Publié le 3 juillet 2024 | Modifié le 15 décembre 2025

Présence précoce d’Héliothis sur soja dans le Sud-Ouest

La présence d’héliothis avant l’apparition des gousses est inhabituelle, le ravageur préférant consommer les gousses et graines en formation. Le risque aujourd’hui est surtout lié aux pertes foliaires qui nuisent à la photosynthèse et au développement de la plante dans un contexte de températures fraîches pour la saison. Un diagnostic à la parcelle est indispensable avant toute protection qui pourrait être injustifiée.

Les conditions climatiques n’ayant pas permis une période de semis groupés, le stade des sojas dans le Sud-Ouest est compris entre les stades trois/quatre nœuds et pleine floraison avec une majorité des parcelles à début floraison ou en passe de l’être.

Depuis quelques jours, les premières chenilles d’héliothis sont signalées dans le Sud-Ouest. Des attaques sur jeunes feuilles peuvent être importantes mais elles restent à ce jour minoritaires et localisées. La présence d’héliothis est assez inhabituelle sur soja à ce stade du cycle, les parcelles n’ayant pas encore de gousses (stade plus appétent pour le ravageur).

(Photos: Gaïa Care Consulting - Landes (40) - Juin 2024)

Au vu de la recrudescence du ravageur ces dernières années et de l’incidence qu’il peut avoir sur d’autres espèces, il convient d’être vigilant et de faire un diagnostic à la parcelle.
Il n’existe pas de seuil de nuisibilité pour le couple Héliothis/Soja. En présence de chenilles sur la parcelle, le risque est à moduler en fonction du stade du soja (présence ou non de gousses), des prélèvements foliaires et de la cinétique de croissance. Les conditions actuelles, plutôt fraîches, ne sont pas les plus propices pour une croissance active de la culture. La lutte est nécessaire que si les dégâts foliaires sont importants et la croissance bloquée. 

Cycle de développement d'Héliothis

(Images issue de Patil et al. 2017)

Solutions disponibles :

  • Dipel DF® ou Costar WG® (28 €/ha, Bacillus thuringiensis var. kurstaki) 1,0 kg/ha ou XenTari® 1,0 kg/ha (32 €/ha, Bacillus thuringiensis var.aizawai). Efficaces sur les jeunes chenilles stades larvaires 1 et 2, autorisées en agriculture biologique.
  • Helicovex® (55 €/ha, à base de baculovirus) 0,2l/ha. A positionner sur les œufs et jeunes larves (stade larvaire 1), autorisé en agriculture biologique.

L’efficacité des solutions autorisées sera conditionnée au stade larvaire des chenilles observées, l’efficacité étant meilleure sur jeunes larves.

Un volume de bouillie suffisant est nécessaire pour couvrir l’ensemble du couvert (idéalement >200l/ha). La rémanence d’action est comprise entre 10 et 15 jours. Attention, ces spécialités commerciales sont sensibles au lessivage si des pluies surviennent après application. 

Dans les situations où il y a une présence concomitante de punaises et si le seuil pour ce ravageur est dépassé, la lambda-cyhalothrine est utilisable. Toutefois, l’efficacité sur héliothis est très incertaine car de nombreuses populations sont résistantes.

Vos contacts régionaux 

  • Arnaud Micheneau (a.micheneau@terresinovia.fr) - Sud Nouvelle Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées
  • Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr) - Ouest Occitanie