Publié le 26 mars 2026 | Modifié le 27 mars 2026

Début de floraison du colza perturbé en Normandie et Ouest Ile-de-France. Point gestion du sclerotinia

De l’Ouest de l’Ile-de-France jusqu’en Normandie, le démarrage de la floraison du colza a été très précoce, mais il demeure souvent depuis 10 jours contrasté et poussif. Les coupables désignés sont les larves d’altises, en place dans de de nombreux champs depuis novembre, puis les méligèthes arrivés tôt fin février et souvent difficiles voire impossibles à maîtriser. S’ajoute à cela un contexte de somme de températures hors normes depuis quasiment 3 mois. De quoi déstabiliser le rapport habituel offre / demande climatique pour la culture.

Sclerotinia : des attaques sévères, peu fréquentes mais toujours redoutées

Globalement, le stade G1 (formation des premières siliques et chute des premiers pétales) est déjà atteint dans les parcelles les plus précoces et sera atteint de façon progressive d’ici au 5 avril pour la majorité, et plus tard voire beaucoup plus tard (mi à fin avril) pour les parcelles qui peinent à fleurir aujourd’hui.

D’après les BSV, 70 à 80 % des parcelles se situent entre F1 et F2, et 10-20 % au stade G1, pour les plus précoces. Les stades des parcelles en souffrance sont plus difficiles à évaluer car ils sont très hétérogènes. Il n’est pas rare d’observer des parcelles avec une part importante de plantes à tige principale courte ou port « buissonnant ».
 

Le positionnement du traitement conditionne son efficacité vis-à-vis du sclerotinia

Sur colza homogène, un traitement unique au stade G1 reste la référence pour le sclerotinia.
La gestion du sclérotinia reste strictement préventive. La protection doit être positionnée au stade G1. C’est le meilleur compromis pour limiter les contaminations, les pétales étant le principal vecteur de contamination.
Les solutions disponibles efficaces sont nombreuses. Elles font appel à une association de 2 ou 3 substances actives aux modes d’actions différents et complémentaires (familles des SDHI, triazoles, strobilurines). Quelques exemples pour des efficacités d’un niveau comparable vis-à-vis du sclerotinia :
 

  • prothioconazole seul ou associé au tébuconazole 
  • azoxystrobine associé au prothioconazole (ex : MAXENTIS)
  • mandestrobine associé au prothioconazole ou metconazole (packs INTUITY POWER ou FORCE)
  • boscalid associé aux triazoles (ex : REVYDAS, EFILOR, pack PROTECTION COLZA, pack REVYTEC)
  • fluopyram associé au prothioconazole (ex : PROPULSE)
  • bixafen associé au prothioconazole (ex : AVIATOR XPRO)
  • isofétamide associé au prothioconazole ou au difénoconazole (packs ANANKE PRO ou DIF)
  • fludioxonil associé au prothioconazole ou à une strobilurine.

Consulter la liste des produits fongicides colza et les doses recommandées

Il est impératif d’éviter l’emploi seul d’un fongicide à base de SDHI
Les applications doivent s’envisager dans le respect des règles de protection des abeilles et autres pollinisateurs. Pour mémoire, certains produits commerciaux fongicides ne répondant pas aux critères réglementaires de l’arrêté Abeilles deviennent interdits. 

Consulter l’article : Utilisation des spécialités fongicides à floraison : quelles évolutions au 1er janvier 2026 ?
 

Cas des parcelles à floraison très irrégulière

En règle générale, les stratégies à double traitement (2ème traitement 10/15 jours après le stade G1) ne montrent pas de gain d’efficacité vis-à-vis du sclerotinia. Elles sont à réserver aux situations de stades très hétérogènes (décalages de 10-15 jours entre plantes) qui nécessitent une protection étalée dans le temps. Les références sont moins nombreuses qu’en situation homogène, mais par extrapolation, il est possible de diminuer la dose de certains produits de 30 à 50 % de la dose AMM pour maîtriser au mieux les charges toute en limitant le risque sclerotinia. 

Exemples : 

  • 1er traitement T1 au plus proche du stade G1 (30 à 50 % des plantes à G1) pour protéger les plantes les plus en avance : PROPULSE 0,5 à 0,7 l/ha OU EFILOR 0.5 l/ha
  • 2ème traitement T1 + 10 à 15 jours au plus tard pour protéger les plantes les plus en retard : SUNORG Pro ou PASSERELLE 0.4 à 0.5 l/ha ; ou AMISTAR, AMISTAR GOLD à 0.6-0.8 l/ha. 
    Si des conditions humides persistent à mi floraison, ces produits peuvent par ailleurs procurer un gain de rendement et un retour sur investissement en cas de développement de maladies de fin de cycle dans la région (cylindrosporiose, alternaria, mycosphaerella).