Malgré l’arrivée du printemps, un temps humide, le froid et un faible ensoleillement persistent. Des conditions peu idéales pour les pois et féveroles d’hiver qui entrent tout de même dans leur période de floraison. Les propos qui suivent se basent sur des observations faites dans des parcelles en production, au niveau de la région du Centre-Val de Loire.
Les féveroles semées fin novembre sont au stade floraison alors que les stades varient un peu plus pour les pois en lien avec des dates de semis plus étalées. Les pois semés en novembre sont entre le stade début floraison et pleine floraison tandis que le stade des pois semés en décembre va de l’apparition des boutons floraux à la floraison. Concernant les derniers semis de début d’année, les boutons floraux ne sont pas encore visibles.
Les quelques jours à températures plus élevées de ce mois d’avril ont aidé les cultures à se développer.
Photo de gauche : féverole en floraison
photo de droite : pois en floraison
Bien que les sols aient eu du mal à se ressuyer, les racines ont bien fait leur place (à plus de 15cm de profondeur). Les féveroles, avec leur pivot racinaire plus développé par rapport aux pois, ont plus facilement développé un chevelu racinaire dense avec de nombreuses nodosités, malgré l’humidité des sols. En revanche, les pois ont globalement eu plus de difficulté à étendre leur système racinaire, bien que la quantité des nodosités reste satisfaisante. L’ensemble des parcelles observées sur les deux cultures présentent des nodosités bien roses et actives.
Photo de nodosités roses sur pois d'hiver
Les parcelles de pois sont quasiment toutes atteintes par le complexe maladies Ascochytose/Colletotrichum.
Les symptômes s’observent au niveau des feuilles (tâches claires souvent cernées d’une marge brune, avec ou sans ponctuations noires au centre) et des tiges (nécroses allongées, claires au centre, cernées d’une marge brune, avec ou sans ponctuations noires au centre). La maladie s’est globalement développée en provoquant la sénescence prématurée des feuilles et des tiges sur la partie inférieure des plantes de façon généralisée sur les parcelles. Des plantes entières ont pu être touchées sous forme de foyers dans les parcelles de pois. Le niveau d’intensité varie selon les parcelles. Globalement, le développement foliaire a pu reprendre le dessus sur la maladie et évoluer jusqu’à la floraison. La hauteur et la densité du couvert peuvent notamment dépendre de l’intensité de la maladie : plus une plante est touchée par la maladie, plus elle a du mal à développer un couvert haut et dense. Ainsi, la hauteur des couverts de pois varie entre 20 et 60cm sur les parcelles observées.
Dans les parcelles de féveroles, des symptômes de Botrytis ont systématiquement été observés mais à une intensité faible (1 à 10%). Sur quelques parcelles, des symptômes de rouille ont également été relevés, sur la partie inférieure des plantes généralement, à des niveaux variables. Plus rarement, des symptômes de mildiou ont pu être constatés.
Les quelques pluies prévues annoncent le maintien d’un climat humide favorable à la plupart des maladies fongiques qui ont pu être observées sur les pois et les féveroles d’hiver.
Photo de gauche : symptômes et couvert qui repart jusqu'à floraison
Photo de droite : dégâts sur parcelle
Dans quasiment toutes les parcelles de pois d’hiver, l’arrivée de quelques pucerons verts a pu être observé. A ce jour, le nombre de pucerons reste faible mais leur présence nécessite une attention particulière. L’observation de leur évolution sera importante par la suite, surtout lors des périodes de températures élevées et de temps sec.
Sur féveroles, seules des morsures de sitones sont observées sur les feuilles ne causant pas de dégâts significatifs.
Photo d'un puceron vert
Anita Poineau - a.poineau@terresinovia.fr
Ingénieur stagiaire Légumineuses à graines zone Centre & Ouest