Publié le 9 janvier 2026 | Modifié le 9 janvier 2026

Normandie et Ouest Ile-de-France : point sur les infestations larves d’altises avant hiver

Comment se place la campagne en cours par rapport aux précédentes ? Faut-il craindre des dégâts ultérieurs ? 

Un bilan « entrée hiver » détaillant la pression exercée par les larves d’altises en Normandie et Ile-de-France est disponible à la fin de cet article. 

Nous remercions les acteurs régionaux qui ont alimenté la base regroupant 113 résultats de tests Berlese en entrée hiver. Les données proviennent de sites principalement suivis pour le conseil, l’expérimentation ou les BSV de Normandie et Ile-de-France.

Etat des infestations en entrée hiver 2025-26 : Que retenir ?

  • La moyenne s’élève à 5.8 larves par plante en entrée hiver 2025 (contre 2.2 en 2024 et 3.8 en 2023) ;
  • Le niveau d’infestation est jugé élevé à très élevé, en particulier en Normandie et quelques zones en Ile-de-France Ouest (Sud-Est Essonne par exemple). Les chiffres restent toutefois très variables.
  • Plusieurs vagues d’arrivées de larves d’altises ont pu être constatées. Les tests Berlese réalisés avant la mi-novembre montraient des niveaux d’infestations quasiment deux fois plus faibles que ceux réalisés après. Les températures très douces sur la 1ère moitié du mois de novembre puis à nouveau entre le 28 novembre et le 20 décembre ont été propices aux cycles des altises (pontes, développements larvaires).
  • L’épisode hivernal avec des gelées marquées entre le 21 décembre et le 7 janvier a, depuis, interrompu le cycle biologique du ravageur. Rappelons que les larves d’altises sont capables toutefois de supporter de telles vagues de froid.

Faut-il craindre des dégâts ultérieurs : que retenir ?

  • L’infestation est deux fois plus élevée que la moyenne pluriannuelle (10 ans) en Normandie et proche des habitudes en Ile-de-France.
  • Le niveau de croissance du colza durant l’automne (1.5 à 1.8 kg/m² en moyenne) est élevé, c’est rassurant car la culture est alors disposée à davantage faire face à cette présence de larves.
  • Le cumul de températures automnales était un peu dessus des valeurs saisonnières, ce qui a accéléré, sans que cela soit exceptionnel pour autant, l’évolution des stades du ravageur ;
  • Les parcelles protégées en novembre sont théoriquement débarrassées d’une bonne partie de larves pouvant être compromettantes en février / mars.
  • L’offre climatique de janvier à mars 2025 conditionnera en grande partie le rapport de force entre la culture et le bio-agresseur. 

Il ne faut plus espérer obtenir de rentabilité d’un insecticide anti-larve appliqué en cette saison. 

Dès la reprise de végétation, un suivi parcellaire restera de mise pour bien analyser la tournure des évènements.

Note larves d'altises colza 08/01/2026

Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest