Publié le 29 mars 2024 | Modifié le 15 décembre 2025

Flambée de mycosphaerella dans les colzas de Poitou-Charentes/Vendée

La météo printanière de la semaine dernière a allumé la mèche : les parcelles avec des tâches sur les vieilles feuilles subissent actuellement une flambée de mycosphaerella.

Mycosphaerella sur la moitié inférieure des colzas, 28 mars 2024, Saint Hilaire de Loges (85)

 

L’inoculum était déjà bien présent cet automne-hiver grâce au climat chaud et humide dans les secteurs historiquement concernés. Quelques jours à plus de 20°C auront suffi à déclencher la progression des nécroses vers le haut de la végétation. Rappelons qu’il faut 25 jours à 17°C pour rendre visible la maladie en conditions contrôlées. Des organes apparemment sains (sans symptômes aujourd’hui) sont potentiellement déjà contaminés. De plus, les conditions actuelles (humidité et températures entre 5 et 20°C) sont toujours favorables à la contamination des étages supérieurs du colza.

Plus facile à écrire qu’à réaliser, le traitement à G1 (10 premières siliques de moins de 2 cm) reste le pivot de la protection fongicides en colza. Même si le sclérotinia est plutôt discret ces dernières campagnes, les conditions climatiques actuelles (humides et douces) sont favorables à son développement.

Les fongicides disponibles ont majoritairement une action préventive. En présence de mycosphaerella et en considérant la météo aussi favorable au sclérotinia : appliquez au moins 80 % de la dose homologué du fongicide au stade G1. Ce stade est atteint pour de nombreuses parcelles des Charentes et de Vendée. Il faut donc être réactif dès qu’une fenêtre météo se présente.

Privilégiez les spécialités à base de triazole. Le prothioconazole reste la substance active la plus efficace sur mycosphaerella suivi par le metconazole et le tébuconazole. Les solutions à base de prothioconazole sont Propulse, Aviator XPRO, Prosaro et prothioconazole solo à dose pleine. En forte pression précoce, l’objectif est de protéger avec au moins 100 g/ha de prothioconazole lorsqu’il est associé.

Au stade G1 (10 premières siliques de moins de 2 cm), en présence de tâches de mycosphaerella, afin de limiter sa progression sur les étages supérieurs :
  • Si le tiers inférieur des plantes est touché, protégez avec au moins 80 % de la dose homologué du fongicide,
  • Si la moitié inférieure des plantes est déjà atteinte, la pleine dose du fongicide est recommandée,
  • Si une protection relai (T1 + 10-15 jours) est impossible (matériel inadapté), la pleine dose du fongicide est nécessaire. 

 

​​​​​​​► Pour aller plus loin : Protection des abeilles et autres insectes pollinisateurs durant la floraison

Elodie Tourton - Poitou-Charentes, Vendée, Limousin
Gwénola Riquet - Chargée mission Protection intégrée cultures Intrants&Biocontrôle