Lors du Salon International de l’Agriculture, une conférence, organisée sur le stand de l’Acta par Arvalis mardi 24 février, a permis de faire le point sur les avancées de projets auxquels participe activement Terres Inovia sur la gestion des graminées.
C’est un constat largement partagé : « les agriculteurs se heurtent à des difficultés pour gérer les graminées en raison de la résistance de plus en plus forte des espèces aux substances actives et le retrait de certaines molécules. Pour les aider à s’adapter, il faut trouver des alternatives opérationnelles », a rappelé, en introduction Jean-Marc Schwartz, le président d’Arvalis.
Un état des lieux précis sur les difficultés rencontrées par les agriculteurs
Un diagnostic mené auprès de 80 organismes (coopératives, négoces, Chambres d’agriculture) sur le terrain entre 2024 et 2025 montre une présence de ray-grass et de vulpins sur l’ensemble du territoire. Si les foyers historiques dans le Centre et le Sud se maintiennent, d’autres apparaissent dans le Nord et l’Est.
Une enquête en ligne auprès de 1 398 agriculteurs révèle, en outre, que 72 % des répondants ont des problèmes de désherbage des graminées ayant un impact sur leur production. Le ray-grass et le vulpin dominent en tant qu’espèces problématiques, avec 55,3% des mentions.
Qu’est-ce qui explique cette situation préoccupante ? Le développement des résistances et la diminution du nombre de substances actives disponibles, des rotations culturales trop courtes et des conditions climatiques difficiles sont pointées par le diagnostic. Sans compter que certains secteurs pâtissent de contraintes naturelles, comme des sols argileux ou hydromorphes et que les agriculteurs peuvent manquer de temps pour mettre en place des pratiques agronomiques complexes liées à une combinaison de leviers. Le désherbage mécanique, par exemple, est ainsi perçu comme une méthode coûteuse, chronophage et techniquement exigeante.
Gestion des graminées : focus sur trois projets
La mise en œuvre d’alternatives opérationnelles pour venir à bout de ces graminées est donc nécessaire avec une approche individualisée selon les conditions spécifiques de chaque exploitation. C’est ce à quoi s’attèlent les projets portés par Terres Inovia et Arvalis : Gramicombi, Gramicible et Parad. « Le transfert et l’accompagnement est l’enjeu principal. C’est pourquoi les deux axes de travail consistent d’un côté à améliorer la connaissance des actions déjà existantes au travers d’un plan de sensibilisation et d’information, et de l’autre côté à chercher de nouvelles solutions par des projets de recherche de solutions à moyen et long terme », précise Franck Duroueix, responsable de la cellule intrants, biocontrôle et protection intégrée des cultures de Terres Inovia.
Ces trois projets développent un large panorama de recherche : lutte physique (robotique, désherbage mécanique, mixte ou à double-sens, thermique) et chimique raisonnée (pulvérisation localisée), plantes de service (plantes concurrentielles), méthodes de diagnostics et analyse des risques (biologie des adventices, kit de diagnostic, cartes de résistance…), génétique, auxiliaires et régulation biologique (pouvoir couvrant, impact du désherbage mécanique sur les auxiliaires) et pratiques agronomiques (leviers prophylactiques, gestion des bordures, reconception des systèmes).
Gramicible
• Budget : 3,9 millions d’euros
• Diagnostic partagé, déploiement et appropriation des solutions opérationnelles
• Projet animé par Arvalis avec 17 partenaires
Gramicombi
• Budget de 3,4 millions d’euros
• Prophylaxie, combinaisons de leviers, essais systèmes et réseaux d’agriculteurs
• Projet animé par Terres Inovia avec 15 partenaires
Parad
• Budget de 7,5 millions d’euros
• Projet multifilières et toutes adventices et actions prospectives sur des moyens de lutte (robotique, …) en désherbage
• Projet animé par INRAE avec 18 partenaires
Un plan de communication sur les différents moyens de lutte
Dans le cadre du projet Gramicible, 83 essais ont été menés. Les résultats seront valorisés au travers de fiches-leviers qui paraitront à la fin du projet.
Une communication en trois phases sera également menée prochainement. La première consistera à sensibiliser les agriculteurs et conseillers qui ne sont pas ou peu au courant de la problématique et du panel de solutions possibles avec :
• Un quiz en ligne d’une quinzaine de questions permettant de savoir sur quels types de leviers s’orienter pour améliorer sa stratégie de désherbage
• La mise à disposition de fiches pratiques sur les solutions actionnables dès maintenant
• Une brochure compilant le diagnostic simplifié, les méthodes pour commencer un plan d’actions et les fiches sur chaque solution pour trouver celles adaptées à sa situation.
• Une série de vidéos pour couvrir différents contextes de production et permettre à chacun de trouver un exemple proche de sa situation
• Des cartes de présence et d'ancienneté des graminées adventices et une série de quatre articles nationaux