Publié le 5 février 2020 | Mis à jour le 19 mars 2026

Faites le point avant de démarrer la campagne lentille

Il est temps de préparer la campagne lentille qui démarrera pour la plupart des secteurs à partir de début mars avec les premiers semis.

Avant d’engager des surfaces, un accord entre un acheteur et un fournisseur est indispensable pour définir des clauses de mise en marché.

Bien choisir la parcelle

La lentille valorisera des types de sols variés (argilo-calcaires superficiels, sols volcaniques…). Attention cependant aux sols hydromorphes ou des sols très séchants en raison de la sensibilité de la culture aux excès d’eau et au stress hydrique en fin de cycle.
De même, des sols à grosse réserve utile favoriseront un développement végétatif exubérant au détriment du rendement. Les sols trop caillouteux seront aussi à éviter pour faciliter la récolte, car la lentille a une tendance à la verse en fin de cycle.

Privilégier des parcelles sans flore adventice difficile (datura, morelle, ambroisie, bleuet, ortie royale).

Un point d’attention particulier doit être porté sur le retour de la lentille dans les parcelles. Cette culture est sensible à Aphanomycès euteiches, et autres pathogènes telluriques (fusarium, pythium) qui conduisent à la mort des plantes par destruction du système racinaire (nécroses des racines).
Un délai de retour d’au moins 5 ans doit être observé entre deux lentilles. En cas de présence d’autres cultures sensibles à ces pathogènes dans votre rotation (pois, luzerne, gesse…), un délai de 5 ans entre ces cultures est préconisé. Il est possible de réaliser un test pour déterminer la présence d’aphanomycès dans les parcelles.

► Tout savoir sur le test pour détecter l'aphanomycès

Reprise des sols : vérifiez le niveau de ressuyage avant d’intervenir

Avant d'intervenir, il est recommandé de vérifier (avec une bêche) la profondeur réellement ressuyée. Il faudra alors adapter la profondeur de travail à cette observation, en particulier on limitera le travail à la zone ressuyée, aller au-delà provoquerait la création de mottes défavorables à la levée. Optez pour un outil à dents léger type vibroculteur ou herse plate et éviter les outils à disques.

Optez pour un semis dans de bonnes conditions de température et de ressuyage

La période de semis globale varie de fin février dans les bassins les plus précoces (Sud-Ouest, Ouest Atlantique) à mi-avril (Centre-Val de Loire, Champagne, Aube) et peut être prolongée jusqu’à la fin mai dans les secteurs d’altitude (Haute-Loire, Cantal) en fonction des conditions météo.

Lorsque les conditions climatiques ne sont pas réunies, il est fortement conseillé de reporter le semis, afin d’implanter la culture lorsque la parcelle est ressuyée et suffisamment réchauffée. La température du sol, à la profondeur de semis, doit être supérieure à 6°C pour favoriser la germination.

Semer entre 2 et 3 cm de profondeur avec un semoir à céréales et viser 220-250 plantes/m² levées, attention à ne pas réaliser un semis trop dense pour ne pas favoriser le développement des maladies en végétation.

N.B : En AB, les densités de semis sont majorées afin d’assurer une gestion du salissement de la parcelle acceptable. Selon les terroirs cette majoration varie entre +10 et +30 % par rapport aux densités préconisées en conventionnel.

Un écartement entre 12 et 17cm sera optimal pour éviter un trop grand salissement de la parcelle. En cas de présence de cailloux, un roulage des parcelles post semis est recommandé pour niveler le sol.

Tenez compte de la flore adventice pour préparer votre programme de désherbage

La lentille se développe lentement en première partie de cycle, jusqu’au début de la floraison, ce qui est propice à l’enherbement de l’entre-rang. Compte-tenu des solutions disponibles, une stratégie à base d’un herbicide de prélevée est fortement recommandée pour assurer une efficacité acceptable.

Selon les conditions climatiques, la levée de la lentille peut être relativement longue. Il est conseillé de ne plus appliquer d’herbicides dans les quelques jours qui précèdent la levée afin d’éviter tout risque de phytotoxicité.