Publié le 10 avril 2026 | Modifié le 10 avril 2026

Charançon des siliques : quelle gestion en présence d’auxiliaires actifs ?

En période de floraison, la présence conjointe de charançon des siliques et d’auxiliaires incite à raisonner du mieux possible toute intervention. L’enjeu de ce ravageur ne doit pas être surestimé.

La floraison du colza est désormais bien engagée, avec récemment des températures élevées favorisant une forte activité d’insectes dans les parcelles. Les charançons des siliques ont été observés dès ce mardi 7 avril, principalement en bordure, avec quelques situations en progression à l’intérieur des champs. Voir plus en lisant les BSV.

Après une campagne déjà marquée par de fortes pressions (larves d’altises, méligèthes), le risque « charançon des siliques » doit être remis en perspective. Le ravageur est bien connu : il est directement peu ou pas nuisible, mais il peut favoriser des attaques de cécidomyies sur les siliques. Les dégâts des cécidomyies, également concentrés en bordure majoritairement, sont le plus souvent limités, à l’échelle de la parcelle. Il est assez rare de prouver de réelles pertes de rendement. 

La stratégie de lutte se résume ainsi :

  •    surveillance du charançon, en priorité en bordure, lorsque les conditions favorisent son arrivée
  •    à partir du stade G2, traitement localisé en bordure si infestation significative (on peut se référer au seuil évoqué ci-après)
  •    à partir du stade G2 jusqu’au stade G4, intervention à l’intérieur des champs si et seulement si seuil atteint (1 charançon / 2 plantes).

Ces règles doivent permettre d’éviter un maximum de traitements sur l’intégralité des ilots parcellaires. 

Larves de méligèthes

À floraison : un pic d’auxiliaires en action

Les fortes pressions de ravageurs du colza s’accompagnent généralement d’une activité importante d’auxiliaires à floraison : auxiliaires parasitoïdes (Tersilochus sp., Phradis sp., ...) des altises, charançon du bourgeon terminal et larves méligèthes (photo) mais aussi syrphes, coccinelles, chrysopes...

Ces auxiliaires agissent sur les larves pendant la campagne et contribuent à réduire les populations pour l’année suivante. Cette semaine, il était aisé de les observer (cf. vidéo ci-dessous). 

Attention aux traitements “d’assurance”

Avec l’actualité « fongicide colza », il peut être tentant d’envisager dans la même période un insecticide contre les charançons. 
Mais à floraison, un traitement impacte tous les auxiliaires, affaiblit la régulation et peut pénaliser les campagnes suivantes.  

Rappelons qu’un traitement préventif, avant le stade sensible (G2) est inadapté : les pyréthrinoïdes, à action de contact, ne protègent que les organes présents lors de l’application. Les siliques qui se forment rapidement après restent donc non couvertes.  

À floraison, un insecticide non justifié est contre-productif, car il fait souvent plus de dégâts sur les auxiliaires que le ravageur lui-même sur le colza.

Rappel réglementaire

Les traitements en période de floraison sont strictement encadrés par l’arrêté « Abeilles » : produits autorisés en floraison, application le soir, interdiction du mélange triazole*pyréthrinoïde. Depuis 2026, tous les fongicides ne sont plus utilisables à floraison : vérifier impérativement l’AMM. Pour en savoir plus : FAQ

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