Publié le 9 janvier 2026 | Modifié le 7 janvier 2026

Agriculture bas-carbone : les résultats projet ClieNFarms

Le projet européen ClieNFarms, qui visait à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les exploitations agricoles, s’est clôturé avec un colloque le 20 novembre dernier à Bruxelles. Terres Inovia a accompagné huit exploitations du Grand Est dans la mise en place de leviers bas carbone dans le cadre de ces travaux pilotés par l’INRAE. 

Pour enclencher une transition vers une agriculture bas carbone, ClieNFarms est né d’un consortium européen de 14 pays pour étudier et tester des leviers d’atténuation du changement climatique pendant quatre ans (2022-2025) sur 20 territoires d’étude, dont cinq en France. Piloté par l’INRAE, ce projet a mobilisé 13,5 millions d’euros et a été co-financé par le Green Deal Europe, les pays partenaires hors UE et par les organismes partenaires. 

 

Huit fermes pilotes accompagnées par Terres Inovia

L’institut technique a fait partie des organisations impliquées via les 33 partenaires de ce vaste projet mené à l’échelle de l’Union européenne. 

En plus des interactions avec la plateforme Syppre Champagne et l’espace Terrasolis Farm Bas carbone mobilisés comme terrain d’étude expérimental pour apporter des références, Terres Inovia a accompagné huit fermes pilotes du Grand Est de 2023 à 2025. 

Avec les conseillers des coopératives ou des Chambres d'agriculture, les agriculteurs ont exploré plusieurs stratégies à potentiel d’atténuation : le pilotage et la réduction des fertilisants azotés industriels, la mobilisation de cultures fixatrices d’azote avec le pois, la lentille ou le soja, la modification des types ou formes d’engrais utilisés, l’augmentation de la surface et de la biomasse des couverts non récoltés, la proportion ou la quantité des résidus de culture restitués au sol, etc. 
 

L'application des leviers spécifiques à chaque cas a entrainé une réduction nette d’émissions de 1,12 teqCO2/ha/an pour le Grand Est

Anne Schneider

Chargée d'études, mobilisée dans ClieNFarms

La méthode Label Bas Carbone déployée sur le terrain

Pendant ces quatre années d’expérimentation, les voies de réduction des émission des gaz à effet de serre (GES) et l’augmentation des sources alimentant le stockage de carbone dans les sols sur le long terme ont pu être étudiées.

Réductions d’émissions des 8 fermes pilotes estimées par la méthode Label bas carbone Grandes cultures, à gauche avec les leviers définis par chaque agriculteur et projetés sur 5 ans, à droite avec leur mise en œuvre sur trois années de suivi (réduction nette = réduction des émissions GES + augmentation du stockage de carbone dans sol).

L’analyse des résultats individuels et les comparaisons avec des bilans carbone d’autres agriculteurs du territoire ont pu enrichir les discussions du collectif d‘agriculteurs et conseillers. « La variabilité des réductions d’émissions de GES par hectare et par an souligne la complexité des dynamiques en jeu, selon le contexte pédoclimatique, le système de culture initial ainsi que l’ampleur et la combinaison des leviers mobilisés », précise Anne Schneider, chargée d’études de Terres Inovia, impliquée dans ce projet notamment pour coordonner les actions sur ce territoire d’étude français. Le relais terrain assuré par Mathieu Dulot, ingénieur de développement basé à Châlons en Champagne, a permis d’animer les échanges avec les conseillers de trois chambres d’agriculture du Grand Est et de la Scara.
 

Une réduction nette des émissions de GES

Une étude d’extrapolation a aussi été menée pour évaluer le potentiel des leviers en grandes cultures si on les applique à l’échelle d’un territoire (ici le Nord-Est de la France). 

Dans chaque contexte défini comme homogène, des leviers ambitieux et faisables ont été appliqués. En région Grand Est, quinze systèmes de culture qui permettent de représenter la réalité de ce qui s’est fait ces dernières années sur 80,4 % de la surface en terres arables de la région ont été définis et caractérisés par leur bilan carbone initial. 

L’étude a montré que l’application des leviers spécifiques à chaque cas a entrainé une réduction nette d’émissions de 1,12 teqCO2/ha/an pour le Grand Est (et 0,98 pour le cas des Hauts-de-France), soit une réduction moyenne plus élevée que celle évaluées dans le cas des fermes pilotes.

Pour un impact effectif et significatif sur un territoire, l’intégration des leviers d’atténuation du dérèglement climatique doit s’inscrire dans une démarche globale et coordonnée de transition agroécologique, où les risques et les bénéfices sont partagés entre les acteurs agricoles, de l’amont à l’aval, des décideurs aux entreprises. « Le déploiement de la transition bas-carbone nécessite un accompagnement coordonné en inter-métier : ce constat est unanime au sein du groupe multi-acteurs des Hauts-de-France et du Grand Est qui a été réuni à deux reprises dans le cadre de ce projet ClieNFarms », poursuit Anne Schneider.