La culture du tournesol est réputée relativement économe en intrants, notamment en azote. Pourtant, une fertilisation mal ajustée peut pénaliser le rendement comme la teneur en huile. L’enjeu consiste donc à apporter la bonne dose d’azote, ni trop faible pour ne pas limiter le potentiel de la culture, ni excessive afin d’éviter des pertes économiques et environnementales. Pour ajuster cette fertilisation, deux solutions existent : la méthode des bilans et Héliotest, un outil visuel simple développé par Terres Inovia.
Les besoins en azote du tournesol
Les besoins en azote du tournesol sont modérés comparés à d’autres grandes cultures. Ils sont proportionnels au rendement à raison de 4,5 unités absorbées par quintal produit. Ainsi, pour un objectif de rendement de 30 q/ha, la plante mobilisera environ 135 unités d’azote au total.
Une part importante de cet azote provient directement du sol. La minéralisation de la matière organique, les reliquats azotés en sortie d’hiver ou encore les restitutions du précédent cultural contribuent largement à l’alimentation de la culture. Dans de nombreuses situations, ces sources couvrent une part significative des besoins.
La fertilisation azotée vise à compléter ces fournitures du sol si nécessaire. Celle-ci se limite généralement entre 40 et 80 unités d’azote, selon les situations.
Un excès d’azote peut entraîner plusieurs effets indésirables :
- une végétation trop développée,
- une sensibilité accrue à la verse,
- parfois une baisse de la teneur en huile.
À l’inverse, une carence précoce limite le développement du capitule et donc le rendement final.
Deux méthodes pour apporter la bonne dose
Deux méthodes existent pour piloter l’azote :
1. La méthode des bilans, prenant en compte les reliquats au semis et l’objectif de rendement. Ci-dessous une grille de décision :
| Objectif de rendement | |||
| 25 q/ha (sols superficiels) (1) | 35 q/ha (sols profonds) (2) | ||
| Reliquats d’azote au semis | Faibles (30 U) | 40 à 80 U | 80 à 100 U |
| Moyens (60 U) | moins de 40 U | 40 à 80 U | |
| Elevés (90 U) | 0 U | moins de 40 U | |
(1) argilo-calcaire superficiel, sol sableux, cranette…
(2) limon, limon argileux, argile limoneuse, craie…
Si la minéralisation est forte, choisir la valeur basse de la fourchette et inversement.
2. Héliotest qui est un outil visuel simple permettant d’estimer les besoins réels de la plante. Une différence de hauteur, volume ou couleur entre une bande fertilisée au semis avec 60 u et le reste de la parcelle indique une carence en azote. Selon le stade d’apparition de cette différence visuelle et l’objectif de rendement, la dose à apporter en végétation est déterminée à partir du tableau décisionnel ci-dessous :
| Différence visuelle observée à | Objectif de rendement | ||
| 20 q/ha | 30 q/ha | 40 q/ha | |
| 7-8 feuilles | 0 u | 40 u | 100 u |
| 9-10 feuilles | 0 u | 20 u | 80 u |
| 11-12 feuilles | 0 u | 0 u | 60 u |
| 13-14 feuilles | 0 u | 0 u | 40 u |
| Pas de différences avant 14 feuilles | 0 u | 0 u | 0 u |
Privilégier une fertilisation azotée en végétation plutôt qu’au semis
Les besoins en azote de la plante augmentent rapidement environ 1 mois après la levée, l’essentiel de l’absorption ayant lieu du stade bouton à début floraison. Par conséquent les apports en végétation sont au moins aussi bien valorisés que les apports au semis, étant donné la meilleure synchronisation avec les besoins de la plante. Parmi les avantages de l’apport en végétation, on a la possibilité de réajuster la dose d’apport selon l’état de la culture, en particulier du peuplement.
Afin de limiter les risques de brûlure, il est recommandé de privilégier les formes solides, par rapport aux formes liquides. Cette application est à réaliser par temps sec, et avant l’apparition du bouton (viser 14 feuilles maximum). En cas de recours à la solution liquide, l’usage de pendillards est recommandé.
Dans tous les cas, respecter strictement les réglementations en vigueur, notamment les arrêtés préfectoraux en zones vulnérables.