Published on 2 April 2024 | Updated on 15 December 2025

Printemps 2024 : contraintes et risques des semis tardifs des légumineuses à graines de printemps dans le grand ouest Français

Le printemps 2024 laisse peu de créneaux pour les semis des cultures de printemps. La fréquence des pluies pénalise le calendrier cultural sur les grandes cultures. Jusqu’à quelle date est-il possible de réaliser les semis des cultures oléoprotéagineuses ?

Un début d’année 2024 pluvieux sur le grand Ouest retarde les semis des cultures de printemps

Sur les secteurs de production des protéagineux de printemps sur le grand Ouest, la période de début janvier à fin mars enregistre des cumuls de 20 à 40 % supérieurs aux normales de saison.

Cette importante pluviométrie s’explique tant par la fréquence des épisodes de pluie que par les quantités d’eau tombées. Ce qui a limité les interventions culturales pour la préparation du sol et les semis.

Pourcentage de cumul de pluie du 01 janvier 2024 au 20 mars 2024 par rapport à la normale sur la période 2001 – 2022 – données Météo France – Carte Terres Inovia

Jusqu’à quelle date les protéagineux peuvent être semé sur le grand Ouest ?

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Lorsque les conditions climatiques ne sont pas réunies, il est fortement conseillé de reporter le semis, afin d’implanter la culture lorsque la parcelle est ressuyée et suffisamment réchauffée. La température du sol, à la profondeur de semis, doit être supérieure à 7°C pour favoriser la germination. Le pois chiche, la lentille sont particulièrement sensibles aux mauvaises conditions de levée.

​​​​​​​Quels risques sont pris lors des semis tardifs ?

Le risque principal est un risque de stress hydrique et thermique lors de la floraison et de la maturité des cultures. L’ensemble des situations semées sur des sols peu profonds peuvent être particulièrement sensibles aux stress hydriques.

Le pois de printemps, la féverole de printemps et la lentille sont très sensibles aux excès de température. Les seuils d’avortement de fleurs du pois de printemps et de la féverole de printemps sont identifiées autour de 25°C. La lentille supporte des températures élevées jusqu’à 28°C. ​​​​​​​Enfin, le pois chiche est le plus résistant, supportant des pics de températures supérieurs à 36°C.

Ces conditions peuvent limiter la mise en place des étages florifères, le développement des gousses et faire chuter le potentiel de rendement.

Exemple de stress thermique sur des plantes de lentille avec avortement de fleurs et de gousses
(Campagne 2022 – Charente-Maritime)

​​​​​​​La lentille et le pois chiche sont deux cultures très indéterminées. Les semis tardifs vont décaler l’ensemble de leur cycle. La période de maturité peut être prolongée dans un contexte de retour des pluies en fin d’été. Ces pluies compliquent aussi les récoltes par le risque de verse, d’égrainage ou de verdissement des adventices. Enfin, les pluies tardives peuvent également dégrader la qualité des graines avec un risque de reprise d’humidité, de germination ou encore d’égrainage.

Agathe Penant - a.penant@terresinovia.fr - Référente protéagineux zone Centre & Ouest