pédoclimatique : le trio décisif pour sécuriser la récolte

Il s’agit en effet d’assurer une récolte dans de bonnes conditions, en tenant compte des risques d’arrière-saison humide.

  • Sud-Ouest, Sud-Est : vigilance avec les variétés de groupe II. Privilégier des semis d’avril dans les secteurs les plus chauds d’Occitanie ou du Sud du Lot-et-Garonne où les arrière-saisons permettent d’envisager des récoltes sans trop de craintes.
  • Pour les départements sous plus forte influence océanique, les secteurs de piémont pyrénéens ou les zones froides , des groupes I seront mieux adaptés sur les dates de semis classiques jusqu’à début mai. En cas de semis plus tardif sur ces zones, il sera plus sécurisant de recourir à un groupe 0, voire 00 pour la Dordogne et le nord Gironde, où le retour de conditions humides en fin de cycle peut perturber les chantiers de récolte à partir de fin septembre.
  • Auvergne-Rhône-Alpes : une vigilance particulière est à accorder aux groupe I/II. On privilégiera pour ces variétés des semis d’avril dans les secteurs les plus chauds du sud de la région (Secteur Montélimar) où les arrières saisons permettent d’envisager des récoltes sans trop de craintes. Pour les départements les plus au nord (Auvergne, Nord Rhône-Alpes), des groupes 00 ou 0 seront mieux adaptés sur les dates de semis classiques jusqu’à début mai.

Semer sur un sol suffisamment réchauffé : 10°C au moins sur les 5 premiers cm pour une levée homogène

La température du sol durant la phase d’imbibition de la graine est cruciale. Si la température du sol au moment du semis détermine en grande partie l’homogénéité de la levée, la température du sol dans les 24 h après le semis, en condition de teneur en eau du sol suffisante, est déterminante. Le semis ne peut donc s’envisager que lorsque la température de sol atteint au moins 10°C sur les 5 premiers cm, dans les 24 à 48h après le semis. En dessous de cette température, la germination peut être affectée.

Adapter la profondeur de semis à la situation
- Pour un semis précoce ou sur des terres froides, positionner la graine à 2 cm de profondeur (idéalement au semoir monograine).
‐ Dans les situations où le sol est bien réchauffé, la profondeur de semis se situera à 3-4 cm pour positionner la graine dans le frais.
Pour permettre une répartition homogène des graines sur la ligne de semis, ne pas dépasser une vitesse d’avancement de plus de 6 km/h.

Densité de semis : tenir compte des pertes à la levée

La densité de semis doit tenir compte du taux de faculté germinative et les conditions de semis, pour estimer les pertes, ainsi que la disponibilité en eau au cours du cycle.
Un test de germination est fortement recommandé pour un semis avec des graines de ferme. Si le taux de facultés  germinatives est inférieures à 80%, l’augmentation des densités de semis peut se retrouver incompatible avec un semis au semoir monograine. Dans ces situations, il est préférable de privilégier les semoirs céréales, en bouchant une descente sur 2, de façon à tendre vers un peuplement optimal.

D’autres facteurs influençant le taux de levée, comme le type de sol, le travail du sol, ou encore le risque d’attaques de ravageurs du sol, influencent le taux de levée et sont à prendre en compte pour ajuster la densité de semis.

Ecartements : à adapter selon le groupe et la conduite en sec ou en irrigué

  • Les variétés des groupes 0, I et II peuvent s’adapter à des écartements variables allant de 25 (type semoir céréales 1 rang sur 2) à 60 cm. Plus la variété est tardive et plus la plante sera capable de ramifier.  Des écartements à 80 cm sont possibles en groupe I, sans être optimaux
  • Avantage aux écartements de 60 cm qui permettent de meilleures performances comparées à celles obtenues avec des écartements inférieurs à 30 cm. Ces écarts sont amplifiés en conditions irriguées, étant donné la meilleure capacité du soja à exprimer son pouvoir de ramification (essais menés par Terres Inovia en 2014 et 2016)
  • Il existe une forte interaction entre la disponibilité en eau et l’écartement. Ainsi, si les écartement à 60 cm sont toujours plus favorables vis-à-vis du rendement pour les variétés de groupes 0 et I/II, la différence est bien plus marquée en conditions non limitantes en eau (sol profond et/ou irrigués). 
  • En cas de risque sclérotinia sur la parcelle, il faut privilégier les écartements larges de 50 cm et plus, pour une meilleure aération du couvert
Voir aussi : Optimiser le peuplement pour maximiser rendement et rentabilité

Vos contacts régionaux
Arnaud Micheneau (a.micheneau@terresinovia.fr) - Sud Nouvelle Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées
Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr) - Occitanie
Laura Cipolla - Auvergne-Rhône-Alpes, PACA