Publié le 12 mai 2026 | Modifié le 12 mai 2026

Tournesol : quelles pratiques culturales en 2025 ?

Terres Inovia vient de réaliser une enquête sur les pratiques culturales des agriculteurs en tournesol sur la base de 1 594 ayant répondu à cette enquête en ligne à réponse volontaire. 

Comment se caractérisent les exploitations agricoles répondantes ?

Les agriculteurs ont une SAU moyenne de 175 ha dont 15 % en tournesol. Cette part varie de 10 % (Nord-Est) à 22 % (Sud-Ouest).

 

Quelles sont les motivations des producteurs à cultiver du tournesol ?

•    La tête de rotation et la faible utilisation d’intrants (66 %).
•    La tolérance à la sécheresse (45 %)
•    La rentabilité de la culture (36 %) 
 

Le rendement moyen national 2025 est de 24,2 q/ha, supérieur à l’estimation Agreste (21,3 q/ha). 55 % des producteurs en sont d’ailleurs plutôt satisfaits. L’écart de rendements montre d’ailleurs que les producteurs du panel de Terres Inovia sont plus attentifs que la moyenne à la conduite de la culture.
 

Quelles sont les caractéristiques de la campagne 2025 ?

La campagne 2025, globalement défavorable aux cultures d’été en France, a été marquée par la sécheresse (67 %) et les fortes chaleurs (46 %), mais aussi les déprédateurs et ravageurs de début de cycle (27 %). Les maladies sont peu signalées, ce qui est étonnant au regard, par exemple, de la montée en puissance du verticillium dans de nombreux bassins de production, suggérant un manque d’observation des exploitants. Le tournesol oléique domine (86 %), restant à un niveau historiquement haut.

Quels pratiques agronomiques ?

•    Les sols sont majoritairement argilo-calcaires, moyennement profond (48 %) voire superficiel (37 %). Le blé tendre est le principal précédent cultural (44 %) suivi par l’orge (15 %) et le maïs (15 %) ; notons que celui-ci ne représentait que 9% des surfaces en 2023. 


•    L’irrigation reste limitée mais, ces dernières années, en particulier en 2025, elle progresse, représentant maintenant 9 % des surfaces. Les raisons pourraient être une irrigation plus fréquente en cas d’été secs, valorisant particulièrement bien l’eau au niveau économique ou un positionnement du tournesol plus fréquent dans des secteurs maïsicoles, tendance renforcée par des prix de vente favorables.


•    L’interculture précédant le tournesol reste très majoritairement gérée à l’aide d’un travail profond. La part des surfaces labourées, qui a diminué entre 2000 et 2020, s’est stabilisée et représente, en 2025, 47 % des surfaces. Le travail superficiel est déployé sur 16 % des surfaces, plus fréquemment dans la partie Nord de la France que dans le Sud. Le travail du sol reste majoritairement profond, avec 47 % de labour et 51 % de couverts végétaux.


•    La mise en œuvre de couverts végétaux poursuit sa progression dans le Sud-Ouest (27 % des surfaces en 2025) ; elle reste stable ailleurs pour atteindre 51% des surfaces à l’échelle nationale. 


•    Les producteurs choisissent leurs variétés principalement sur des critères de rendement (52 %), de précocité (43 %) ou encore de de tolérance aux herbicides (37 %). La part des VTH poursuit sa progression avec 51,2 % des surfaces en 2025 (contre 29 % en 2019), avec une forte augmentation des variété « Express Sun » depuis 2023. Les variétés précoces et mi-précoces dominent le marché, représentant chacune 42 % des surfaces de tournesol en France. 


•    En 2025, les semis de tournesol ont été plus précoces dans le Nord-Est (10/04) et plus tardifs dans le Sud-Ouest (25/04) que la médiane nationale (15/04). Cela peut s’expliquer par la forte proportion de faux-semis (technique qui repose sur le décalage de la date de semis) déclarée par les producteurs : cette pratique a été mise en œuvre sur 40 % de la sole en tournesol en France lors de la campagne 2025.

Fertilisation du tournesol


•    Les ravageurs (oiseaux, limaces) restent un enjeu majeur malgré les protections mises en place. Sur 82 % des surfaces, les producteurs ne signalent aucun dégât sur le peuplement (28 %) ou seulement quelques manques à la levée (54 %) ; les re-semis, partiels ou totaux, ont concerné 15 % des surfaces. Face à ces risques majeurs, les producteurs protègent leurs parcelles avec des dispositifs anti-oiseaux (effarouchement sonore ou visuel, régulation par le tir), c’est le cas de 4 parcelles sur 5 en France. Aussi, 70 % des surfaces ont été protégées par un traitement anti-limace et la lutte contre les taupins tend également à se généraliser (49 % des surfaces traitées).


•    Gestion des adventices : les programmes de désherbage incluant de la post-levée restent majoritaires (56 % des surfaces, en lien avec l’utilisation de VTH). Toutefois, 17 % des surfaces semées en VTH n’auraient pas reçu un traitement herbicide en post-levée. Autres tendances mises en exergue par l’enquête : l’application d’herbicide en interculture sur 55 % des surfaces en 2025, contre 23 % en 2019, évolution vraisemblablement en lien avec la progression des couverts végétaux. Le maintien d’une proportion des surfaces recevant un désherbage mécanique est quasi identique à 2023, le binage représentant l’écrasante majorité de ce type d’intervention. 


•    Gestion des maladies : le mildiou a été observé sur 12 % des surfaces, avec très peu d’attaques sévères à déplorer et 24 % des surfaces sont annoncées sans aucun traitement anti-mildiou. Néanmoins, 10 % des surfaces en tournesol ont reçu au moins une intervention fongicide en 2025, un chiffre en retrait par rapport à 2023 très probablement en raison de conditions particulièrement chaudes et sèches.


•    Gestion de la fertilisation : seules 7 % des surfaces ne font l’objet d’aucun apport de fertilisant minéral ou organique. L’apport de PRO régulier ou avant tournesol tend à légèrement croître en fréquence. Les doses moyenne d’azote minéral en 2025 (hors impasse) ont été de 45 unités pour les apports au semis, et de 53 unités pour les apports en végétation. Le taux d’impasse en P et K a augmenté par rapport aux précédentes, en partie conséquence de la forte augmentation du prix d’achat des engrais. Quant au bore, il est épandu sur 57 % des surfaces, principalement en végétation (46 %).


•    Récolte : la coupe à céréales à paille adaptée au tournesol est la principale coupe utilisée en France pour récolter les tournesols (52,3 % des surfaces). L’utilisation des coupes spécifiques au tournesol poursuit toutefois sa progression, quels que soient les bassins de culture ; la coupe intégrale tournesol avec plateaux est par exemple utilisée sur 30 % des surfaces en 2023 contre 22 % en 2019. Enfin, contrairement à 2019 et 2023, une faible proportion de la surface nationale a été récoltée en 2025 à moins de 7 % d’humidité. Cela s’explique par une pluviométrie exceptionnellement élevée sur la deuxième quinzaine d’août dans de nombreux bassins de culture.