Les visites estivales des parcelles de tournesol sont riches d’enseignements. Nécessaires à la bonne compréhension des résultats de l’année en cours, elles donnent également la possibilité de se projeter sur les campagnes à venir. Tout sauf du temps perdu.
De nombreuses séquences pluvieuses se sont succédées depuis la fin de l’automne dernier. A l’image du territoire national, le sud de la France a connu une fréquence de précipitations élevée ; par exemple 30 jours de pluie ont été dénombrés à Agen entre avril et mai 2024 . Des gradients de cumuls de pluie sont toutefois observés
En résumé, des conditions météo délicates voire très difficiles pour préparer et semer les parcelles de tournesol. De nombreux semis ont par conséquent été retardés, nombreux également ont été réalisés dans des conditions de sol humide ce qui, combiné à des températures plus fraiches que les normales en avril et mai (figure 2), a ralenti la levée et le démarrage de la culture, la rendant vulnérable aux attaques de ravageurs de début de cycle.
Toutefois, depuis début juin et jusqu’à date de rédaction de cet article, les sommes de température et les pluies régulières offrent des conditions favorables à la croissance et au développement de la culture. Résultent de ce scénario climatique compliqué une palette de situations très différentes au sein des parcelles de tournesol du Sud France, renforçant l’intérêt d’en réaliser un état des lieux estival.
A bouton floral, dresser un bilan de l’implantation
Un premier tour de plaine peut être mené avant que le tournesol n’entre en floraison, en fin de phase végétative. Une période idéale pour apprécier le peuplement (optimum technique : 5 à 6 pieds par m², bien répartis), ainsi que l’état de l’enracinement (objectif à atteindre : des pivots droits de 20cm). Il permet également d’établir un 1er bilan sanitaire et d’évaluer l’efficacité des stratégies de lutte contre les ravageurs et les adventices.
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Les équipes de Terres Inovia ont visité de façon aléatoire 159 parcelles localisées dans le Sud de la France, au cours de la 2ème quinzaine du mois de juin. Les observations réalisées montrent qu’une majorité de parcelles (figure 3) présentent un peuplement homogène. Cependant, pour 40% d’entre elles, le peuplement est hétérogène, voire très hétérogène, un niveau plus élevé que les 3 campagnes précédentes. Quant au peuplement en lui-même (figure 4), mesuré sur un échantillon plus réduit (65 parcelles), il est inférieur à l’objectif des 5 pieds par m² dans 53% des parcelles, et bascule dans 25% des cas sous le niveau critique de 4 pieds par m². Ces chiffres illustrent bien les difficultés rencontrées au démarrage, en particulier la préemption par les limaces, très actives cette année, et il faudra faire en 2024 avec des peuplements dégradés (moyenne sur l’échantillon : 48000 pieds/ha).
Pour ne pas trop noircir le tableau, rappelons qu’une parcelle dotée d’un peuplement de 4 à 5 pieds par m², répartis de façon homogène, peut obtenir des résultats techniques satisfaisants si elle est soutenue par un régime hydrique favorable. Autre enseignement de cette enquête, les stades sont hétérogènes, d’une parcelle à l’autre avec des parcelles au stade E4 (bouton nettement dégagé des feuilles) et d’autres au stade B4 (4 feuilles), mais aussi de façon intra-parcellaire.
Lire notre dernier article sur le sujet du mildiou
A fin floraison, établir un bilan sanitaire complet
Une 2ème visite peut être programmée quand le tournesol démarre sa phase de maturation (les fleurs ligulées sont tombées, le dos du capitule est jaune citron). Cette visite permet de procéder à un bilan sanitaire complet, qui permettra de capitaliser les informations cruciales sur les maladies et adventices s’étant exprimées sur la parcelle. Ces informations seront remobilisées pour décider des leviers de lutte agronomique appropriés (figure 6), et pour préparer au mieux les prochaines implantations de tournesol sur la parcelle : mise en œuvre de stratégies de lutte mécanique lors des intercultures pour agir sur les adventices problématiques et les vivaces (interventions répétées au cours de l’été, faux-semis), adaptation de la stratégie de désherbage du tournesol à la flore présente, et bien évidemment choix variétal cohérent avec les pathogènes présents sur la parcelle.
De nombreux articles et outils développés par Terres Inovia peuvent aider à la réalisation de ce bilan, puis à faire les bons choix stratégiques. Parmi eux, Tour de Plaine, outil mobile, simple et pratique guide pas à pas les producteurs lors de la visite sanitaire des parcelles. En quelques minutes, grâce à l’expertise de Terres Inovia, il permet de reconnaître les maladies, carences de vos plantes, et adventices présentes, puis d’établir un diagnostic.
D’autres articles publiés par l’Institut vous aideront à reconnaitre les symptômes des maladies sur feuilles et capitules :
- Maladies du tournesol : diagnostiquer les symptômes foliaires
- Diagnostiquer les maladies sur capitule du tournesol
Vos contacts régionaux
- Alexandra Denoyelle (a.denoyelle@terresinovia.fr)- Auvergne-Rhône-Alpes & Provence-Alpes-Côte d'Azur
- Arnaud Micheneau (a.micheneau@terresinovia.fr) - Sud Nouvelle Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées
- Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr)- Occitanie