Publié le 26 mars 2026 | Modifié le 26 mars 2026

Bilan positif pour le Plan de sortie du phosmet

Agir ensemble pour protéger les surfaces de colza face à la pression des ravageurs d’automne. L’ampleur de ce défi pour préserver la compétitivité du colza a nécessité une mobilisation sans précédent pour rechercher des stratégies de gestion des ravageurs à travers le Plan de sortie du phosmet (2022-2025). Ce Plan, animé par Terres Inovia, INRAE et Sofiprotéol, a rassemblé 26 acteurs de la recherche et du développement, publics et privés.

Les grands enseignements du Plan de sortie du phosmet ont été présentés lors d’un colloque final le 24 mars à Paris. Au-delà de la dynamique collective initiée par ces premiers travaux, le Plan a permis d'identifier plusieurs leviers d’actions qui seront autant de nouvelles ressources pour préserver les futures récoltes de colza, sécuriser la marge des agriculteurs et, plus largement, la souveraineté protéique française.

Doté de 6 millions d’euros, le Plan de sortie du phosmet est principalement financé par les fonds Casdar du ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, par Terres Inovia et Sofiprotéol avec les cotisations interprofessionnelles (CVO) de la filière des huiles et protéines végétales, par INRAE, et par les contributions des firmes et des semenciers (hors salaires des personnels publics).

Des résultats techniques obtenus : 4 leviers déployés et des pistes mises de côté

Les 11 projets de recherche du Plan de sortie du phosmet, portés par des acteurs de la recherche et du développement agricole, ont permis de développer des connaissances et des leviers complémentaires. L’objectif commun était de produire et de déployer des stratégies alternatives efficaces, durables et opérationnelles pour réduire l’impact des ravageurs d’automne du colza. Cette stratégie collective s’est appuyée sur l’amélioration de la connaissance des ravageurs et des auxiliaires, sur l’identification de solutions à l’échelle de la plante ou à l’échelle de la parcelle et du paysage, mais aussi sur le transfert des solutions identifiées auprès des agriculteurs.

  • Les pratiques-clés d’implantation favorables à l’obtention d’un colza robuste ont été largement diffusées avec une centaine de conseillers formés sur le terrain,
     
  • L’apport d’azote à l’automne favorable à la croissance dynamique du colza a été rendu possible sous conditions dans la plupart des régions,
     
  • L’intégration d’un critère de « bon comportement vis-à-vis des ravageurs » au classement des variétés,
     
  • L’intérêt confirmé de la technique des intercultures-pièges pilotées à base de radis chinois pour réduire les populations d’altise d’hiver et les insectes émergeants des parcelles au printemps qui colonisent le colza à l’automne suivant.
     

Les acteurs de la distribution, du conseil et de l’enseignement agricole ont été largement mobilisés, au travers de comités régionaux animés par Terres Inovia, pour capitaliser sur les références acquises sur le terrain, et mettre en œuvre les leviers éprouvés auprès des agriculteurs.
 

L’action collective a permis également d’objectiver l’absence d’efficacité de différentes pistes. Ainsi, les tests réalisés avec une sélection de mélanges interspécifiques et variétaux n’ont pas indiqué de plus-value vis-à-vis des ravageurs d’automne par rapport à la variété d’intérêt de colza implantée seule. De même, les premières expérimentations sur six biostimulants n’ont pas été concluantes. Certaines pistes de biocontrôle ont aussi été clôturées.

Identification de pistes très prometteuses à poursuivre

Le Plan de sortie du phosmet a également mis en évidence l’intérêt de nouveaux leviers dont la mise au point se poursuivra dans le cadre de futurs programmes de recherche :
 

  • L’utilisation de médiateurs chimiques pour détourner les ravageurs
    Des composés issus de brassicacées aux propriétés attractives et dissuasives vis-à-vis de l’altise ont été identifiés et jugés prometteurs. Leur formulation doit encore être optimisée et évaluée sur le terrain. La caractérisation de récepteurs-olfactifs clés de la grosse altise devrait également démultiplier les capacités d'identification de nouveaux actifs utilisables en biocontrôle.
     
  • Des progrès sur le levier variétal se dessinent
    A court terme, des génotypes-élites à bons comportements vis-à-vis des ravageurs ouvrent la voie à de nouvelles variétés sur ce critère. A plus long terme, des résistances partielles identifiées parmi les espèces parentales du colza permettront de créer des variétés à meilleur comportement.
     
  • Identification de deux produits de biocontrôle prometteurs pour limiter les dégâts de l’altise d’hiver, les conditions favorables à leur efficacité devant encore être mieux comprises
     

    Les avancées obtenues dans le cadre du Plan de sortie du phosmet constituent des éléments précieux pour la poursuite des activités de recherche au service de la compétitivité du colza. La recherche de stratégies de gestion des ravageurs du colza continue, tout d’abord au sein du Parsada, le Plan d’action stratégique pour l’anticipation du potentiel retrait européen des substances actives et le développement de techniques alternatives pour la protection des cultures. Sofiprotéol, à travers le Fonds d'Actions Stratégiques des Oléagineux et des Protéagineux (FASO), lancera également en 2026 un appel à projets dédié au biocontrôle.

Un Plan qui redonne « confiance » dans le colza

Le Plan de sortie du phosmet, c’est notamment 330 parcelles avec un suivi des ravageurs d’automne, 420 essais pour évaluer les leviers agronomiques, 50 territoires pour tester la stratégie de détournement des grosses altises grâce aux intercultures pièges, 109 conseillers formés à la démarche colza robuste et 34 plateformes de démonstration pour promouvoir les combinaisons de leviers agronomiques.
L’effort collectif sans précédent autour de ce Plan aura non seulement permis d’agir vite pour produire des références, mais aussi d’accentuer très fortement en trois ans la capacité de transfert des connaissances. Le Plan de sortie du phosmet a ainsi contribué à renforcer la confiance des agriculteurs dans la culture de colza, et le développement des surfaces de colza, à hauteur de 1,3 million d’hectares en 2025 avec une croissance marquée dans certaines régions les plus touchées par les réductions de productions (980 000 hectares en 2022).