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Le projet R2D2 se délocalise et maintient ses ambitions

04 mars 2020

Initié dans l’Yonne en mars 2018 auprès d’un groupe de 7 agriculteurs situés sur les communes de Nitry et Joux-la-ville, le projet DEPHY R2D2 piloté par Terres Inovia vise à accompagner les exploitants dans la gestion durable des ravageurs de grandes cultures en mobilisant notamment les régulations naturelles. Il implique Arvalis-Institut du végétal, Soufflet Agriculture, Dijon Céréales, l’union des coopératives SeineYonne, la chambre d’agriculture de l’Yonne et l’INRAE.

logo R2D2

En automne 2019, considérant que les conditions de réussite du projet n’étaient plus réunies, Terres Inovia décide de donner un second départ au projet en allant à la rencontre d’un nouveau groupe de 10 agriculteurs dont le territoire d’environ 1200 ha est situé autour de la commune de Courson-Les-Carrières (89), à une trentaine de kilomètres du premier site.

Des ambitions réaffirmées

Pour réduire les applications d’insecticides sur un territoire où pullulent les grosses altises et où les surfaces de colza sont en chute libre, le projet R2D2 propose aux agriculteurs d’explorer collectivement de nouvelles pistes. Il s’agit de mobiliser conjointement des leviers agronomiques de robustesse et les mécanismes de régulation naturelle des ravageurs pour gagner en résilience tout en prenant en compte la dimension paysagère qui conditionne l’activité et les déplacements des insectes.

Le projet permet de déployer auprès des agriculteurs une animation du groupe, un accompagnement technique individuel et collectif ainsi que du transfert de connaissances pour alimenter la réflexion, et leur permettre ainsi de réduire progressivement les applications d’insecticides sans réduire les performances de leurs systèmes de culture. Allongement des rotations, décalages de dates de semis, associations d’espèces et associations de variétés, aménagements paysagers et modification de pratiques sont des exemples de leviers qui pourront être mobilisés par les agriculteurs en fonction des particularités de leurs exploitations et de leurs attentes personnelles ; aucun levier ne sera imposé.

Cette démarche offre un cadre pour structurer une réflexion collective à l’échelle territoriale et la mise en œuvre d’un projet à long terme pour le secteur par les agriculteurs eux-mêmes et ce, tout en limitant la prise de risques.

La régulation naturelle et la robustesse des cultures, piliers de la démarche

Mobilier la régulation naturelle est un axe principal du projet. Il s’agit de favoriser les insectes auxiliaires pour optimiser le contrôle biologique des ravageurs et particulièrement les ravageurs d’automne du colza qui sont aujourd’hui incontrôlables par les moyens de lutte classiques en raison de l’acquisition de résistances majeures.

Les observations et mesures effectuées en 2018 confirment que cet axe de travail représente une voie de progrès importante. En effet, sur les plateaux de Bourgogne, la régulation naturelles des méligèthes et des grosses altises par leurs ennemis naturels que sont certaines espèces d’hyménoptères parasitoïdes est quasi nulle. Cette situation préoccupante incite à mettre en place des mesures de gestion adéquate pour relancer l’activité de régulation de ces insectes.

Pour être pleinement efficace, cet axe de travail doit être mis en œuvre conjointement avec des leviers agronomiques destinées à renforcer la robustesse des cultures et à limiter la nuisibilité des attaques de ravageurs.

Larve de syrphe consommant des pucerons

Larve de syrphe consommant des pucerons, © Arthropologia

Une dynamique collective, une logique territoriale

La logique de territoire apporte un puissant effet de levier pour travailler une thématique comme celle des insectes ravageurs car ils sont mobiles et se moquent des limites de parcelles. Elle permet de réunir autour de la table des acteurs ayant des intérêts divers et qui sont, tout comme l’agriculteur, des gestionnaires du paysage : collectivités locales, gestionnaires d’infrastructures routières etc.

En effet, la gestion des espaces semi-naturels (haies, bords de routes, bords de chemins etc.) n’est pas uniquement le fait de l’agriculteur et elle participe au maintien de la faune auxiliaire si elle est compatible avec la fourniture de ressources alimentaires diversifiées et d’habitats favorables.

R2D2, un cadre structurant pour un projet territorial concernant près de 1200 ha

R2D2, un cadre structurant pour un projet territorial concernant près de 1200 ha

Un suivi scientifique complet

Afin de donner aux producteurs les moyens d’évaluer la pertinence des actions entreprises et d’aider au pilotage du projet, des suivis scientifiques complets sont mis en place sur les principales cultures présentes : colza, blé, orge, tournesol, pois, lentille etc… Les populations d’auxiliaires volants (prédateurs de pucerons, hyménoptères parasitoïdes) et rampants (araignées, carabes etc.) sont monitorées, celles de ravageurs (bruches, coléoptères ravageurs du colza, pucerons, limaces) également de même que la nuisibilité des attaques pour les cultures, les rendements finaux etc. L’objectif étant de voir comment ces variables répondent aux modifications de pratiques et de systèmes de culture réalisés par les agriculteurs tout au long du projet. Dans ce projet, qui n’est pas une expérimentation mais un observatoire piloté, le « témoin 0 » est la situation telle que mesurée avant la mise en œuvre des aménagements et des changements de pratique.

« Action du plan Ecophyto piloté par les ministères en charge de l'agriculture, de l'écologie, de la santé et de la recherche, avec l'appui technique et financier de l'Office français de la Biodiversité »

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Contact : n.cerrutti@terresinovia.fr