Colza : Evaluer la biomasse du colza pour optimiser la fertilisation azotée au printemps

Raisonner la fertilisation azotée des colzas est indispensable pour assurer la productivité de la parcelle et maîtriser le poste de charge opérationnel le plus important de la culture. L’estimation de la biomasse du colza à la sortie de l’hiver et sa prise en compte dans le calcul de dose d’azote est un moyen simple et efficace pour optimiser sa marge brute. 

L’estimation de la biomasse en sortie hiver est indispensable pour ajuster la quantité d’azote à apporter au printemps car la biomasse aérienne (pois vert en kg/m²) est un bon indicateur de l’azote déjà absorbé par la plante. Plus la quantité d’azote absorbé par la culture à l’ouverture du bilan est importante, plus la dose d’azote à apporter sous forme d’engrais au printemps est faible, sans compromis sur le rendement.

L’estimation de la biomasse est à faire lors de la reprise de végétation (stade C1 – C2) et dans tous les cas avant le premier apport d’azote. 
 

Méthode d’estimation de la biomasse par pesée

La pesée s’effectue sur 2 à 4 parcelles d’1 m² en sectionnant les colzas au ras le sol pour une bonne estimation de sa biomasse aérienne. La méthode de prélèvement varie selon l’écartement du colza (voir tableau ci-contre).  

Ecartement

Méthode de prélèvement

Inférieur à 30 cm

Prélever dans un carré de 1 mètre de côté

45 cm

Prélever 2 rangs contigus de 1,10 mètre linéaire

50 cm

Prélever 2 rangs contigus de 1 mètre linéaire


Dans les parcelles avec des colzas hétérogènes, il est recommandé de réaliser 4 prélèvements, à différents endroits représentatifs de la parcelle, tout en évitant les bordures. La valeur moyenne sera alors retenue pour effectuer les calculs de dose d’azote.
 

Pour éviter tout biais de mesure, notamment en cas de prélèvement par temps pluvieux ou en cas de forte rosée, il convient de bien secouer les plantes pour les débarrasser des gouttes d’eau, de retirer les feuilles blanches en décomposition gorgées d’eau et d’enlever les éventuelles mottes de terre et autres débris.
 

D'autres outils pour estimer la biomasse des colzas

Il existe aujourd’hui une grande diversité d’opérateurs proposant des services de conseils azoté spécialisés sur le colza à partir d’un traitement d’image. Ils permettent aux agriculteurs qui le souhaitent de moduler les apports au sein de la parcelle, soit avec un système piloté sur l'épandeur d'engrais, soit en modulant manuellement par grandes zones dans les parcelles présentant des états de croissance différents. Parmi eux, 4 produits font l’objet d’un accord de partenariat avec Terres Inovia : 

  • Farmstar (Airbus, Arvalis)
  • Agro-rendement (Wanaka/Agroptimize - Geosys)
  • PRECIFert Azote (Precifield)
  • Bilan Colza by Abelio (Abelio)

Pour faciliter les estimations au champ, 2 applications smartphone, ImageIT inclus aujourd’hui dans Atfarm (Yara France) et Crop-Analyser (Visio-Crop), font l’objet de partenariat avec Terres Inovia. La biomasse est estimée à partir de photographies classiques, dont l'exploitation et l’interprétation sont ajustées par la hauteur de végétation, à renseigner en amont du traitement d’image.

Pour aller plus loin : Evaluer la biomasse du colza pour optimiser les apports d'azote au printemps

Calcul de la dose prévisionnelle : attention à la surestimation des besoins !

La Réglette azote colza® - outil simple, facile d’utilisation et mis en ligne gratuitement par Terres Inovia - détermine la dose totale à apporter à partir de plusieurs informations : la biomasse du colza, l’objectif de rendement de la parcelle, le type de sol, l’apport de produits organiques, la nature du précédent et éventuellement l’association de légumineuses gélives.
 

Afin de ne pas surestimer les besoins de la culture, et ainsi éviter une sur-fertilisation inutile et coûteuse dans un contexte de prix élevé des engrais azotés, il convient de fixer un objectif de rendement raisonnable : calculer la moyenne des rendements des 5 derniers colzas sur la parcelle ou des parcelles comparables, en enlevant la valeur la plus faible et la valeur la plus élevée (moyenne olympique).

Fractionner pour synchroniser les apports aux besoins de la culture

Pour les colzas à faible croissance, un premier apport précoce dès la reprise de végétation, en petite quantité, est recommandé. Il est en effet nécessaire d’accompagner la reprise car les petites plantes ont peu de réserves et une capacité d’absorption limitée.
 

Pour les colzas à forte croissance, la remobilisation des réserves accumulées dans les organes suffira à assurer une bonne reprise de végétation. Il est conseillé d’attendre la montaison pour l’apport éventuel d’azote.

Dans tous les cas, ne pas apporter plus de 100 kg/ha d’azote en une fois. 
 

Dose à apporter (kg/ha)

Reprise de végétation (stades C1-C2)

Début montaison (stades C2-D1)

Boutons accolés (D1-D2)

Boutons séparés (stade E)

<100

 

 

<100

 

100 à 170

 

60 à 80

40 à 90

>170

40 à 60

50 et +

40 à 60

 

Aurore BAILLET (a.baillet@terresinovia.fr)

Sortie hiver Pause hivernale Grand Est Hauts-de-France Bourgogne-Franche-Comté Fertilisation Colza Non Aurore BAILLET (a.baillet@terresinovia.fr)

Mesurer vos biomasses en sortie d'hiver pour optimiser vos apports azotés au printemps

Sur le Sud-ouest, les conditions de ce début de campagne ont permis, dans l’ensemble, un bon développement des colzas, lorsque ces derniers n’ont pas pâti de mauvaises conditions d’implantation. 

Côté Auvergne, Rhône-Alpes et PACA, les conditions ont été très contrastées avec des implantations de colza particulièrement hétérogènes selon les dates de semis et les contextes pédoclimatiques. Dans ce contexte, les niveaux de développement des colzas à l’entrée de l’hiver sont très variables. 

Plus que jamais, la mesure des biomasses à l’entrée et à la sortie de l’hiver constitue un levier indispensable pour affiner la dose d’azote à apporter au printemps et l’adapter au potentiel réel de chaque parcelle.

Sur le Sud-ouest, les conditions de ce début de campagne ont permis, dans l’ensemble, un bon développement des colzas, lorsque ces derniers n’ont pas pâti de mauvaises conditions d’implantation. 

Côté Auvergne, Rhône-Alpes et PACA, les conditions ont été très contrastées avec des implantations de colza particulièrement hétérogènes selon les dates de semis et les contextes pédoclimatiques. Dans ce contexte, les niveaux de développement des colzas à l’entrée de l’hiver sont très variables. 

Plus que jamais, la mesure des biomasses à l’entrée et à la sortie de l’hiver constitue un levier indispensable pour affiner la dose d’azote à apporter au printemps et l’adapter au potentiel réel de chaque parcelle.

Top départ pour les pesées sortie d'hiver

La remontée des températures au cours de la semaine dernière permettra d’initier le redémarrage des colzas, après un repos végétatif et une fonte des biomasses en entrée d’hiver, à la suite des baisses de températures successives entre fin-novembre et début-janvier. Il est donc temps de procéder à la pesée des colzas, afin de déterminer les quantités d’azote à apporter en amont et/ou en cours de montaison selon les situations.

Méthode d’estimation de la biomasse

La pesée s’effectue sur 2 à 4 placettes d’1m² en sectionnant les colzas au ras le sol pour une bonne estimation de sa biomasse aérienne. La méthode de prélèvement varie selon l’écartement du colza (voir tableau ci-contre).  

Dans les parcelles avec des colzas hétérogènes, il est recommandé de réaliser 4 prélèvements, à différents endroits représentatifs de la parcelle, tout en évitant les bordures. La valeur moyenne sera lors retenue pour effectuer les calculs de dose prévisionnelle.

Pour éviter tout biais de mesure, notamment en cas de prélèvement par temps pluvieux ou en cas de forte rosée, il conviendra bien secouer les plantes pour les débarrasser des gouttes d’eau sur les feuilles et enlever les éventuelles petites mottes de terre à la base de la tige.

Pour vous aider

Vous pouvez aller voir ce tutoriel

D'autres outils pour calculer directement les doses d'azote à apporter

Il existe aujourd’hui une grande diversité d’opérateurs proposant des services de conseils azoté spatialisés sur colza à partir d’un traitement d’image. Ils permettent aux agriculteurs qui le souhaitent de moduler les apports au sein de la parcelle, soit avec un système piloté sur l'épandeur d'engrais, soit en modulant manuellement par grandes zones dans les parcelles présentant des états de croissance différents. Parmi eux, 4 produits font l’objet d’un accord de partenariat avec Terres Inovia : 

  • Farmstar (Airbus, Arvalis)
  • Agro-rendement (Wanaka/Agroptimize - Geosys)
  • PRECIFert Azote (Precifield)
  • Bilan Colza by Abelio (Abelio)

Pour faciliter les estimations au champ, 2 applications smartphone, ImageIT (Yara France) et Crop-Analyser (Visio-Crop), font l’objet de partenariat avec Terres Inovia. La biomasse est estimée à partir de photographies classiques, dont l'exploitation et l’interprétation sont ajustées par la hauteur de végétation, à renseigner en amont du traitement d’image.

Vous trouverez davantage d’informations concernant les méthodes alternatives d’estimation des biomasses et doses prévisionnelles en azote des colzas sur ce lien.
 

Calcul de la dose prévisionnelle : Attention à la surestimation des besoins !

La Réglette azote colza® permettra de déterminer la dose totale à apporter à partir de plusieurs informations : la biomasse du colza, l’objectif de rendement de la parcelle, le type de sol, l’apport de produits organiques, la nature du précédent et éventuellement l’association de légumineuses gélives.

Afin de ne pas surestimer les besoins de la culture, et ainsi éviter toute sur-fertilisation inutile et coûteuse, notamment dans un contexte de prix élevé des engrais azotés vis-à-vis des prix de vente du colza, il conviendra de fixer dans un premier temps un objectif de rendement raisonnable. Pour ce faire, il faudra calculer la moyenne des rendements des 5 derniers colzas sur la parcelle ou des parcelles comparables, en enlevant la valeur la plus faible et la valeur la plus élevée : c’est la moyenne olympique.

Au vu des conditions de température en ce début d’hiver, 2 situations. 

Les colzas du Sud-Ouest ont davantage perdu de biomasse que les campagnes précédentes où, certaines années, ils ne se sont jamais vraiment arrêtés de croître et de se développer. Il convient donc, en plus de bien estimer son objectif de rendement, de prendre en compte l’azote absorbé à l’automne, par une estimation à postériori des biomasses en entrée d’hiver (entre 800g et 1.2 kg/m² en moyenne selon les parcelles) ou par le traitement d’images satellites prises entre la mi-novembre et début-décembre. Le risque de la non-prise en compte de l’azote absorbé à l’automne, lorsque les colzas ont « fondu » au cours de l’hiver, est là-aussi une surestimation des doses à apporter au printemps, en sous-estimant les quantités absorbées précédemment (voir exemples ci-contre).

En Auvergne et Rhône-Alpes, marquées par des températures inférieures aux normales de mi-novembre puis de fin décembre à début janvier, les colzas ont connu un ralentissement marqué de leur croissance, voire une perte de biomasse dans certaines situations. Dans ce contexte, il est indispensable, en complément d’une estimation réaliste de l’objectif de rendement, de bien prendre en compte l’azote absorbé à l’automne. Les références issues des réseaux BSV montrent des situations très contrastées (biomasses en entrée d'hiver à 2,7 kg/m² de moyenne en Rhône-Alpes, avec des valeurs comprises entre 0,4 et 5,8 kg/m², et 1,5 kg/m² en Auvergne, avec des extrêmes allant de 0,3 à 2,8 kg/m²).
L’estimation a posteriori des biomasses à l’entrée de l’hiver, par des mesures terrain ou via l’exploitation d’images satellites acquises entre la mi-novembre et début décembre, est donc essentielle. Ne pas intégrer l’azote absorbé à l’automne, notamment lorsque les colzas ont “fondu” au cours de l’hiver, conduit à une surestimation des doses d’azote à apporter au printemps, en sous-estimant les quantités déjà prélevées par la culture.

 

Fractionner vos apports en fonction de la dose totale à apporter

Le fractionnement permet d’ajuster au mieux les apports aux besoins des plantes.

Pour les colzas à faible croissance, un premier apport précoce dès la reprise de végétation est recommandé ; il est en effet nécessaire d’accompagner la reprise car les petites plantes ont peu de réserves et elles n'accèdent pas facilement à l’azote du sol car, leur système racinaire est faible.

Au contraire pour les colzas à forte croissance, il est conseillé d’attendre la montaison pour l’apport éventuel d’azote ; la remobilisation des réserves accumulées dans les organes suffira à assurer une bonne reprise de végétation.

Dans tous les cas, ne pas apporter plus de 100 kg/ha d’azote en une fois.
 

Vos contacts en région :

  • Alexandra Denoyelle (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Auvergne-Rhône-Alpes & Provence-Alpes-Côte d'Azur
  • Quentin Level (q.level@terresinovia.fr) - Sud Nouvelle Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées
  • Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr)- Occitanie
Pause hivernale Ouest Occitanie Est Occitanie Sud Aquitaine PACA Rhônes-Alpes Auvergne Fertilisation Optimisation économique Nutrition minérale Colza Compatible Quentin LEVEL- q.level@terresinovia.fr
Alexandra DENOYELLE - a.denoyelle@terresinovia.fr

Normandie et Ouest Ile-de-France : point sur les infestations larves d’altises avant hiver

Comment se place la campagne en cours par rapport aux précédentes ? Faut-il craindre des dégâts ultérieurs ? 

Un bilan « entrée hiver » détaillant la pression exercée par les larves d’altises en Normandie et Ile-de-France est disponible à la fin de cet article. 

Nous remercions les acteurs régionaux qui ont alimenté la base regroupant 113 résultats de tests Berlese en entrée hiver. Les données proviennent de sites principalement suivis pour le conseil, l’expérimentation ou les BSV de Normandie et Ile-de-France.

Etat des infestations en entrée hiver 2025-26 : Que retenir ?

  • La moyenne s’élève à 5.8 larves par plante en entrée hiver 2025 (contre 2.2 en 2024 et 3.8 en 2023) ;
  • Le niveau d’infestation est jugé élevé à très élevé, en particulier en Normandie et quelques zones en Ile-de-France Ouest (Sud-Est Essonne par exemple). Les chiffres restent toutefois très variables.
  • Plusieurs vagues d’arrivées de larves d’altises ont pu être constatées. Les tests Berlese réalisés avant la mi-novembre montraient des niveaux d’infestations quasiment deux fois plus faibles que ceux réalisés après. Les températures très douces sur la 1ère moitié du mois de novembre puis à nouveau entre le 28 novembre et le 20 décembre ont été propices aux cycles des altises (pontes, développements larvaires).
  • L’épisode hivernal avec des gelées marquées entre le 21 décembre et le 7 janvier a, depuis, interrompu le cycle biologique du ravageur. Rappelons que les larves d’altises sont capables toutefois de supporter de telles vagues de froid.

Faut-il craindre des dégâts ultérieurs : que retenir ?

  • L’infestation est deux fois plus élevée que la moyenne pluriannuelle (10 ans) en Normandie et proche des habitudes en Ile-de-France.
  • Le niveau de croissance du colza durant l’automne (1.5 à 1.8 kg/m² en moyenne) est élevé, c’est rassurant car la culture est alors disposée à davantage faire face à cette présence de larves.
  • Le cumul de températures automnales était un peu au dessus des valeurs saisonnières, ce qui a accéléré, sans que cela soit exceptionnel pour autant, l’évolution des stades du ravageur ;
  • Les parcelles protégées en novembre sont théoriquement débarrassées d’une bonne partie de larves pouvant être compromettantes en février / mars.
  • L’offre climatique de janvier à mars 2026 conditionnera en grande partie le rapport de force entre la culture et le bio-agresseur. 

Il ne faut plus espérer obtenir de rentabilité d’un insecticide anti-larve appliqué en cette saison. 

Dès la reprise de végétation, un suivi parcellaire restera de mise pour bien analyser la tournure des évènements.

Note larves d'altises colza 08/01/2026

Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest

Pause hivernale Normandie et Ouest Ile-de-France Colza Non Jean Lieven

Normandie et Ouest Ile-de-France : un point sur des valeurs de biomasse de colza avant hiver

En entrée hiver 2025-26, le colza a mis en place un niveau de biomasse très correct. Les valeurs fluctuent généralement de 1.2 à 2 kg/m². La moyenne s’établit à 1.5 kg/m² en Normandie et 1.8 en Ile-de-France

Sur la base d’un échantillon de 160 parcelles ayant fait l’objet de pesées manuelles au champ :

  • La moitié des situations a atteint ou dépassé 1.6 kg/m² de biomasse verte avant l’entrée hiver. L’an passé, la médiane était de 1.0 kg/m² pour un échantillonnage similaire.
  • L’absorption d’azote est proche de 80-90 kg d’N/ha en moyenne, soit 20-30 unités de plus en entrée hiver 2025 par rapport à il y a un an.
  • Par rapport à la moyenne des cinq dernières campagnes, ces valeurs de biomasse et azote absorbé avant hiver sont en augmentation de 15 à 30 %.

Le froid depuis le 22 décembre provoquera des pertes de feuilles « normales » dans les prochaines semaines. Aussi il est important d’en prendre compte du mieux possible.

Pour plus de détails, lisez la note qui dresse un premier bilan agro-climatique et situe les données de biomasse entrée hiver 2025-26 par rapport aux références pluriannuelles. 

Note etat des croissances colza 06/01/2026

Nous remercions vivement tous les acteurs locaux pour la contribution à cette note de synthèse.

Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest

Pause hivernale Normandie et Ouest Ile-de-France Colza Non Jean Lieven

Désherbage graminées : bien utiliser la propyzamide

​​​​​​​La baisse des températures associée à une certaine humidité des sols permettra dans les prochains jours d’envisager l’application de propyzamide (Kerb Flo) sur les parcelles de colza infestées de graminées. ​​​​​​​Dans ce contexte, un rappel sur les conditions d’utilisation et d’efficacité de cette molécule parait important.

​​​​​​​Rappel : comment agit la propyzamide ?

La propyzamide (contenue dans KERB FLO et produits génériques) a une action antigraminée à 100 % racinaire et systémique, assez lente car le produit doit migrer par les racines. Ainsi, l’efficacité ne se mesure souvent qu’en sortie hiver.

Quelles sont les graminées ciblées ?

Ray-grass, vulpin, repousses de céréales (blé surtout), bromes, folle avoine (d’hiver surtout), pâturin, vulpie, agrostis.
Cette substance active joue un rôle-clé pour le contrôle des graminées en colza.

Rôle clé pour la gestion à long terme du désherbage

La propyzamide limite fortement la pression de sélection de graminées résistantes aux herbicides foliaires. La gestion responsable de cette molécule est un enjeu majeur pour assurer la durabilité du désherbage, notamment en colza. La protection de la ressource en eau et la durabilité des molécules herbicides sont étroitement liées aux pratiques de désherbage.​​​​​​​

3 règles d’or :

1. Une seule application de propyzamide à 750 g/ha par campagne :

  • à partir de début novembre jusqu'à fin décembre pour le colza​​​​​​​

2. Pas d’application sur un sol saturé en eau pour éviter les ruissellements et les échecs (asphyxie racinaire)

​​​​​3. Pour une bonne efficacité :

  • Viser des applications sur sol frais et humide : l'efficacité est dépendante de l’humidité du sol. Le résultat peut être insuffisant en période sèche.
  • En cas d’enracinement profond des adventices, l’efficacité peut être décevante.

Quels sont facteurs pouvant pénaliser l’efficacité de la propyzamide vis-à-vis des graminées ?

  • Levées précoces de graminées (fin août / septembre) et/ou abondantes non maîtrisées par les herbicides avant l’entrée hiver (les racines peuvent alors être trop développées) ;
  • Application trop tardive sur des adventices trop développées (tallage des graminées) ;
  • Façons culturales simplifiées sans labour (présence de mulch) ;
  • Sols à forte teneur en argile (> 35 %) et MO en surface (> 4 %) ;
  • Sols hydromorphes avec asphyxie des graminées (induisant une faible absorption du produit)

Qu’en est-il de l’effet « parapluie » ?

Pour des colzas dotés d’une forte biomasse (> 1.5 kg/m²), les volumes de végétation peuvent être élevés. Les biovolumes et les longs pétioles (plus de 50 cm) font alors obstacle aux herbicides racinaires.

Pour les produits contenant la propyzamide, mieux vaut dans ce cas positionner l’application au plus proche d’une pluie significative pour favoriser sa diffusion dans la végétation jusqu’à la surface du sol. Pour les produits IELO/YAGO/BIWIX/DITOP, pas d’application sous une pluie.

Mélange propyzamide avec un insecticide … à bien considérer

La tentation de mélanger avec un insecticide visant les larves d’altises est souvent grande car elle permet de viser les deux cibles – mauvaises herbes et insectes – en même temps.

Avant une telle décision, assurez-vous que l’infestation larvaire justifie l’insecticide. Les larves d’altises colonisent les parcelles de façon très variable.

De même, si une infestation larvaire justifie d’ores-et-déjà un insecticide, n’attendez pas que les conditions soient réunies pour la propyzamide pour intervenir.

​​​​​​​Visez toujours les meilleures conditions possibles pour chacune des cibles (insecte ou mauvaises herbes) quitte à passer deux fois… plutôt que chercher à faire coûte que coûte « une pierre deux coups ».

Rappel : Le mélange de produit à base de propyzamide avec MINECTO Gold n'est pas recommandé. Plus d’info ici

​​​​​​​Pour aller plus loin

Gestion des graminées hivernales 
 

Julien Charbonnaud - j.charbonnaud@terresinovia.fr - Centre-Val de Loire
Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest
Thomas Mear – t.mear@terresinovia.fr – Bretagne, Pays-de-la-Loire
 Elodie Tourton - e.tourton@terresinovia.fr - Poitou-Charentes, Vendée, Limousin

Automne Pause hivernale Implantation Période hivernale Normandie et Ouest Ile-de-France Centre-Val de Loire Poitou-Charentes, Vendée, Limousin Bretagne, Pays de la Loire Colza Pois d'hiver Féverole d'hiver Equipe Zone Centre & Ouest

Gestion en post-levée des dicotylédones : Des solutions efficientes à adapter à la flore présente

Les pluies de ce début de campagne, réparties entre la fin-août et la mi-septembre, ont quelque peu perturbé les semis, aboutissant à des écarts de dates d’implantation et donc de stade entre les parcelles de colza. Malgré cela, il est aujourd’hui temps de repérer la présence de dicotylédones pour décider d’une éventuelle intervention pour la majorité d’entre-elles.


De nombreuses solutions sont aujourd’hui disponibles pour contrôler les dicotylédones en post-levée. Appliqués seuls, en séquence ou en association, ces produits permettent de maîtriser efficacement la majeure partie des adventices fréquemment présentes dans les soles de colza. Tout l’enjeu à présent est de bien maîtriser le spectre d’efficacité et le mode d’action de chacun d’entre eux afin d’optimiser les interventions, que ce soit en termes de choix de produit(s), de dose(s) et de positionnement(s).

MOZZAR / BELKAR : pour viser un spectre large de dicotylédones

​​​Appliqué précocement à 0.25 L/ha sur adventices jeunes (2 à 4 feuilles), à partir du stade 4 feuilles du colza, le MOZZAR présente des efficacités satisfaisantes à très satisfaisantes sur un grand nombre d’adventices communes au colza : géraniums, gaillets, alchémille, ammi-majus, bleuet, coquelicot, fumeterre, mercuriale, chardon-marie, chénopode, lamier, laiteron, helminthie, myosotis. 
Ce produit est également applicable plus tardivement, en association avec une spécialité à base de propyzamide (IELO, KERB FLO, etc.), tout en gardant une efficacité sur alchémille, lamier, coquelicot, chardon-marie, fumeterre, gaillet, géraniums en pression faible à moyenne. En revanche, l'efficacité peut décroître sur capselle, véronique, laiteron, sisymbre, bleuet, matricaire et mercuriale si le stade est déjà bien avancé.

Attention, le mode d’action de ce produit est uniquement foliaire. Il ne peut donc s’employer que sur des adventices levées et atteignables par la pulvérisation. Il conviendra donc d’éviter d’intervenir sur des colzas très couvrant, afin d’éviter les effets « parapluie », et reporter l’application au retour des premiers froids, sur une culture plus éclaircie. De plus, ce produit n’est pas sélectif des légumineuses dans les parcelles de colza associées. Il conviendra alors de retarder son utilisation en entrée d’hiver, période où la plante compagne est habituellement détruite.

LADIVA ou pack MIZIS (MIZIK + NERIS) :  pour élargir le spectre de MOZZAR

En complément de l’Halauxifène-méthyl présente dans le MOZZAR (ou MIZIK), l’Aminopyralide, contenue seule dans le NERIS ou associée au MOZZAR dans le LADIVA, renforce la persistance d’action et l’efficacité sur pensées et composées (matricaires, laiterons, séneçons, chrysanthèmes des moissons, etc.). Ces produits sont à positionner idéalement autour du stade 4 feuilles du colza, en une seule application non-fractionnable. 
En plus des informations précédentes, voici quelques compléments à connaître sur ces solutions :

  • Les produits sont compatibles avec de nombreux insecticides ou antigraminées foliaires associés avec une huile végétale de type ACTIROB. Ne pas mélanger avec les fongicides/régulateurs.
  • En application tardive (au-delà du 10 novembre) de MOZZAR, LADIVA ou du pack MIZIS, le mélange avec un produit type KERB FLO est possible avec adjuvant non-ionique de type PHYDEAL, PIXIES, GONDOR, SILWET, etc. LADIVA existe aussi en pack LADIVA FLO (LADIVA + KERB FLO)

Des solutions davantage spécifiques pour lutter contre une flore plus ciblée

Le recours à d'autres produits peut s'envisager, seul ou en complément des spécialités mentionnées précédemment, pour cibler certaines flores en particulier. Par soucis de sélectivité vis-à-vis du colza, le respect du stade d'application et des conditions d'emploi de ces produits est important.

  • FOX 1 L/ha est un herbicide de contact positionnable à 4-5 feuilles du colza, impérativement sur feuillage sec pour des raisons de sélectivité. Employé en complément d’autres produits, il peut apporter un gain d’efficacité sur jeunes mercuriales, chénopodes, lamiers, pourpier, sisymbres, véroniques, ainsi que sur jeunes pensées, morelles, ravenelles ou coquelicots. Il est sélectif des principales légumineuses associées au colza si ces dernières sont bien développées.
  • CALLISTO 0,15 L/ha est applicable à partir de 6 feuilles sur des colzas en bon état végétatif et légèrement endurcis (après les premiers froids, mi-octobre ou petites gelées matinales, maximales inférieures à 15-18°C). Il permet de lutter seul contre les crucifères adventices du colza (sanve, moutardes et calépine) ou en association avec du CENT 7 à 0,2 l/ha contre ravenelle, barbarée, sisymbre, et repousses de betterave. Son utilisation est renouvelable 2 à 3 semaines plus tard pour les plus fortes infestations. Il détruit les légumineuses associées au colza.
  • IELO / YAGO / BIWIX 1,5 L/ha est efficace sur graminées, bleuets, chardons, matricaires, laiterons, séneçons, coquelicots et dans une moindre mesure sur pensées et véroniques.  Il a une légère action contre géranium disséqué. Ce produit détruit les légumineuses associées au colza. Un sol froid et de la pluie après l’application sont nécessaires pour optimiser l’efficacité de la propyzamide.

Quelques trous dans la raquette…

Certaines flores restent toutefois très complexes pour ne pas dire impossibles à contrôler avec les produits de post-levée en colza : citons par exemple les renouées (persicaires, des oiseaux, liseron), rumex, liserons ou encore morelles et amarantes très développées.

Attention aux conditions d’application

Les conditions météorologiques actuelles (début octobre) se caractérisent par des matinées fraiches, humides et des milieux de journées chauds et secs, avec des amplitudes thermiques parfois importantes. Afin de maximiser l’efficacité des solutions présentées précédemment, il est important de se référer aux préconisations d’usage mentionnées sur l’étiquetage de chaque produit afin de positionner au mieux ses interventions. Voici quelques repères simples à connaître pour les produits mentionnés précédemment : 
 

Produits     Stade d’application     Conditions d’applications     Période en journée

MOZZAR/NERIS

LADIVA

A partir de 4 feuilles jusqu’à stade « rosette » Hygrométrie > 80%
Températures comprises entre 12 et 20°C au moment de l’application
Amplitudes thermiques <15°C
04h00 à 09h00 du matin
CALLISTO A partir de 6 feuilles jusqu’à stade « rosette » Colza en bon état végétatif et légèrement endurcis
Hygrométrie > 80%
Températures comprises entre 5 et 14°C
Amplitudes thermiques < 15°C
04h00 à 09h00 du matin
FOX A 4-6 feuilles pour un bon compromis efficacité/bonne sélectivité Feuillage sec (sélectivité)
Bon état végétatif
Hygrométrie > 80%
Températures comprises entre 4 et 14°C au moment de l’application
Dans la nuit, avant tombée de la rosée !

​​​​​​

​​​Pour aller plus loin

Conditions d'application des herbicides
Tableau d'efficacité des herbicides en colza (Juillet 2025)
Consultez l'outil 'Mélange des produits phytosanitaires'

Votre contact en région

  • Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr) – Centre et Est Occitanie
  • Quentin Level (q.level@terresinovia.fr) – Sud Nouvelle-Aquitaine, Gers et Hautes-Pyrénées
  • Alexandra Denoyelle - Auvergne-Rhône-Alpes, PACA

 

Automne Pause hivernale Sud Aquitaine Est Occitanie Colza Quentin Level (q.level@terresinovia.fr)

L’Arrivée de l’automne est synonyme de vigilance sur les altises - Sud-Ouest

Les conditions climatiques dans le Sud-Ouest ont été favorables aux semis précoces des colzas. Les tout premiers semis ont été réalisés dès le 10/08 (avant les premières pluies du 13/08) puis la majorité des semis sont effectués fin août, alors que les pluies sont régulières. Depuis, la croissance est soutenue mais des derniers semis ont pu avoir lieu encore récemment. Les stades de développement s’étalent donc de cotylédon à 7 feuilles avec des parcelles en majorité à 4 feuilles (au 24/09). La semaine dernière a été marqué par un rafraîchissement des températures, notamment sur le matin. Cette semaine, les températures sont plus douces et sont donc potentiellement favorables au vol de grosses altises adultes. Dans ce contexte, un rappel du seuil, de la période de risque et des solutions disponibles est nécessaire.

Au vu des conditions météo, une surveillance est de mise

Le déclenchement du vol de grosses altises est conditionné par une variation de températures. Nous sortons d’une semaine plutôt froide et les températures se sont maintenant adoucies. Cela pourrait être favorable au vol d’autant que les premiers retours du réseau BSV la semaine passée montre quelques premières captures via les cuvettes jaunes. 

Par conséquent, il est indispensable de surveiller les parcelles dès aujourd’hui, et plus précisément celles qui n’ont pas atteint 4 feuilles, et suivre l’évolution de la situation au travers du BSV (Bulletin de Santé des Végétaux).  

Consulter l’OAD de Terres Inovia

​​​​​​En quelques clics, cet outil estime le risque parcellaire lié aux prélèvements foliaires par les altises lors de la phase levée du colza. Il a été construit en intégrant des résultats d'essais et l'expertise des agents de Terres Inovia.

Lien vers l'outil : Estimation du risque lié aux altises adultes

 

L’insecte migre sur la parcelle depuis divers abris, où il réalise sa diapause estivale. Peu active le jour, l’altise est active en début de nuit pour s'alimenter au détriment du colza. Quelques jours seulement après l’arrivée sur la parcelle, la ponte a lieu dans le sol, à proximité du collet du colza. Les dégâts causés par les adultes se manifestent par la destruction de surface foliaire, sous forme de morsures circulaires. Concernant les dégâts, ils sont potentiellement préjudiciables et d’autant plus importants que le colza est peu poussant et à un stade peu développé avant 4 feuilles. Grâce au semis précoces pour la région cette année, une grande partie des colzas ne sont plus concernés par le risque grosses altises adultes. 

Les interventions ne sont pas systématiques !

De la levée à 3 feuilles, le colza pousse relativement lentement et sa biomasse est faible. Les destructions de feuilles (voire des cotylédons) par les adultes de la grosse altise sont d’autant plus préjudiciables sur des colzas peu développés et peu poussants. L’application d’une protection est conseillée si 80% des plantes présente au moins une morsure et 25% de la surface foliaire est consommée.

Intervention inutile à partir de 4 feuilles  

A partir de 4 feuilles, le colza entre en phase de croissance active. La production de biomasse par la plante est alors plus rapide que les destructions par morsures de l’altise. A partir de ce stade, une intervention contre la grosse altise adulte est inutile. Intervenir sur les adultes se raisonne au regard du risque qu’elles font peser sur les plantules de colza jusqu’à 3 feuilles inclues. Cette intervention n'aura que peu d'impact sur les infestations larvaires qui elles seront visibles à l'entrée de l'hiver et qui devront être gérées spécifiquement. 

Avec la seule famille des pyréthrinoïdes à disposition pour lutter contre ce ravageur au stade adulte, l’efficacité sur adultes comme sur les larves de la grosse altise est directement liée au niveau de résistance des populations. Il est par conséquent essentiel d’intervenir uniquement en cas de risque avéré sur adultes ou sur larves et de limiter l’utilisation de ces insecticides (stratégie d’esquive, en semant tôt).   

Si une intervention est nécessaire :  

  • Dans les secteurs où les résistances fortes ne sont pas généralisées (en jaune ou hachuré) comme le Sud-Ouest, intervenir avec un pyréthrinoïde en soirée (adulte actif en début de nuit).  
  • Pour les régions à forte résistance généralisée aux pyréthrinoïdes (secteur rouge sur la carte), non encore détecté dans le Sud-Ouest, la seule stratégie de gestion passe par un semis et une levée précoce. 

Toutes les pyréthrinoïdes n’ont pas la même efficacité 

Les molécules testées présentent quelques différences entre elles, qui s’accentuent au cours du temps, après application.

  • 3-4 jours après le traitement, les pyréthrinoïdes lambda-cyhalothrine, cyperméthrine (on peut y associer la deltaméthrine) et l’étofenprox sont comparables.
  • 7 jours après le traitement, on observe des différences. Lambda-cyhalothrine, cyperméthrine et deltaméthrine conservent leur efficacité (50 à 60 %). L’étofenprox est en retrait.
  • L’esfenvalérate est en retrait à 3-4 jours ou 7 jours.

Pour la première fois, la dérogation Minecto Gold est en vigueur sur l’ensemble du territoire, dont le Sud-Ouest. Attention cette dérogation d’utilisation ne porte que sur les larves de grosses altises (puisque utilisable seulement à partir du stade 6 feuilles), qui sont différentes des grosses altises adultes qui vont nous concerner dans les prochains jours.  Voir l’article ci-dessous 

Voir l'article sur la dérogation Minecto Gold 2025 

Cette même dérogation permet toutefois l’utilisation du Minecto Gold en colza semence (porte-graines) sur la cible grosse altise adulte (stade cotylédons à 4 feuilles). En effet, la dynamique de croissance entre un hybride (majoritairement utilisé en colza conso) et une lignée (utilisée en colza semence) mais aussi la date de semis (les colzas semences sont généralement implantés plus tardivement) explique l’ouverture de cet usage précoce avec une solution supplémentaires aux pyréthrinoïdes. 

Voir l’article dédié rédigé par l’ANAMSO et Terres Inovia 

Votre contact régional

  • Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr) - Centre et Est Occitanie
  • Quentin Level (q.level@terresinovia.fr) - Aquitaine, Gers et Hautes-Pyrénées
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L’arrivée de l’automne est synonyme de vigilance sur les Altises

Consécutivement aux précipitations parfois très importantes de fin août, qui ont globalement permis une bonne avancée des semis, on observe cette année en Auvergne-Rhône-Alpes des situations contrastées. Dans certains cas extrêmes, notamment en Auvergne où les pluies ont été particulièrement abondantes, des re-semis ont été nécessaires. Les stades de développement des colzas apparaissent relativement hétérogènes, allant de la levée jusqu’à 6 feuilles selon les secteurs et les dates de semis. Cette variabilité est renforcée par des conditions climatiques changeantes : un rafraîchissement ponctuel fin août - début septembre, suivi d’un retour de la chaleur ces dernières semaines. Les prévisions annoncent désormais une baisse des températures à partir de la semaine prochaine. Dans ce contexte, les colzas les plus jeunes restent particulièrement exposés au risque d’attaques précoces de grosses altises.

Au vu des conditions météo, une surveillance est de mise

Le déclenchement du vol de grosses altises est conditionné par une variation de températures. Ces dernières années en Auvergne Rhône-Alpes, le début du vol est enregistré entre le 20 et le 25 septembre. Les premiers retours des réseaux BSV, confirment une arrivée des grosses altises plus précoce que l’année dernière avec des captures en cuvettes significatives sur certains secteurs.

Par conséquent, il est indispensable de surveiller les parcelles dès aujourd’hui, et suivre l’évolution de la situation au travers du BSV (Bulletin de Santé des Végétaux). de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Consulter l’OAD de Terres Inovia

​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​En quelques clics, cet outil estime le risque parcellaire lié aux prélèvements foliaires par les altises lors de la phase levée du colza. Il a été construit en intégrant des résultats d'essais et l'expertise des agents de Terres Inovia.

Lien vers l'outil : Estimation du risque lié aux altises adultes

 

L’insecte migre sur la parcelle depuis divers abris, où il réalise sa diapause estivale. Peu active le jour, l’altise est active en début de nuit pour s'alimenter au détriment du colza. Quelques jours seulement après l’arrivée sur la parcelle, la ponte a lieu dans le sol, à proximité du collet du colza. Les dégâts causés par les adultes se manifestent par la destruction de surface foliaire, sous forme de morsures circulaires. Concernant les dégâts, ils sont potentiellement préjudiciables et d’autant plus importants que le colza est à un stade peu développé avant 4 feuilles. 

Les interventions ne sont pas systématiques !

Avec la seule famille des pyréthrinoïdes à disposition pour lutter contre ce ravageur, l’efficacité sur adultes comme sur les larves de la grosse altise est directement liée au niveau de résistance des populations. Il est par conséquent essentiel d’intervenir uniquement en cas de risque avéré sur adultes ou sur larves et de limiter l’utilisation de ces insecticides (stratégie d’esquive, en semant tôt). 

Un danger pour les colzas de la levée à 3 feuilles 

De la levée à 3 feuilles, le colza pousse relativement lentement et sa biomasse est faible. Les destructions de feuilles (voire des cotylédons) par les adultes de la grosse altise sont d’autant plus préjudiciables sur des colzas peu développés.

Intervention inutile à partir de 4 feuilles 

A partir de 4 feuilles, le colza entre en phase de croissance active. La production de biomasse par la plante est alors plus rapide que les destructions par morsures de l’altise. A partir de ce stade, une intervention contre la grosse altise adulte est inutile. Intervenir sur les adultes se raisonne au regard du risque qu’elles font peser sur les plantules de colza jusqu’à 3 feuilles inclues. Cette intervention n'aura que peu d'impact sur les infestations larvaires qui elles seront visibles à l'entrée de l'hiver et qui devront être gérées spécifiquement.

Si une intervention est nécessaire :  

  • Pour les régions à forte résistance généralisée aux pyréthrinoïdes (secteur rouge sur la carte), la seule stratégie de gestion passe par un semis et une levée précoce.
  • Dans les secteurs où les résistances fortes ne sont pas généralisées (en jaune ou hachuré), intervenir avec un pyréthrinoïde en soirée (adulte actif en début de nuit). 

Toutes les pyréthrinoïdes n’ont pas la même efficacité 

Les molécules testées présentent quelques différences entre elles, qui s’accentuent au cours du temps, après application.

 

 

 

 

 

 

  • 3-4 jours après le traitement, les pyréthrinoïdes lambda-cyhalothrine, cyperméthrine (on peut y associer la deltaméthrine) et l’étofenprox sont comparables.
  • 7 jours après le traitement, on observe des différences. Lambda-cyhalothrine, cyperméthrine et deltaméthrine conservent leur efficacité (50 à 60 %). L’étofenprox est en retrait.
  • L’esfenvalérate est en retrait à 3-4 jours ou 7 jours.

 

Votre contact régional

  • Alexandra DENOYELLE (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Auvergne Rhône-Alpes PACA
     
Implantation Automne Pause hivernale Auvergne Rhônes-Alpes Ravageurs Colza Alexandra Denoyelle (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Terres Inovia

Colza : Bilan de campagne 2024-2025 - Bretagne / Pays de la Loire

Les années se suivent, mais ne se ressemblent pas. Après deux années de récoltes très décevantes, et des surfaces en bernes pour les régions Bretagne et Pays de la Loire, les attentes étaient fortes pour la campagne 2024-2025.

​​​​​​​Le début de cycle se passe sans soucis particuliers, les levées sont satisfaisantes presque partout et les conditions de pousse à l’automne sont bonnes.

Les biomasses, bien que moins importantes que les deux années précédentes, sont satisfaisantes. 
​​​​​​​En entrée d’hiver, les colzas sont sains, avec une pression des ravageurs faible à modérée selon le secteur.

L’hiver a été pluvieux, et les colzas sont malheureusement restés les pieds dans l’eau pendant plusieurs semaines sur certaines parcelles, impactant fortement leur potentiel.

Fort heureusement, la floraison est efficace, et la phase de remplissage des grains a bénéficié d’un fort rayonnement.

Le manque de précipitation sur la fin de cycle a limité fortement le développement de maladie. Les enracinements plutôt bons ont permis de limiter le stress hydrique des colzas, pour finalement, déboucher sur des rendements bons à très bons ! Malgré des parcelles hydromorphes dépassant rarement les 30 quintaux et les dégâts de grêles, les rendements approchent des 38-39 quintaux en moyenne, c’est 1 tonne de mieux que la campagne précédente ! 

 

Bilan de campagne colza 2024-2025 - Régions Bretagne / Pays de la Loire (hors Vendée)

Thomas Mear - t.mear@terresinovia.fr - Bretagne, Pays de la Loire

Préparation de campagne Implantation Automne Pause hivernale Sortie hiver Montaison Maturité/récolte Bretagne, Pays de la Loire Colza Thomas Mear

Colza : Bilan de campagne 2024-2025 - Poitou-Charentes / Vendée / Limousin

Une fois n’est pas coutume, le début de campagne est suffisamment arrosé. Les semis restent en tendance davantage précoces en août. Les pluies de la 1ère décade de septembre assurent une levée généralisée, excepté en Deux-Sèvres. Fin septembre, la majorité des colzas est correctement installée avec des peuplements et des stades réguliers.

Avec une activité accrue des grosses altises début octobre, la pression et la gravité sont globalement faibles en adéquation avec le développement avancé du colza. Les captures de charançons du bourgeon terminal sont très fréquentes fin octobre sur l’ensemble du Poitou-Charentes. Les larves de grosses altises sont précoces et nombreuses en entrée d’hiver. Le temps moins poussant cet automne donne des colzas à faibles biomasses, l’élongation et les faims d’azote sont moins marquées. À nouveau, les populations de larves de grosses altises augmentent pendant l’hiver. Leur impact est limité, car les colzas ont en tendance poursuivi leur croissance cet hiver.


Le piégeage et la gestion du charançon de la tige du colza sont réalisés la 2ème quinzaine de février. Le vol de méligèthes est précoce fin février, le colza n’a pas encore de fleurs. Finalement, les populations restent contenues et les dégâts sont anecdotiques.

La floraison est classique début avril. La nouaison est exceptionnelle avec un rayonnement satisfaisant. Les hampes sont bien régulières. Le stress hydrique en terres superficielles débute dès la floraison et limite le remplissage dans plusieurs situations ; parfois couplé aux nécroses de mycosphaerella sur siliques. Les pucerons cendrés sont rares et les charançons des siliques/cécidomyies arrivent tôt. L’orobanche rameuse est bien présente, mais ses émergences sont tardives ; elle touche de nouvelles parcelles. 


La fin de cycle est accélérée par les fortes températures de juin, les récoltes sont précoces et se déroulent en bonnes conditions. Le résultat est cohérent avec les conditions climatiques sans à-coup : l’année 2025 est une campagne tranquille. La moyenne en régions est estimée à 35 q/ha avec des rendements assez groupés.

Bilan de campagne 2024-2025 - Régions Poitou-Charentes/Vendée/Limousin

Elodie Tourton - e.tourton@terresinovia.fr - Poitou-Charentes, Vendée, Limousin

Préparation de campagne Implantation Automne Pause hivernale Sortie hiver Maturité/récolte Poitou-Charentes, Vendée, Limousin Colza Elodie Tourton