Published on 2 October 2024 | Updated on 15 December 2025

Récolte tournesol : saisir les fenêtres climatiques favorables (MAJ 14/10/2024)

Depuis le début des récoltes pour les semis réalisés entre début et mi-avril, bon nombre de parcelles attendent encore d’être récoltées. En ce début d'octobre, il n'est plus temps de tergiverser. Pour les parcelles « noires » depuis plusieurs semaines, il devient urgent de récolter dès la première opportunité climatique. Espérer atteindre la norme est illusoire, ces capitules noirs agissant comme des éponges et retenant l'humidité. Pour minimiser les pertes, il est essentiel de réduire le taux d’impuretés afin de limiter au maximum l'humidité des récoltes, ce qui éviterait d'importantes réfactions.


Tournesol entre 12 et 15% d'humidité avant les dernières pluies​​​​​​​

Mise à jour du 14/10/2024 - p​​​​​lusieurs cas de figures se présentent :

  • Les parcelles couchées et non ramassables : dans ces situations, un passage de broyeurs à axe horizontal pourrait détruire une partie de l'appareil végétatif. Un passage de disque pourrait ensuite faciliter la coupe des tiges pour permettre le passage des semoirs. Cependant, dans des conditions humides, cette opération reste délicate.
     
  • Les parcelles encore bien debout, mais devenues noires : avec des taux d’humidité de 9 à 10 % observés ce week end, la récolte sont en cours. Bien que des réfactions puissent atteindre voire dépasser 80 €/tonne pour des humidités autour de 20 %, la récolte reste rentable dans tous les cas.
     
  • Les parcelles marrons, mais pas complètement noires : il faut tenter de les récolter. Selon les machines, c’est faisable jusqu’à 20 % ensuite c’est plus compliqué. Il est essentiel de surveiller régulièrement le salissement des grilles.
     
  • Les parcelles encore vertes ou jaunes : ces parcelles, souvent semées en juin, posent davantage de problèmes. La maturation se poursuit mais elle va être longue. Selon le temps des prochaines semaines, des récoltes seront peut-être possible courant novembre.
     
  • Il est primordial de rester pragmatique et d’adopter la meilleure stratégie pour sauver ce qui peut l’être, afin de limiter les pertes économiques.

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Exemples de salissement du matériel de récolte

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​​​​​​​​​​​​​Dans plusieurs situations, bien que les parcelles de tournesol devraient arriver à maturité courant octobre, il sera impossible d’atteindre la norme d’humidité de 9 %, quel que soit le scénario météorologique. Dans ce contexte, il peut être plus judicieux d'accepter de récolter avec un taux d'humidité supérieur, engageant des frais de séchage, plutôt que de risquer de manquer une fenêtre propice et reporter la récolte. Ce report pouvant entraîner des conséquences sur le rendement (verse, dégâts d’oiseaux, botrytis, etc.) et les conditions de préparation pour les semis de céréales.

Certaines situations, plus extrêmes, concernent des parcelles très tardives, où la maturité ne sera peut-être jamais atteinte. Par exemple, des cas de floraison tardive, fin août, sont observés en plaine. Dans ces cas-là, il faudra récolter des plantes encore vertes, une opération possible à partir de 20 % d'humidité. Idéalement, des coupes spécialisées devraient être utilisées pour ne prélever que les capitules, écartant ainsi les parties les plus vertes de la plante. Cependant, avec une matière végétale très verte, il faut s'attendre à des pertes au niveau des grilles, qui devront être régulièrement surveillées afin de trouver le bon équilibre entre pertes et impuretés.

Les marchés pour les oléagineux sont actuellement favorables, et il serait dommage de retarder la récolte au point de se priver d'une opportunité rémunératrice.

Quels frais en cas de récolte à un taux d’humidité supérieur à la norme ?

Concernant les frais liés à une récolte avec un taux d'humidité supérieur à la norme, des hypothèses économiques basées sur un rendement de 25 quintaux par hectare et un prix de 450 €/tonne, montrent qu'une récolte à 12 % d'humidité avec des frais de séchage de 30 €/tonne entraînerait un bénéfice net de 885 €/hectare après récolte et séchage. En cas de report, et si la culture devait être perdue, la perte serait estimée à 938 €/hectare. Dans ce cas, des coûts supplémentaires de nettoyage pourraient s'appliquer si le taux d'impuretés dépasse les 2 %.

Tableau 1 : Simulations des résultats économiques liées à la récolte du tournesol selon différents taux d'humidité de graine, dans un contexte de rendement à 25 q/ha et un prix de graine de 450€/t

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(1)Source Coûts des Opérations Culturales, Chambres d'Agriculture de France, nov. 2023
(2)base indicative 2023

Elodie Tourton - e.tourton@terresinovia.fr - Poitou-Charentes, Vendée, Limousin
​​​​​Julien Charbonnaud - j.charbonnaud@terresinovia.fr - Centre-Val de Loire
Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest
Thomas Mear – t.mear@terresinovia.fr - Bretagne, Pays de la Loire
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