Chargement en cours...

Terres Inovia aux 14ème Rencontres de la fertilisation raisonnée et de l’analyse

02 déc. 2019

Les 14èmes Rencontres de la fertilisation raisonnée et de l’analyse, organisées par le Comifer-GEMAS* avec le soutien de l’AFES*, ont rassemblé plus de 400 personnes ; enseignants, chercheurs, prescripteurs, agriculteurs, distributeurs et industriels. Leur objectif : faire partager les avancées récentes de la recherche et du développement sur la fertilisation raisonnée dans le contexte économique, social et environnemental du développement durable. De nombreux sujets ont été exposés : la gestion de la fertilité des sols, la préservation de la qualité de l’air et de l’eau, l’économie circulaire et la productivité des agroécosystèmes.

Une future règlementation

Le nouveau règlement (UE) n°2019/1009 fertilisants (UE), paru au Journal Officiel le 25 juin dernier, entrera en application le 16 juillet 2022. Il permettra de mettre sur le marché des fertilisants minéraux et organiques, organo-minéraux, biostimulants et tous les supports de culture de qualité agronomique selon des règles et un étiquetage commun dans toute l’Union européenne.

Les produits résiduaires organiques : vers l’économie circulaire

Un projet actuellement en cours en Ile-de-France évalue l’acceptabilité par les agriculteurs et la faisabilité d’utiliser des fertilisants à base d’urine humaine. Par ailleurs, la Mission d’Expertise et de Suivi des Epandages (MESE) d'Occitanie propose, dans ses « Cahiers culture », un raisonnement plus fin et cohérent de l’apport de boues d’épuration entre départements. Elle a notamment publié de nouveaux référentiels pour le tournesol et le colza.

Les matières organiques : caractérisation, minéralisation, modélisation

Les Rencontres de la fertilisation raisonnée et de l’analyse ont également permis de montrer que les résidus de colza, incorporés ou non au sol, et avec ou sans apports d’azote, présentent les mêmes taux de minéralisation du carbone, contrairement au blé. La raison ? Le colza n’est pas dépendant de l’azote du sol puisque ses résidus en sont riches, contrairement au blé.

Par ailleurs, après l’enrichissement des paramétrages pour les oléo-protéagineux, chanvre et les couverts intermédiaires, le modèle AMG de prédiction de l’évolution du statut organique des sols s’améliore encore, avec des paramétrages des produits résiduaires organiques révisés. De plus, les nombreux résultats d’analyses thermiques (pyrolyse Rock-Eval) d’échantillons de terres (sur des essais français de longue durée) devraient permettre d’affiner prochainement nos connaissances sur la stabilité du carbone dans les sols français. Une bonne nouvelle car ce modèle alimente directement l'outil Simeos-AMG, facile d’utilisation et en libre accès.

Les indicateurs biologiques de fertilité des sols

L’un des enjeux de la prochaine décennie en matière d’agronomie sera sans doute le développement de nouvelles approches basées sur les observations de terrain et des analyses des sols en laboratoire associant des paramètres physico-chimiques et biologiques complémentaires.

Terres Inovia travaille sur le référencement d’indicateurs microbiologiques en tant que partenaire dans le cadre du projet CASDAR RT Microbioterre (2017-2020). Une vingtaine d’essais de moyenne et longue durées (entre 5 et 47 ans) impliquant des systèmes de culture avec différentes pratiques de restitutions organiques (PRO, résidus de culture, couverts végétaux de différents types) ont été échantillonnés dans le cadre de ce projet. Une quinzaine d’analyses, en lien avec le fonctionnement biologique des sols, ont été réalisées sur les échantillons.

Le croisement des résultats d’analyses biologiques et physico-chimiques et des données agronomiques permettra de sélectionner les indicateurs biologiques les plus pertinents pour évaluer l’évolution du statut organique des sols et leur fourniture en azote. L’analyse du jeu de données est en cours et devrait permettre d’ici 2021 d’orienter le conseil agro-écologique vers une amélioration de la gestion des matières organiques. En lien direct, un autre projet sur l’industrialisation des mesures de ces indicateurs travaille sur l’optimisation des méthodes d’analyses en laboratoire de routine qui devront être réalisées un coût raisonnable.

Les pertes gazeuses d’azote

Terres Inovia était partenaire du projet SOLGES financé par l’Ademe, sur les émissions du gaz à effet de serre (GES) N2O par les sols agricoles. La capacité des sols à neutraliser ce gaz en fonction de leurs propriétés physico-chimiques y a été étudié, ainsi que les implications pour la gestion des sols et des émissions. Les résultats exposés lors de ces Rencontres ont montré l’influence du pH dans les émissions de N2O et que le chaulage pourrait être une solution pour réduire les émissions de GES. Par ailleurs, un outil de simulation des émissions d’ammoniac au champ a pu être développé à partir des facteurs d’émission spécifiques à la France, déterminés au cours des projets EVAPRO et EVAMIN financés par l’Ademe et dont Terres Inovia était également partenaire.

Pour en savoir plus, consultez la présentation faite lors des Journées thématiques du COMIFER, "Qualité de l'air et fertilisation : réduire les émissions d'ammoniac"

Le raisonnement et le pilotage de la fertilisation azotée

Cette session, présidée par David Gouache, directeur adjoint de Terres Inovia (voir photo ci-dessous) a été l’occasion de passer en revue différentes méthodes de raisonnement de la fertilisation azotée. Le pilotage intégral de l’azote tel que développé avec le modèle de culture CHN sur blé favorise une approche dynamique basée sur l’évaluation des besoins de la plante en continu. Ce modèle est actuellement testé et amélioré par le biais de partenariats multiples à l’échelle nationale. Une autre méthode APPI-N, développée récemment en Région Centre Val de Loire, vise à définir un critère permettant de n’apporter l’engrais qu’en conditions favorables à l’absorption, cette méthode permettrait également un ajustement des doses en cas de sécheresse.

David Gouache, directeur adjoint de Terres Inovia, lors de sa présentation aux 14èmes Rencontres de la fertilisation raisonnée et de l'analyse

D’un autre côté, depuis 2010, la Méthode d’Estimation des Restitutions par les Cultures Intermédiaires (MERCI) détermine, à partir d’une mesure simple au champ, la biomasse produite par les cultures intermédiaires, les quantités de N, P et K accumulées dans les plantes, ainsi que les restitutions de ces éléments à la culture suivante. La seconde version de cette méthode, disponible prochainement, prendra en compte le devenir des résidus (enfouis, laissés en surface ou exportés), les teneurs en carbone des résidus, les grands types de pédoclimats, permettant des prédictions des restitutions de N, P et K par les couverts tous les 30 jours.

Les travaux de l'institut mis en avant

Lors de ces journées, Terres Inovia a également exposé ses résultats sur les flux azotés au sein des agrosystèmes avec légumineuses à graines (poster de présentation en pièce jointe). Des essais menés entre 2016 et 2019 dans l’Indre et dans les Yvelines ont permis de quantifier les services, liés à l’azote, rendus par les légumineuses à graines (LAG), à savoir le pois, la féverole, la lentille et l’association pois-blé sur les performances du blé et du colza (en comparaison des précédents non-légumineuse).

L’institut a également mis en avant les sorties de l'UMT Alter'N (poster de présentation en pièce jointe). En effet, l’unité Mixte Technologique Alter’N rassemblant les UMR Agronomie et Ecosys et Terres Inovia conjugue ses efforts depuis 2015 pour « connaître les sources alternatives d’azote (légumineuses et produits résiduaires organiques) pour gérer des systèmes de culture à faibles pertes azotées et moins dépendants des engrais de synthèse », dans le but d’alimenter le conseil stratégique pour des systèmes N-efficients.

Retrouvez toutes les présentations et posters des Rencontres du  COMIFER 2019 (à partir de fin janvier).

 

*Créé en 1980, le Comité Français d'Etude et de Développement de la Fertilisation Raisonnée (Comifer) est une association sans but lucratif, régie par la loi du 1er Juillet 1901. Il contribue au développement et à l’amélioration des pratiques en élaborant et en diffusant des références et méthodes collectivement validées qui concourent à une agriculture performante et durable. https://comifer.asso.fr/fr.

Le Groupement d'Études Méthodologiques pour l'Analyse des Sols (GEMAS) est une association établie en 1974 et qui regroupe aujourd’hui plus de 30 laboratoires français d'analyses agro-environnementales (sol, mais aussi de végétaux et qualité d'eau). Les adhérents ont comme objectif commun la Qualité de leurs prestations : transparence, normalisation des méthodes d’analyses, pratique des inter-comparaisons et agrément du Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. http://www.gemas.asso.fr

L’AFES est l’Association Française pour l’Etude du Sol (https://www.afes.fr)

- Documents à télécharger :