Publié le 5 mai 2026 | Modifié le 5 mai 2026

Colza, tournesol, soja : des semis réussis et des cultures en bonne dynamique

Les conditions météorologiques de la fin du mois de mars et du mois d'avril, chaudes, sèches et ponctuées par des épisodes de pluies éparses plus ou moins abondantes selon les secteurs, ont été globalement très propices au semis des cultures d'été (Maïs, Tournesol, Sorgho, Soja) qui se sont enchaînés au cours des dernières semaines. Voici, en ce début de mois de mai, un premier point de l'état d'avancement des semis ainsi que de l'état physiologique et sanitaire des cultures en Occitanie et ex-Aquitaine.

Tournesol : Des semis qui s'achèvent en ce début mai

Contrairement à la campagne précédente, les conditions météorologiques entre la fin du mois de mars et celle du mois d’avril ont été très favorables à des semis précoces et groupés des cultures de Tournesol sur l’ensemble des territoires de la région. Aujourd’hui, plus de 90% de la sole de tournesol a été implantée, avec des dates de semis qui s’étalent de la dernière décade de mars, pour une minorité de parcelles, au 27-28 avril, avant les retours de pluies du week-end du 1er mai. Il est possible de distinguer 3 grandes phases :

  • 23 au 27 mars

Tous premiers semis de parcelles très marginales. Elles ont pu bénéficier de températures chaudes et de la fraîcheur résiduelle des sols pour germer et lever rapidement, dans un contexte de pression limitée en ravageurs (limaces) et déprédateurs (oiseaux). Ces tournesols sont actuellement au stade 4 feuilles.

  • 04 au 10 avril

Deuxième phase de semis à la suite de légères pluies au début du mois, juste avant un important épisode pluvieux entre le 11 et le 12 avril. Actuellement au stade 2 à 4 feuilles, la culture s’est retrouvée ponctuellement exposée à des dégâts d’oiseaux (colombidés ou corvidés) et/ou d’animaux (blaireaux), avec localement des re-semis en bordures de parcelles dans de rares situations à la marge. En revanche, elles ont bénéficié de conditions pluvieuses favorables à l’efficacité des intervention herbicides de pré-levée. Certaines d’entre-elles ont pu être implantées directement à la suite d’une destruction mécanique tardive et simplifiée de couverts d’interculture (passage unique de herse rotative), sur des sols mal ressuyés et/ou ayant repris en masse à la suite des excès d’eau cet hiver, ce qui peut pénaliser l’enracinement de la culture.

  • 14 au 28 avril

Troisième phase de semis, la plus étendue, à la faveur d’une longue période chaude et sèche. Les stades s’étalent de la germination au stade 2 feuilles. Si la qualité des semis était globalement bonne à très bonne, le ressuyage rapide des sols et l’absence de pluies, notamment dans au Nord et l’Est de la région (Dordogne, Lot-et-Garonne, Gironde, Aude, Hérault) ont pu limiter l’efficacité des applications herbicides derrière les semis les plus précoces, favorisant un salissement en graminées (Sétaires, Digitaires sanguines, Ray-Grass, etc.) et/ou en dicotylédones (Renouées liseron, Xanthium, Chénopodes, etc.). Il conviendra d’être vigilent sur l’évolution de l’état de salissement des parcelles pour ajuster au mieux les stratégies de désherbage en fonction des variétés implantées (variétés classiques, variétés tolérantes aux herbicides à base d’Imazamox et/ou de Tribénuron) et de la flore présente (une attention particulière doit être portée aux flores difficiles, telles que la Lampourde à gros fruits, ou Xanthium, Datura, Tournesols sauvages, etc.). 

Pour en savoir plus,

Soja : Des semis qui ont débuté plus tôt que d’habitude

Le maintien de conditions favorables aux semis de printemps sur de longues périodes ont permis d’une part une avancée rapide de l’ensemble des semis de « routine » pour la période (maïs « dry », tournesol, maïs irrigué, sorgho), et d’autre part de débuter significativement les semis de soja dans les zones où les sols sont les plus réchauffés (Gers, Lot-et-Garonne, Dordogne), avec des semis effectués à hauteur de 40 à 80% dans les secteurs les plus avancés et où les tous premiers sojas sont au stade 1ère feuille trifoliée. Dans les secteurs plus proches de la façade atlantique et/ou du piémont Pyrénéens, ainsi que dans les exploitations où la culture est secondaire, les semis ont également débuté, mais à une vitesse moindre (entre 0 et 20% de semis réalisés).

Colza : Le remplissage des graines est en cours, avec en fond un risque de manque d’eau en fin de cycle dans les zones les plus fragiles

Depuis environ 15 jours, la floraison des colzas s’est progressivement arrêtée, laissant la place à la formation et au remplissage des siliques, dont dépend à présent le PMG, une composante essentielle du rendement final avec le nombre de graines par unité de surface.

Si les réserves sont encore accessibles, à des niveaux de remplissage hétérogènes selon les cumuls de pluie atteints les 11-12 avril et 2-3 mai, pour l’ensemble des parcelles au cœur de la région (Gers, Haute-Garonne, Tarn-et-Garonne), ce n’est plus forcément le cas pour les départements et bassins versants plus au Nord (Lot-et-Garonne, Dordogne, Gironde) et à l’Est (Aude, Tarn, Aveyron) où les pluies ont été moins abondantes, sur des sols aux réserves parfois limitées et où les qualités d’implantation peuvent localement être moyennes ou dégradées (problème de structure des sols, caractérisés par des pivots « coudés » ou « fourchus », endommagement du système racinaire par les excès d’eau hivernaux, faible croissance à l’automne, etc.).

D’autres accidents de culture locaux (retards de floraison et avortements parfois importants dans des parcelles du Ribéracois, pression exceptionnelle en Charançon du Bourgeon Terminal dans certaines parcelles du Périgord central et des Couronnes de Périgueux, etc.) peuvent constituer des facteurs aggravants qui impacteront négativement la phase de remplissage en cas de manque d’eau prolongé.

Pour ce qui est de l’état sanitaire des parcelles, la pression maladie, Oïdium en tête, est pour le moment faible à modérée pour la majorité des parcelles qui ont bénéficié d’une protection fongicide adaptée au stade G1 (chute des premiers pétales) ou plus tardivement (dans certains cas, les interventions ont été retardées pour maîtriser au mieux le risque Oïdium et pour garantir une protection davantage positionnée vers la fin de cycle). Quelques symptômes de Mycosphaerella ont pu être aperçus au Nord de la Dordogne, à des niveaux peu alarmants. Du côté des ravageurs, il n’est pas rare d’observer des manchons de pucerons cendrés en bordures de parcelles, notamment dans le Gers, où de premières colonies ont pu arriver plus précocement qu’ailleurs. Dans ces situations, de premières migrations en bordures de parcelles ont eu lieu, à des niveaux inférieurs aux seuils d’intervention.

Pour en savoir plus : 

Orages et chutes de grêles

De violents orages, accompagnés de fortes pluies voire d’importantes chutes de grêles localisées, se sont produits dans l’Ouest du Gers et au Nord des Hautes-Pyrénées et le Sud de la Haute Garonne sur ce début de mois de mai occasionnant d’importants dégâts sur les cultures présentes sur leur passage (verse et casse de siliques et d’épis sur Colza, Orge d’hiver et Blé tendre) ainsi que sur les semis en cours de levée (maïs, tournesol), avec de possibles re-semis à prévoir dans les parcelles les plus impactées. Les estimations des dégâts sont en cours. 

Vos contacts régionaux

•    Quentin LEVEL (q.level@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Ex-Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées
•    Quentin LAMBERT (q.lambert@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Occitanie