Ce programme qui s’appuie sur un consortium de 117 partenaires des filières végétales et animales, a présenté ses premiers résultats lors d’une conférence organisée sur le stand de l’Acta au Salon International de l’Agriculture, mercredi 25 février.
Démarré en 2024, le programme de recherche Cap Protéines+ a pour ambition d’acquérir des références technico-économiques, d’accompagner les acteurs des filières et de favoriser une appropriation massive des innovations et des connaissances existantes sur les légumineuses à graines et fourragères.
Chiffres clés
- Cinq actions coordonnées par Terres Inovia, Arvalis, Idele, Itavi et Ifip
- De 2024 à 2027
- Des subventions de 7,5 millions d’euros
- 114 partenaires
- Enjeu : sécuriser la production des légumineuses pour mieux la valoriser
Ce programme bénéficie d’un soutien important du Ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire. « L’objectif est de doubler les surfaces de cultures riches en protéines à horizon 2030, ce qui implique de sécuriser la production et les usages en protéines. C’est pourquoi les actions du projet visent à aboutir à un maximum de résultats concrets dans les cours de ferme », a affirmé Pierre Chaetlon, représentant du ministère.
« La recherche est essentielle pour structurer la filière des légumineuses à graines pour mieux les valoriser auprès de nos agriculteurs car les enjeux d’avoir davantage de protéines végétales sur les exploitations est important pour favoriser la fertilité du sol tout en se donnant les moyens d’obtenir un rendement suffisant. C’est tout l’enjeu de Cap protéines+ »
Précocifier le semis de la féverole de printemps à l'automne en bio
Pour obtenir des variétés à faible teneur en vicine-convivine, Terres Inovia a évalué l’intérêt de précocifier le semis de la féverole de printemps à l’automne, avec la mise en place de 8 essais. « Le semis à l'automne a permis de réduire fortement les risques de stress thermiques comparativement à un semis de printemps. En revanche, il n'a pas permis de réduire les stress hydriques. Une sensibilité plus importante au froid pour les variétés de printemps mais sans pénalisation du développement et de la croissance sur la suite du cycle a également été constatée.
En outre, les variétés de printemps sont davantage capables de ramifier, et donc potentiellement de compenser la perte de la tige principale suite à des dégâts de gel », précise Cécile Le Gall, chargée d’études de Terres Inovia. Des premiers résultats encourageants qui attendent d’être confirmés lors d’une deuxième campagne d’essais.
Optimiser les process pour une meilleure valorisation des matières protéiques françaises
Un nouveau process a été travaillé pour optimiser la concentration de la protéine et la digestibilité des acides aminés pour les monogastriques dans le but de réduire notre dépendance aux tourteaux de soja d’importation. « Les premiers résultats d’essais permettent d’avoir une valorisation intéressante des profils aminés en volailles et porcs : le procédé PEP améliore considérablement la teneur en protéines », renchérit Isabelle de la Borde.
Des recherches ont aussi été effectuées pour mieux caractériser les variétés de lentilles et de pois chiche afin d’optimiser la cuisson. Une approche multicritère a été menée pour produire des connaissances sur la diversité génétique et pédoclimatique des graines, qu’elles soient sèches, trempées, cuites et appertisées. Des fiches de caractérisation de chaque variété seront prochainement disponibles pour les transformateurs.
L’autonomie protéique, un levier pour assurer la performance éco des exploitations
Des essais ont été réalisés pour tester l'impact d'une diminution de la complémentation azotée sur les performances zootechniques et économiques pour des agneaux en bergerie. Ils ont montré que cela n’avait pas d’impact sur la performance des agneaux et permettait de réduire la part d’alimentation azotée des animaux.
La filière porc a aussi testé l’insertion de protéagineux et de féverole, de tourteaux Expeller en filière courte (soja, colza et tournesol cultivées sur l’exploitation) et les tourteaux classiques en filière longue (colza et tournesol Hipro). Des expérimentations ont aussi été menées pour permettre aux agriculteurs d’être autonomes dans la formulation des rations par la mise à disposition d ‘un outil (PORFAL), l’utilisation de formules à bas protéiques et une alimentation multi-phase.
En outre, les références techniques ont pu être déployées aux conseillers et aux enseignants par des formations, des webinaires, des temps d’échange dédiés (comme les « cafés visios »), différents supports (chiffres-clés, observatoires, résultats d’essais…).
Co-concevoir un outil de formulation pour les éleveurs de volaille bio
Face au besoin des éleveurs d’être aidés pour formuler leurs rations, un outil est en cours de développement pour co-concevoir un outil utile et adapté permettant l'amélioration de l'autonomie des élevages de volailles bio par un collectif d’éleveurs, de conseillers et de chercheurs.
Structurer une filière territoriale de légumineuses à graines en Occitanie : FILEG
Le projet FILEG cherche à impulser une dynamique territoriale pour créer une filière à valeur ajoutée, de l’amont à l’aval. Par exemple, l’étude FALEB vise à créer des farines mixtes à base de légumineuses et (ré)inventer leurs usages dans les métiers de la boulangerie/pâtisserie artisanale. « Nous avons réussi à mettre autour de la table des acteurs qui ne seraient jamais croisés, comme les acteurs de la restauration collective et des chefs cuisiniers », précise Christophe Vogrincic, animateur de FILEG.