Après la période pluvieuse que nous venons de vivre ces derniers mois, les conditions météorologiques semblent prendre une tendance anticyclonique pour les deux prochaines semaines, permettant d’envisager enfin les chantiers de préparation des sols pour l’implantation du tournesol. Afin de vous aider dans vos prochaines prises de décision de vos travaux de sol, Terres Inovia fait le point sur les éléments à prendre en compte, entre les généralités et le contexte particulier de cette année.
Bien comprendre les enjeux et les impacts autour de l’implantation du tournesol
La phase d’implantation du tournesol est un moment déterminant dans la réussite de la culture et la mise en place de son potentiel. L’objectif du travail du sol avant le semis du tournesol est d’éviter les obstacles à la levée mais également à l’enracinement.
La structure du sol joue un rôle primordial dans la réussite du tournesol, à deux niveaux :
1) Le lit de semences de l’horizon 0-8cm doit permettre la bonne levée de la culture : la qualité du lit de semences conditionne le positionnement de la graine et les conditions physiques au voisinage de la graine. L’objectif est d’obtenir un horizon avec une majorité de terre fine rappuyée, et pas trop de résidus, pour favoriser le contact terre-graine. Selon les types de sol, l’enjeu est différent :
- dans les sols argileux, l’enjeu est d’éviter de créer trop de mottes du fait d’un travail effectué dans des conditions trop humides ;
- dans les sols sensibles à la battance, afin d’éviter les obstacles à la levée, l’enjeu est de trouver un équilibre entre terre fine et mottes, d’éviter un excès de terre fine, et de positionner les mottes en surface et la terre fine en dessous. Attention à la gestion des résidus de couverts qui doivent être suffisamment bien répartis pour éviter la gêne à la levée et contribuer à limiter les risques de battance et d’érosion.
2) L’horizon 8-20 cm doit favoriser le bon enracinement et donc la nutrition de la culture par un bon état structural. Le système racinaire du tournesol est pivotant, potentiellement profond, d’où l’importance de ne pas limiter sa croissance en profondeur, afin de valoriser ce potentiel pour maximiser sa capacité à prélever l’eau et les nutriments du sol. Il est toutefois très sensible aux accidents structuraux : mottes ou zones tassées, lissages ou semelles de travail du sol entraveront la progression du pivot.
Adapter les différentes situations au contexte humide de l’année : trouver le compromis entre le ressuyage des parcelles et les profondeurs de travail du sol
Les travaux de préparations de sol qui vont être effectués dans les prochains jours devront être réalisés dans des conditions permettant d’atteindre les objectifs cités ci-dessus. Selon le type de sol, la gestion de l’interculture et les conditions de température, la durée de ressuyage des sols permettant de rentrer dans les parcelles sans risque de tassement par le passage des outils pourra être plus ou moins rapide. L’observation sera primordiale avant de décider la moindre intervention de travail du sol, en prenant en compte les éléments suivants :
2) S’adapter à la couverture des sols : dans de nombreuses parcelles, les couverts végétaux n’ont pas pu être détruits ni mécaniquement, ni chimiquement. En fonction du développement du couvert encore en place, Il faudra adapter le 1er passage d’ouverture des sols en y ajoutant l’objectif de destruction et de mulchage des couverts végétaux. Dans les situations avec forte présence de graminées non détruites et développées (ray-grass et vulpins), une destruction chimique pourra être nécessaire avant le travail du sol si le risque de repiquage après le semis s’avère trop important malgré les conditions pouvant être favorable à l’assèchement de surface.
3) Evaluer la consistance du sol lors de toute intervention de travail du sol :
Source : Arvalis
Il est important de travailler des sols ressuyés, à consistance friable sur l’horizon ou le profil travaillé. La grille de décision ci-dessus peut vous aider dans l’évaluation de cette consistance. Le travail en conditions plastique est à proscrire. Il est possible de travailler en conditions semi-plastiques si les mottes s’émiettent en majorité et si la formation de boulettes reste minime, notamment pour les travaux d’ouverture en sol argileux.
Mettre en place toutes les pratiques de préparation de sol pour favoriser la réussite du semis du tournesol
Quelle que soit la situation, sol travaillé ou sol avec résidus, la finalité recherchée est la même : faire en sorte que la préparation du sol contribue à la réussite du semis. Cette réussite peut être évaluée au regard de plusieurs "indicateurs", liée la qualité des opérations réalisées durant la phase de préparation :
- ne pas avoir dégradé la qualité structurale du sol : tassement par les passages des outils en conditions trop humides
- obtenir un lit de semences favorable : au moins autant de terre fine que de mottes en surface
- éviter la présence de résidus végétaux dans le sillon et sur le rang selon la gestion des couverts végétaux
- obtenir une parfaite fermeture du sillon
- semer sur un sol propre, en particulier indemne de graminées
- semer à une profondeur homogène et conforme à l’objectif.
|
|
Matthieu Loos - m.loos@terres.inovia.fr - Chargé de développement Centre & Ouest