La gestion des larves d’altises d’hiver passe par la combinaison de leviers agronomiques et l’usage de solutions insecticides efficaces et disponibles selon les territoires. L’analyse de risque intègre le niveau d’infestation et le risque agronomique à la parcelle.
Contexte 2024
Évaluation du risque avant toute intervention
La gestion des larves de grosses altises d'hiver repose sur une approche raisonnée qui combine des pratiques agronomiques et une évaluation précise du risque à la parcelle. Cette évaluation inclut plusieurs critères, tels que :
- la réussite de l'implantation d'un colza robuste avant l’hiver
- le suivi de la dynamique de croissance et de l'état sanitaire de la culture
- la modélisation de dates d’apparition de stades larvaires (information fournie dans les BSV)
- le diagnostic de la présence ou de l'absence d'insectes (méthode Berlèse fortement recommandée).
Outils d'aide à la décision (OAD)
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Larves de grosse altise, préjudiciable en cas de forte pression
Quelle que soit la région et les résistances présentes, n’intervenez qu’après l’évaluation du risque à la parcelle . Lorsqu’elle est nécessaire, la protection est à appliquer dès que les conditions de traitements sont réunies (températures douces de préférence autour de 8-10 °C). En l’absence de risque agronomique, le seuil est de 5 larves par plante et en cas de risque agronomique identifié, le seuil est de 3 larves d’altises par plante.
Zone de dérogation : un usage encadré des insecticides
La récente autorisation de mise sur le marché à titre de dérogation 120 jours (art53 – REG 1107/2009) du 25 septembre au 31 décembre 2024 est limitée aux régions Grand-Est, Bourgogne- Franche Comté, Ile de France, Centre-Val de Loire, départements de l’Allier, du Puy de Dôme, de l’Aisne et de l’Oise concernés par les phénomènes avérés de forte résistance des grosses altises aux pyréthrinoïdes.
Carte : Résistances de la grosse altise aux pyréthrinoïdes
Quelles alternatives hors zone de dérogation ?
Nos essais montrent qu’en l’absence de résistance forte SKDR, la lambda-cyhalothrine (Karaté Zéon dans nos essais) est le pyréthrinoïde le plus efficace, supérieur à la cyperméthrine. La deltaméthrine (Decis Protech dans nos essais) est intermédiaire.
Les pyréthrinoïdes particuliers etofenprox, tau-fluvalinate, esfenvalérate sont en retrait en termes d’efficacité.
Julien Charbonnaud - j.charbonnaud@terresinovia.fr - Région Centre-Val de Loire
Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest
Thomas Mear – t.mear@terresinovia.fr - Bretagne, Pays de la Loire
Elodie Tourton - e.tourton@terresinovia.fr - Poitou-Charentes, Vendée, Limousin