L’ambroisie à feuille d’armoise se développe principalement dans les cultures de printemps, en raison d’un cycle biologique synchrone avec ces cultures. Si des solutions herbicides efficaces existent, elles doivent impérativement être complétées par des leviers agronomiques afin de limiter durablement son implantation.
Deux mesures agronomiques ressortent de par leur efficacité :
- L’introduction de cultures d’hiver permet de rompre le cycle de développement de l’ambroisie (car asynchrone). Il est néanmoins essentiel de détruire les levées, s’il y en a, en interculture estivale. Une succession de deux cultures d’hiver renforce encore l’efficacité de cette stratégie.
- Le décalage du semis de la culture de printemps (ex : soja), associé à la technique du faux semis, constitue également un levier efficace. Cette pratique consiste à stimuler la germination des graines avant leur destruction, soit chimiquement (en utilisant le glyphosate), soit mécaniquement, en limitant les perturbations du sol via les interventions afin d’éviter de remonter de nouvelles graines.
Des essais menés en 2016 en Deux-Sèvres ont montré qu’un décalage de semis du 2 au 20 mai, combiné à un faux semis suivi d’une destruction chimique, permet de réduire de 64 % les levées d’ambroisie dans le soja. Des résultats comparables ont été observés plus récemment en tournesol.
Quelles solutions herbicides contre l’ambroisie ?
Un désherbage précoce en prélevée est essentiel pour limiter la concurrence en début de cycle. Parmi les solutions disponibles, le Proman (Inigo/Soleto), à base de métobromuron, est celui qui apporte l’efficacité la plus notable.
Cette intervention doit être complétée en post-levée, soit par de l’imazamox seul, soit par une association imazamox + bentazone afin d’optimiser le contrôle des adventices, limiter la nuisibilité sur le soja ainsi que l’augmentation du stock semencier.
Les essais conduits par Terres Inovia entre 2016 et 2017 ont mis en évidence :
l’intérêt du fractionnement des applications de Pulsar 40 en post-levée, plutôt qu’une application unique à 1,25 l/ha au stade 3-4 feuilles ;
la complémentarité entre bentazone et imazamox en deux interventions.
L’utilisation du métobromuron en prélevée contribue par ailleurs à réduire la pression de sélection. Dans ce contexte, l’augmentation de la dose de Proman (de 1,5 à 2,5 l/ha) n’apporte pas de gain supplémentaire lorsque Pulsar 40 est fractionné et associé à un adjuvant.
L’alternance des molécules et de leurs modes d’action permet de limiter le risque de sélection de résistance de l’ambroisie à l’imazamox présentement. L’utilisation de métobromuron en prélevée contribue également à l’objectif de réduction de pression de sélection.
Programme recommandé en soja
Pour optimiser le rapport efficacité/prix tout en limitant les risques de manque de sélectivité sur sols filtrants, Terres Inovia recommande une stratégie combinée :
- En prélevée, Proman peut être appliqué à 1,5 l/ha, avec une modulation possible entre 1 et 2 l/ha selon le type de sol, conformément à l’étiquette. Ne pas hésiter à s’y référer.
- En post-levée, une première intervention peut être réalisée au stade 2-3 feuilles vraies avec Basagran à 1 kg/ha adjuvanté ou Corum à 1 l/ha. Huit à dix jours plus tard, un relais avec Pulsar 40 à 0,625 l/ha associé à une huile végétale (Actirob B 1 l/ha) permet de finaliser le contrôle.
Une stratégie reposant uniquement sur deux applications de Pulsar 40 à 0,625 l/ha avec adjuvant reste également envisageable. Les résultats montrent que Basagran et Corum offrent des performances équivalentes lorsqu’ils sont utilisés en première intervention.