Publié le 27 mars 2024 | Modifié le 19 mars 2026

Aperçu de la situation sanitaire des pois d’hiver

Avec un hiver et un début de printemps très humides, les conditions sont propices à l’apparition de maladies précoces sur les pois d’hiver. Toutefois, avant de crier à la bactériose, regardons de plus près ce qu’on retrouve et pourquoi certaines parcelles sont moins touchées que d’autres.

Un contexte propice aux maladies fongiques 

L’hiver 2023-2024 a été très humide, en témoigne les données météo et les complications de créneaux de semis, qui se sont étalées d’octobre à janvier. L’hiver n’a pas été froid, au contraire, la période novembre-mars est l’une des plus chaude des 30 dernières années, propice à la croissance des pois mais également au développement des maladies (développement dès 10°C pour la plupart des maladies fongiques). Mais comme souvent ces dernières années, quelques gelées tardives courant février ont eu lieu sur des cultures en pleine reprise, parfois trop avancées en stades et donc, plus sensibles aux lésions de gel, porte d’entrée des maladies.

 

Identifier le complexe ascochytose/colletotrichum

Depuis 2023, l’inoculum du complexe fongique est bien présent dans la plaine, expliquant l’arrivée rapide de symptômes sur les pois d’hiver. Attention, à ne pas faire le raccourci avec la bactériose, parfois associée au complexe mais généralement peu fréquente. Dans la majorité des situations, il s’agit bien d’une pression fongique, pouvant justifier des interventions précoces.

Si des symptômes peuvent être observés sur l’ensemble de la parcelle, le complexe maladie peut créer des foyers marqués, notamment dans les fourrières et zones de passages. En général, sa porte d’entrée se situe en bas des tiges, en lien avec la sensibilité de l’épicotyle au gel et les pincements du sol lié au gel mécanique, créant un gradient remontant le long des pois. 
Sur les étages foliaires intermédiaires, on peut distinguer les symptômes typiques : des nécroses claires entourée d’un halo noir et pouvant présenter des pycnides noires au centre. Sur les parties inférieures du pois où les symptômes sont bien avancés, cela se transforme en plage nécrotique. Le visuel de loin peut faire craindre à de la bactériose alors qu’il n’en ait rien dans la plupart des situations.

 

Mon pois peut-il s’en sortir ?

Dans la plupart des situations, la pression sanitaire ne remet pas en cause la viabilité de la culture mais nécessite d’être rapidement diagnostiquée et protégée si nécessaire. Si la tige principale est souvent impactée, ce sont surtout les ramifications qui prennent le relai et sont garantes du potentiel final. 
Pour ce faire, il est important de bien diagnostiquer la présence de foyers marqués, la progression des symptômes vers les étages foliaires supérieurs, garants de la photosynthèse et du potentiel, ainsi que l’alimentation des bas de tiges touchées (intérieur encore vert, émission de nouvelles feuilles, tige non flétrit).

Vous pouvez vous aider de ce tableau à score si besoin d’évaluer votre pression. Il suffit d’additionner le score pour les 3 indicateurs.

Si présence de symptômes, une protection précoce est nécessaire 

Il est conseiller de rapidement déclencher une protection en cas de symptômes et nécroses en bas des plantes. On privilégiera les bases triazoles, associées ou non à l’azoxystrobine :   

Dans les situations ou la maladie est bien présente : 

  • SUNORG PRO 0.6 l/ha ou PROSARO 0.6 l/ha + AMISTAR 0.4 l/ha 
  • SUNORG PRO 0.8 l/ha 
  • PROSARO 0.75 l/ha 

Dans les situations d’apparition de symptômes : 

  • SUNORG PRO 0.4l/ha + AMISTAR 0.4 l/ha  

Attention aux interventions à base d’azoxystrobine seule, pas toujours efficace dans les cas de fortes pressions, surtout en demi-dose seule. 

Et dans les quelques cas ou de la bactériose serait présente, l’intervention reste justifiée car la maladie est toujours accompagnée du complexe fongique. La gestion de ce dernier permettra à la plante de mieux se comporter contre la bactériose qui profite du stress des autres maladies pour progresser. 

Gamme fongicides et les stratégies d’application sur pois d’hiver 

Un simple envoi d’échantillon pour avancer sur la connaissance de ce complexe maladie 

Ce complexe maladie étant encore récent sur les pois d’hiver, Terres Inovia cherche à mieux identifier la ou les souches de colletotrichum sp. et de bactériose présentes sur les bassins de production et le contexte parcellaire pouvant expliquer leur présence et l’expression des symptômes. Pour ce faire, il vous suffit d’envoyer un échantillon au laboratoire de Rennes avec un rapide questionnaire sur le contexte de la parcelle, toutes les informations sont disponibles ici