Terres Inovia a réalisé en 2025 une enquête sur les pratiques culturales du tournesol. Les résultats permettent d’identifier plusieurs tendances, à mettre en perspective avec les recommandations techniques.
Des semis plus tardifs dans le Sud-Ouest
En 2025, les dates de semis apparaissent plus tardives dans le bassin Sud-Ouest que dans les autres bassins de production. La date médiane de semis s’établit au 25 avril dans ce bassin, contre le 10 avril dans le Nord-Est.
Cette tendance avait déjà été observée dans les enquêtes précédentes. Elle interroge car les sols du Sud-Ouest sont généralement censés se réchauffer plus rapidement que ceux des autres régions. Plusieurs explications techniques peuvent toutefois être avancées, comme la réalisation de faux-semis ou le report volontaire des semis en raison du risque de dégâts d’oiseaux.
Pour autant, l’avancement de la date de semis constitue un levier majeur pour améliorer la robustesse du tournesol en permettant à la culture de mieux valoriser les ressources disponibles et d’esquiver certains stress.
Les variétés tolérantes aux herbicides poursuivent leur progression
Les variétés tolérantes aux herbicides (VTH) poursuivent leur progression et représentent 50 % des surfaces enquêtées en 2025.
Ces variétés doivent toutefois être réservées aux situations de flores difficiles, lorsque les adventices ne peuvent pas être maîtrisées efficacement en prélevée. C’est notamment le cas en cas de présence de xanthiums, tournesols sauvages, ambroisie, datura, chardon ou liseron des haies.
Les herbicides utilisables sur ces variétés, tels que Pulsar 40, Davaï, Passat Plus ou Express SX, reposent sur un mode d’action déjà largement mobilisé dans les rotations françaises : l’inhibition de l’enzyme ALS. L’utilisation répétée de ce mode d’action exerce une pression de sélection pouvant favoriser l’apparition d’adventices résistantes.
Pour limiter ce risque, il est essentiel de raisonner d’abord les leviers agronomiques : diversification des cultures, décalage des dates de semis, faux-semis, etc. Il convient également de respecter strictement les conditions d’emploi des produits : dose, nombre d’applications, cadence et séquence des traitements. Enfin, l’alternance des modes d’action d’herbicides à l’échelle de la rotation reste indispensable.
VTH et absence de post-levée : un point de vigilance majeur
D’après l’enquête, 17 % des surfaces implantées avec une VTH n’auraient pas reçu de traitement de post-levée. Même si cette situation peut s’expliquer par un manque de créneaux d’intervention, notamment en raison de conditions météorologiques défavorables, il est toutefois important de rappeler que cette pratique présente un risque majeur en cas de présence de tournesols sauvages dans la parcelle. En effet, au-delà du risque de sélection d’adventices résistantes, il existe un risque de transfert de la tolérance aux herbicides vers les tournesols sauvages.
Ainsi, lors de l’utilisation d’une variété Clearfield, Clearfield Plus ou Express Sun, et en présence de tournesols sauvages dans la parcelle, plusieurs règles doivent être respectées :
• Désherber obligatoirement avec Pulsar 40, Davaï, Passat Plus ou Express SX, en respectant la pleine dose et le stade 4 feuilles du tournesol.
• Ne laisser aucune zone non désherbée dans la parcelle. Compléter si nécessaire par un binage.
• Détruire avant floraison les tournesols sauvages présents dans les zones non traitées, comme les bordures, les abords de pylônes ou les zones difficiles d’accès, par arrachage, broyage ou tout autre moyen adapté.
• Après désherbage, si des pieds de tournesols sauvages non touchés sont observés, un phénomène de développement de résistance peut être suspecté. Dans ce cas, il est nécessaire d’avertir rapidement votre technicien afin d’approfondir le diagnostic et de détruire impérativement les plantes concernées.
Fertilisation azotée : ajuster les apports aux besoins réels
L’apport d’azote minéral a concerné 85 % des surfaces de tournesol enquêtées en 2025. Lorsque cet apport a été réalisé, la dose médiane s’est élevée à 50 unités.
Dans le contexte actuel de prix élevés des engrais azotés, il est important de rappeler que le sol est généralement en mesure de couvrir une part importante, voire la totalité, des besoins de la culture. Pour optimiser la fertilisation azotée du tournesol et déterminer la dose réellement nécessaire, Terres Inovia recommande de s’appuyer sur la méthode Héliotest ou sur une analyse de sol.
Maladies : rester vigilant malgré une faible remontée dans l’enquête
Les maladies ne ressortent pas comme un aléa ayant compromis le rendement selon les répondants de l’enquête. Elles restent toutefois régulièrement observées par ailleurs, notamment dans les enquêtes kilométriques, avec en particulier la présence de verticillium.
Il est donc important d’observer les parcelles au cours de la campagne afin d’établir un bilan sanitaire. Ce diagnostic permet d’orienter les choix techniques pour la campagne suivante.
En tournesol, face aux maladies, le choix variétal constitue un levier important, en complément de la diversification desj cultures à l’échelle de la rotation.