Publié le 24 mai 2024 | Modifié le 19 mars 2026

Quels impacts des décalages de semis sur les dates de récoltes en tournesol dans le Sud-Ouest ?

Dans le Sud ouest, comme dans d'autres régions de France, la pluie perturbe fortement les travaux des semis en tournesol et soja. Cet article propose une description détaillée des options d'adaptation de la stratégie de semis, par secteur.

Cet article est également disponible pour le Sud-ouest en Soja: Cas du Soja

Partie Commune aux deux articles - Contexte Global

La météo enregistrée depuis le début de la période habituelle des semis de cultures de printemps se caractérise à la fois par les quantités de pluies enregistrées et le nombre de jours de pluie.

Sur l’ensemble du territoire considéré, les cumuls sont supérieurs à la normale, selon un gradient sud/est – nord/est. Sur la façade atlantique et Lot-et-Garonne, on enregistre du 20 mars au 20 mai, un excédent des précipitations de 50 à 100%. En Dordogne, où la situation est la plus critique, les cumuls de pluie sont en moyenne plus de 2 fois supérieure normales.  

Ces conditions s’inscrivent dans la continuité de celles enregistrées depuis l’automne jusqu’à l’hiver. Outre les difficultés causées aux cultures d’hiver, elles ont également généré des retards sur les travaux de préparation de sols.

Les taux de réalisation des semis sont très variables selon les secteurs, selon la vitesse de ressuyage des sols, et par conséquent la possibilité d’entrer dans les parcelles. De plus, et au-delà des cumuls, le nombre de jours de pluie est lui aussi supérieur aux normales. Depuis le 1er avril, on enregistre sur la Dordogne globalement plus de 20 jours avec une pluie d’au moins de 2 mm, contre 12 à 14 jours sur la même période en moyenne pluriannuelle. Sur le Gers et le Lot-et-Garonne, ce sont globalement 4 à 6 jours de pluies supplémentaires par rapport aux normales. Ces jours de pluies, même avec des cumuls parfois très limités, ne permettent pas, du fait de leur récurrence, le ressuyage des sols.

La carte ci-dessous, présente le nombre de jours avec des précipitations >2 mm du 1er avril au 20 mai. À gauche campagne 2024 à droite données historiques

Tandis que les semis de tournesol sont réalisés sur l’essentiel de l’Occitanie, la situation est plus dégradée au Sud de la Haute Garonne et l’Ariège, au même titre que dans le Gers. Sur ce département, on estime les semis réalisés à hauteur de 60-70% avec un fort gradient nord (plus de 70%) – sud (environ 30%).

Sur les départements de la Dordogne et du Lot-et-Garonne, le taux de réalisation des semis ne semble pas dépasser en moyenne 50%, avec là encore de très fortes hétérogénéités.
Concernant les sojas, on estime moins de 25% de semis réalisés, sur les principaux bassins de production.

L’eau, bien visible dans de nombreuses parcelles, témoigne de la saturation des sols et ne semble pas permettre d’envisager une reprise des semis avant le 30/05.  Par conséquent, de nombreuses questions se posent actuellement quant à l’impact des décalages de semis sur ces 2 espèces, vis-à-vis des dates et conditions de récoltes. 

Cas du Tournesol

A partir des cartes ci-dessous on constate que pour une précocité équivalente, en l’occurrence ici une variété mi-précoce, un décalage de 3 semaines (Gers) à près d’un mois (Dordogne) est à prévoir, en décalant un semis classique du 20/04 au 30 mai. Ainsi, une récolte traditionnellement au 5-10 septembre peut-être reportée autour du 30 septembre. 
Par conséquent, au-delàs du 30/05 sur certains secteurs, les plus au nord, du piémont pyrénéen ou encore de la façade atlantique, un report vers une variété plus précoce est à prévoir.

Méthodologie : Le tableau ci-dessous propose une estimation de la date de récolte sur différents secteurs, selon la date de semis et le groupe de précocité variétale. Attention, au sein d’un même groupe de précocité, des variations plus ou moins importantes existent entre les variétés. Par ailleurs, il est proposé ici de retenir la date correspondant au décile 8. C’est-à-dire la date de récolte la plus tardive, 8 années sur 10. Par conséquent, pour chaque situation, il sera possible dans 8 cas sur 10 de récolter à la date indiquée ou plus tôt. Cette méthode, plus sécurisante que la moyenne ou la médiane, exclue les 2 années les plus extrêmes.

Pour vous guider dans le changement de précocité et pour sélectionner une variété, n'hésitez pas à vous rendre sur Myvar:

 

Gers/ Lot-et-Garonne :

Pour un semis jusqu’au 5 juin, une récolte est raisonnablement envisageable avant 10 octobre pour une variété de type mi-précoce. Les variétés précoces, permettront cependant de sécuriser une récolte sur septembre. Au-delàs du 5 juin le recours à une variété précoce sera plus sécurisant, a fortiori sur le Sud Gers. En effet, sur ce secteur, bien que les prévisions de dates de récolte (non présentées ici) soient proches de celles simulées à Auch, le risque de retour des averses en arrière-saison doit être pris en compte.   

Sud-Aquitaine:

Le risque de retour de pluie est à prendre particulièrement en compte sur la façade atlantique. Par conséquent, on cherchera autant que possible à assurer une récolte sur septembre. Les cumuls de températures plus importants sur Mont-de-Marsan offriront alors un peu plus de possibilité que sur le secteur Pau.
En effet, si le recours à des variétés mi-tardives semble encore possible jusqu’au tout premiers jours de juin (avant le 5), il sera préférable sur le Béarn de sécuriser la récolte avec une variété précoce.
 

Gironde:

La conduite à tenir sur le département est variable selon un gradient est-ouest. En effet, à l’est, la stratégie à adopter en cas de semis tardifs sera peu éloignée de celle illustrée pour le Lot-et garonne (Cf. les cartes de récolte) . Sur les zones de production les plus à l’ouest, en particulier sur le blayais ou la pointe du médoc représentées par la station météo de Vendays, les marges de manœuvre sont plus étroites. S’il est encore envisageable de semer une variété précoce jusqu’à fin mai, il faudra s’orienter sur des variétés de type très précoces (non présentées ici) pour les semis de juin.

Dordogne:

La date du 30/05 représente la limite de faisabilité en mi-précoce, pour ne pas prendre de risques trop importants. Dès lors, recourir à une variété précoce, pour des semis jusqu’au 05 juin, 10 juin maximum. 

 

Vos contacts sur le secteur

Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr)- Ouest Occitanie
Arnaud Micheneau (a.micheneau@terresinovia.fr) - Sud Nouvelle Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées