Published on 31 July 2024 | Updated on 15 December 2025

Colza : point sur les récoltes en Normandie & Ouest Ile-de-France

Après une campagne éprouvante marquée par des pluies fortes et régulières, bon nombre de producteurs poussent un ouf de soulagement. Soit parce que les rendements sont finalement corrects ou pas si faibles, soit parce que la moisson libère les agriculteurs d’une campagne « fardeau » qui pèse depuis plusieurs mois.

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Premiers estimatifs de rendements parcellaires bruts, quelques jours avant la fin des moissons (merci aux acteurs locaux !) :

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    32 à 33 q/ha dans l’Essonne (de 15 à 45 q/ha). Dans ce secteur, le mycosphaerella a contaminé très tôt les siliques, au sud d’Etampes notamment. Il manque 6-7 % du rendement par rapport à la moyenne quinquennale. Les résultats sont hétérogènes tout comme dans les Yvelines (18-37 q/ha, moyenne 31-32 q/ha) qui se distingue par des résultats liés à l’aptitude des parcelles à drainer ou non les eaux de pluies. Il manque dans les Yvelines 10-12 % par rapport aux scores moyens pluriannuels.
  • Dans le Val d’Oise, les résultats affichent souvent des chiffres autour de 34-36 q/ha (19 à 45 q/ha).
  • 33 à 35 q/ha dans l’Eure et en Seine-Maritime. Des différences s’observent bien-sûr entre terroirs. Globalement, on perd environ 6 à 8 % du potentiel escompté. Dans l’Eure, cela reste plutôt un soulagement (fourchette de 15 à 47 q/ha, moyenne autour de 32-34 q/ha) ou une déception malgré tout. En Seine-Maritime, les rendements sont décents au regard de l’année (20 à 47 q/ha, moyenne entre 32 et 35 q/ha), mais il persiste des signes de résignation, reflets d’une campagne ou d’une culture difficile à gérer.
  • 30-31 q/ha dans l’Orne (variations de 10 à 38 q/ha), soit 6 % de baisse par rapport à la moyenne quinquennale. Du fait de ses caractéristiques de sols, ce département a davantage souffert d’accidents liés à l’hydromorphie. De nombreuses parcelles montraient des trous qui ont, fatalement, impacté sur la productivité. Pas de miracle donc. Dans le bocage ou dans les plaines, c’est un peu mieux que dans le Perche.
  • Dans le Calvados, c’est là une bonne surprise. Les moissons se terminent avec des scores fluctuant de 10 à 52 q/ha avec une moyenne serrée autour de 35-38 q/ha. On est proche voire même un peu mieux que les résultats sur 5 ans, y compris dans la zone Falaise-St Pierre. Les secteurs à dominante de sols hydromorphes, dans l’ouest du Bessin accusent un peu le coup avec des résultats entre 30 et 35 q/ha.​​​​​

Les parcelles à retour de colza > 5 ans procurent les meilleurs résultats, comme souvent.

Il faut se rappeler que l’installation automnale de la culture avait été très bonne. Les colzas ont sans doute tirer profit de cet avantage pour encaisser une météo contrariante. A l’exception de quelques secteurs où les larves d’altises n’ont pas été bien contrôlées, la région a évité les attaques importantes de ravageurs dans l’ensemble.

Sans surprise, les sols humides, hydromorphes paient davantage les conséquences de la météo pluvieuse. Le manque important de rayonnement durant toute la floraison et le développement de maladies en fin de cycle (mycosphaerella en particulier et cylindrosporiose) sont aussi à considérer cette année.

Enfin, nous ne devons pas écarter la problématique de salissement automnal (ray-grass surtout) et salissement tardifs dans les parcelles humides (matricaires, laiterons, coquelicots…).

Prochaines infos à venir : bilans détaillés et résultats définitifs des variétés colza 2023-24

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Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest