La saison hivernale touche à sa fin et la reprise de végétation des pois et des féveroles d’hiver est en cours. Voici un bilan des protéagineux en cette période de sortie d’hiver.
Des conditions de semis peu favorables
Les conditions météorologiques pour ce début de campagne pour les pois et féveroles d’hiver n’ont pas été favorables. Les pluies régulières ont rendu compliqué les semis de ces protéagineux d’hiver.
Cartographie 1 : Cumul des pluies entre le 15 octobre 2023 et le 15 janvier 2024
Cartographie 2 : Cumul de pluies par rapport aux vingt dernières années en %, entre le 15 octobre et le 15 janvier
Ce début de campagne est marqué par d’importantes pluies, rarement relevées jusqu’à présent sur cette période.
Ces pluies ont poussé les producteurs et les productrices à semer les pois et féveroles d’hiver à des dates plus tardives. Les dates de semis sont étalées selon les secteurs, allant de mi-novembre à mi-janvier.
Des excès d’eau impactant le peuplement
Dans la plupart des cas, les conditions de semis ont été compliquées, les sols n’ayant pas eu l’occasion de se ressuyer. Au niveau des zones les plus hydromorphes, les pois et féveroles ont rencontré des difficultés à lever ou n’ont pas pu germer dans de bonnes conditions, en raison des excès d’eau. Les pertes sont estimées jusqu’à 30% du peuplement pour les parcelles les plus touchées.
Ces observations sont issues de parcelles suivies dans le Centre-Val de Loire, au sein des départements du Loir-et-Cher et de l’Indre-et-Loire.
Graphique 1 : Peuplement de pois d’hiver en sortie d’hiver par rapport à la densité de semis
Les peuplements restent cependant corrects. Pour rappel, l’objectif de peuplement est de 70 à 80 plantes par m2. En cas de peuplement plus faible, si les pieds sont répartis de manière homogène dans la parcelle, le pois d’hiver, en ramifiant, peut compenser ces pertes.
La pluie a causé la fermeture des sols limoneux en particulier, provoquant ainsi des pincements mécaniques à la base des tiges de pois d’hiver notamment.
Photo 1 : Pincement à la base de la tige de pois d’hiver dû à un phénomène physique
Photo 2 : Dessèchement à la base de la tige de pois d’hiver dû à un phénomène physique
Stade des pois et féveroles en sortie d’hiver
Photo 3 : Féverole d’hiver au stade 3 feuilles
Les féveroles sont entre le stade 2 feuilles et 4 feuilles ; quant aux pois, ils sont entre le stade 2 feuilles et 9 feuilles.
Graphique 2 : Stade sortie d’hiver
Les observations sur pois d’hiver montrent que les semis effectués en novembre sont entre le stade 5 et 9 feuilles alors que les semis de décembre entre le stade 4 et 8 feuilles.
Les semis de janvier quant à eux sont encore au stade 1 et 2 feuilles.
Des nodosités en quantité limitée
Les observations réalisées montrent que le pivot racinaire se développe bien (à plus de 15cm de profondeur). En revanche, le chevelu racinaire a du mal à se mettre en place, et reste peu développé à ce jour. Les nodosités sont présentes, mais en quantité limitée en raison des excès d’eau qui ont limité leur développement.
Photo 4 : Bon développement du pivot racinaire et présence de nodosités en quantité limitée
Quelques dégâts de ravageurs
Les principaux dégâts constatés sont les attaques de limaces et d’oiseaux, qui ont plus ou moins impacté le peuplement au stade de la levée et des premières feuilles selon les secteurs.
Des températures favorables aux maladies aériennes
Cartographie 3 : Somme des températures moyennes par rapport aux vingt dernières années en %, entre le 1er novembre et le 1er mars
Les pluies importantes et les températures douces peuvent favoriser les maladies aériennes sur les protéagineux d’hiver. Voici les observations faites à ce jour : des symptômes de Colletotrichum spp. ont été observés sur les pois d'hiver, tandis que des symptômes de Botrytis ont été constatés sur les féveroles d'hiver.
Anita Poineau - a.poineau@terresinovia.fr - Ingénieur stagiaire Légumineuses à graines zone Centre & Ouest