Publié le 12 avril 2024 | Modifié le 19 mars 2026

Que penser des solutions dites « détoxifiantes » associées au désherbage de post-levée ?

Ces dernières années, l’association de l’herbicide de post levée à un biostimulant visant à réduire l’impact de la phytotoxicité de l’herbicide, s’est installée dans le sud-ouest. Cette pratique suggère donc deux choses, d’une part l’impact sur le rendement de l’herbicide de post-levée, d’autre part la compensation par un biostimulant de cette perte présupposée. Deux questions auxquelles Terres Inovia a souhaité apporter des premiers éléments de réponses par la mise en place d’essais expérimentaux en 2023.

Quel impact du désherbage de post levée sur le soja ? 

L’application d’un herbicide n’est jamais neutre pour la culture qui le reçoit. Elle réagit selon les situations, par différents signes, notamment la réduction de vigueur( figure 1 , une décoloration figure 2, une déformation, et parfois dans les cas les plus difficiles par une diminution de son potentiel de production. Dans le cas du soja, les symptômes liés à l’application des herbicides telles que la bentazone ou l’imazamox peuvent être fréquemment observés. Dans le cas de la bentazone, des marquages blancs de type brûlures peuvent être observés sur feuilles, tandis qu’avec l’imazamox, une décoloration temporaire jaune ainsi qu’une réduction de croissance plus ou moins persistante peut-être observée. En matière d’impact sur le rendement, des premiers éléments de réponses avaient déjà pu être apportés en 2016. Il apparaissait alors que malgré des effets très marqués de décoloration et de réduction de vigueur, le rendement du soja n’avait pas été impacté après une application de Pulsar 40 à 1.25 l/ha.

Les essais mis en place en 2023 à EnCrambade (31) et Astaffort (47) visaient à évaluer l’impact des applications de Pulsar 40 sur le soja ainsi que le bénéfice apporté par le biostimulant Kaishi, qui revendique une reprise de végétation favorisée après l’application d’un produit de protection des plantes. Le Pulsar 40 a été travaillé selon 4 modalités d’applications : double application à 0.625 l/ha + huile ; 1 l/ha ; 1.25 l/ha ; 1. Chacune de ces modalités a été répété avec l’ajout du Kaishi à 3 l/ha. 


Les résultats issus de ces 2 essais confirment les résultats de 2016. On observe un effet de réduction de vigueur dans certains cas, en particulier sur la modalité Pulsar 0.625 +huile répétée 8 jours plus tard, ou bien sur la pleine dose de Pulsar à 1.25 l/ha. Ces symptômes s’accompagnent de décolorations. Bien visibles 7 jours après la date du 1er traitement, les symptômes observés se sont estompés dans les 15 jours suivants. Concernant l’impact sur le rendement, aucune différence statistique significative n’est mise en évidence sur chacun des 2 essais, et aucune tendance ne se dégage réellement. 

Par conséquent sur les 2 sites d’essais considérés, l’application du Pulsar n’entraine pas de perte de rendement. 


Un bénéfice du biostimulant non observé 

Chacune des modalités testées a pu être comparée avec l’ajout du Kaishi, afin d’évaluer l’allégation d’atténuation de l’impact de la phytotoxicité de l’herbicide.
Sur les modalités les plus impactées par le Pulsar (2 x 0.625 L/ha et 1.25 L/ha) sur les 2 essais, les symptômes de phytotoxicité ne sont pas diminués en présence de Kaishi, que ce soit sur la décoloration des feuilles ou leur déformation.


 Le graphique 2 traduit le gain ou la perte de rendement permis par le biostimulant associé au désherbage, par rapport à la même modalité de désherbage, sans biostimulant.  

Aucun des 2 essais mis en place ne permet de mettre en évidence l’intérêt du biostimulant vis-à-vis d’un gain de rendement. Aucun écart statistique ni même de tendance ne se dégage. 


A titre d’exemple sur le site d’Agen, l’ajout du biostimulant semble permettre un gain d’1 q/ha associé à Pulsar 40 + huile (hors recommandation) par rapport à la même modalité sans biostimulant, et dans le même temps, sur le même site génère une perte de 3 q/ha dans la modalité associée à Pulsar 40 1l/ha sans huile. 

Dans les conditions de réalisation des essais, les effets bénéfiques du biostimulant vis-à-vis des réductions de vigueur ou décoloration ne sont pas mis en évidence. 
Par conséquent, de nouvelles évaluations seront nécessaires pour venir compléter ces premiers résultats, afin de diversifier les situations et d’évaluer d’autres spécialités commerciales. 

 

 

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