Automne

Surveillance et lutte contre la grosse altise adulte (altise d’hiver)

Biologie

Gros coléoptère « sauteur » de 3 à 5 mm. Corps noir et brillant avec des reflets bleus métalliques sur le dos. Extrémités des pattes, des antennes et de la tête, roux doré.

La grosse altise, fréquente et très nuisible, occasionne des morsures circulaires, perforantes ou non de quelques millimètres dans les cotylédons et les jeunes feuilles (dégâts identiques aux petites altises).

grosse altise sur colza

Gestion

La lutte insecticide contre les altises adultes doit se raisonner à la parcelle et ne s’envisager que si la survie de la culture est menacée, du stade cotylédons jusqu’au stade à 3-4 feuilles du colza, c’est-à-dire si la culture pousse moins vite qu’elle n’est dévorée.

La meilleure parade est la mise en œuvre de tous les leviers permettant d’assurer une levée précoce de la culture pour atteindre 3-4 feuilles à l’arrivée des grosses altises (GA), seuil au-delà duquel les plantes supportent les prélèvements foliaires (sauf plantes chétives).

Les captures dans les cuvettes jaunes (position enterrée) servent à détecter l’arrivée puis l’activité des altises d’hiver. Les pièges jaunes ne sont pas un outil de décision de traitement. C’est l’observation très régulière, à la parcelle, de l’état du colza entre les stades cotylédons et 3-4 feuilles étalées qui guide le raisonnement. Observer au crépuscule, ou mieux, dans l’obscurité si les altises sont actives.

Stade sensible Piégeage Déclenchement des vols Seuil indicatif
De la levée au stade 3 inlus

Cuvette jaune enterrée

Surveiller les attaques sur plantules quotidiennement

Chute puis remontée des températures maximales journalières au-dessus de 20°C

Vols autour du 20 septembre (variable selon les régions

8 pieds sur 10 avec morsures ET 25% de surface foliaire consommé *

Les stades les plus jeunes sont les stades les plus sensibles.

Cas particulier du Sud-Ouest : 3 pieds sur 10 avec morsures SI levée après le 1er octobre.

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* Plus que le seuil, la vitesse d’accumulation des dégâts et la vitesse de croissance de la culture sont les critères à prendre en considération, quasiment au jour le jour pour bien appréhender le risque.

Le recours aux insecticides doit tenir compte du statut de résistance connu ou suspecté (cf.carte). En effet, un mauvais choix peut entrainer un échec immédiat et exercer une pression de sélection inutile.

carte altises

Si une intervention s’avère nécessaire contre les altises adultes et pour réduire la pression de sélection d’individus résistants aux pyréthrinoïdes, les alternatives recommandées sont :

  • BORAVI WG 1.0 kg/ha (phosmet) à incorporer dans une eau acide, 2 applications max/an. Attention, produit non mélangeable avec toute autre substance active.
  • Si BORAVI n’est pas disponible, utiliser de préférence DASKOR 440 / PATTON M 0,625 l/ha (chlorpyriphos méthyl + cyperméthrine, 1 application max/an).

L’altise d’hiver est active surtout dans les premières heures qui suivent la tombée de la nuit. C’est pourquoi l’application en soirée est à privilégier avec un volume de bouillie d’au moins 150 à 200 l/ha.

Attention, l’insecticide appliqué au moment du pic d’activité des adultes n’est pas recommandé pour lutter contre les infestations larvaires ultérieures. Il est plus efficace de lutter directement contre les larves.

Les ravageurs du colza sont tous régulés par de nombreux auxiliaires. Limiter les traitements insecticides autant que possible. Si un traitement se justifie, sur l​​​​​​​es insectes résistants, utiliser des produits efficaces au risque d’engendrer des pullulations d’insectes. 

Pour en savoir plus sur ces organismes, consulter l’article sur les auxiliaires

Pour en savoir plus sur l'état des résistances.

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