Gilles Robillard, le président de Terres Inovia, est intervenu lors du Grand débat « La semence, premier maillon de la souveraineté alimentaire », mardi 24 février, au Salon International de l’Agriculture, avec d’autres experts. Regards croisés.
Gilles Robillard, président de Terres Inovia : « une dynamique collective pour aller plus vite »
« Les efforts de recherche pour améliorer les variétés sont au centre des axes stratégiques de Terres Inovia. En effet, les enjeux climatiques ont de plus en plus d’impact dans les exploitations agricoles, avec l’intensification des stress hydriques et thermiques et l’évolution des ravageurs ».
« En plus des bio-solutions et des pratiques agronomiques pour renforcer la robustesse des plantes, l’innovation dans les semences est essentielle pour aider les agriculteurs à mieux résister aux maladies et aux ravageurs. Dans le contexte des changements traversés par le monde agricole, l’innovation variétale prend du temps : il faut avoir accès à des moyens de R&D pour aller plus vite et surtout s’engager dans cette dynamique collectivement, sinon la bataille est perdue ».
« Nous avons la chance, en France, d’avoir un réseau de recherche et de conseil développé. Les agriculteurs doivent se l’approprier, mais cela a un coût. Un fossé peut se creuser entre les innovations disponibles et la capacité financière à mettre en œuvre pour les agriculteurs ».
François Desprez, vice-président de SEMAE : « de nouveaux outils et compétences »
« L’innovation des entreprises semencières, en France, montre un beau dynamisme depuis longtemps : 13% du chiffre d’affaires est investi en moyenne dans la R&D, un chiffre qui a augmenté ces dernières années, car nous disposons maintenant de nouveaux outils et compétences, comme le recours à l’intelligence artificielle régénérative ou les NGT, mais ces innovations requièrent des moyens supplémentaires ».
Marie-Cécile Damane, représentante d’Agridées : « le renouvellement des variétés est rapide et stable »
« L’innovation est un marqueur très important dans un contexte économique et conjoncturel changeant, notamment avec la fluctuation importante du prix des matières premières. La vitesse de renouvellement de la R&D dans les entreprises semencières est rapide et stable, elle est par exemple de trois ans pour les dix plus grandes variétés en colza. La fragilité du système, c’est le financement de l’innovation, par exemple le crédit impôt recherche est un vrai levier sans lequel les entreprises semencières auraient des difficultés à conduire leurs activités de recherche ».
David Guy, directeur de Sky Agriculture : « des innovations concrètes pour le semis »
« La France a une belle image au niveau de la semence et des variétés ; l’innovation permet de poursuivre cette évolution nécessaire, au travers par exemple, des plantes compagnes que l’on intègre directement dans le semis. Il y a des progrès à faire pour que toutes les nouvelles semences soient en capacité d’utiliser moins d’engrais azoté ».