Publié le 9 avril 2026 | Modifié le 10 avril 2026

Colloque Plan de sortie du phosmet : luttes alternatives et régulation biologique

Quatre projets ont permis de creuser les pistes de la régulation biologique dans le Plan de sortie du phosmet. Ils ont été détaillés dans le colloque final de restitution du programme, le 24 mars dernier. 

La grosse altise du colza, ennemi n°1 du colza à l’automne

Laurent Ruck, chargé d’études de Terres Inovia, a présenté l’état des lieux de la présence des grosses altises sur les parcelles de colza. « Ce ravageur est présent sur l’ensemble du territoire. Après un automne 2024 plus calme, l’altise adulte a pénalisé les colzas à l’automne 2025 dans certaines régions », explique-t-il. 

Or, les altises ont développé des résistances fortes (mutation SKDR) aux pyréthrinoïdes, qui sont, depuis le retrait du phosmet en 2022, les seuls insecticides homologués. « En cas de résistance forte sur le territoire, la seule solution passe par un semis et une levée précoce pour atteindre le stade 3-4 feuilles vers le 15-20 septembre, date à laquelle les altises colonisent généralement les parcelles de colza.» Contre les larves, la seule alternative repose sur Minecto Gold autorisé uniquement par dérogation annuelle.
 

Après un automne 2024 plus calme, l’altise adulte a pénalisé les colzas à l’automne 2025 dans certaines régions. 

Laurent Ruck

Ingénieur de développement de Terres Inovia

Adaptacol2 : le biocontrôle pour réduire les dégâts foliaires des grosses altises adultes

De nombreux produits de biocontrôle ont été testés par Terres Inovia et ses partenaires en régions pour réduire les dégâts d’altises adultes. Les plus prometteurs semble être les sels d’acides gras (action supposée de contact) et le souffre (action supposée répulsive). 

Il faut maintenant mieux comprendre les conditions d’application favorables à leur efficacité et poursuivre l’identification de nouveaux modes d’action à tester dans des conditions de pression variée. Ces travaux se poursuivent dans le projet PARSADA Altifast. 
 

Colzactise : un produit dissuasif de contact

Ce projet, porté par la firme DE SANGOSSE, a cherché à sourcer des extraits de plantes aux propriétés dissuasives et développer un produit de biocontrôle limitant l’alimentation des grosses altises du colza. 

A l’issue du projet, des extraits aux propriétés dissuasives ont été identifiés. Des premières formulations ont été testés au laboratoire et aux champs, ce qui a permis de clôturer certaines pistes pour des raisons techniques et économique, telle que l’extrait de moutarde blanche, et de concentrer les travaux de formulation et d’évaluation sur le terrain sur les pistes les plus prometteuses. 

Nap-guard : un produit associé à des outils technologiques pour réduire les larves de grosse altise

Ce projet visait à « optimiser le positionnement d’un produit de biocontrôle pour réduire la pression larvaire des grosses altises et associer le produit à des outils technologiques », explique Théophile Kazmierczak, de la start-up Alvie. Une solution combinatoire avec un produit de biocontrôle montre des premiers résultats prometteurs selon la firme.  

Adaptacol2 : luttes alternatives contre le charançon du bourgeon terminal

« Dans les secteurs historiques du Centre, de l’Est et du Sud-Ouest, le charançon du bourgeon terminal est observé. Ce ravageur a développé des mécanismes de résistance partielle aux pyréthrinoïdes seuls insecticides autorisés aujourd’hui », partage Laurent Ruck, ingénieur de développement de Terres Inovia. 
 

Deux axes ont été travaillés : 
•    Mieux connaitre la biologie et l’écologie du charançon du bourgeon terminal : l’objectif était de décrire les modalités de colonisation des insectes dans les parcelles et les délais avant les premières pontes pour améliorer le positionnement des solutions de lutte directe. Des essais ont permis de mieux connaître la typologie de l’évolution du système reproducteur au cours du temps, et ainsi mieux connaître le cycle du ravageur.
•    Améliorer l’évaluation du risque à la parcelle : malgré les essais, les résultats disponibles à ce jour sont insuffisants pour faire évoluer les règles de décision d'intervention contre le charançon du bourgeon terminal dans les régions à risque fort. D’autres essais avec des taux d’attaques variés dans des situations agronomiques contrastées sont encore nécessaires. Ces travaux se poursuivent dans le projet PARSADA Coleofast. 
 

Dans les secteurs historiques du Centre, de l’Est et du Sud-Ouest, le charançon du bourgeon terminal est observé dans plus de 8 parcelles sur 10. 

Laurent Ruck

Ingénieur de développement de Terres Inovia

Les parasitoïdes des ravageurs du colza, des alliés à ne pas négliger

« Les parasitoïdes sont des ennemis naturels efficaces, qui participent à la régulation des ravageurs sur le long terme », indique Céline Robert, chargée d’études de Terres Inovia.
 

Pour les préserver, l'experte rappelle qu'il est recommandé de « limiter le travail du sol après un colza et, en matière de traitements insecticides, respecter les règles de décision et ne pas traiter en pleine journée, lors des périodes d’activité des parasitoïdes ».
 

Elle indique que certaines pratiques paysagères sont aussi favorables à ces ennemis naturelles, telle que de préserver les zones refuges (bords de champs, haies…) et raisonner la fauche des bords de champs. 
 

 

Les parasitoïdes sont des ennemis naturels efficaces, qui participent à la régulation des ravageurs sur le long terme. 

Céline Robert

Chargée d'études de Terres Inovia