Chargement en cours...
Implantation

Gestion des adventices en soja

Combiner lutte préventive et curative

Prises séparément, les solutions agronomiques ou mécaniques ne peuvent garantir un désherbage suffisant. Une règle d’or consiste donc à combiner, autant que faire se peut, un maximum de ces méthodes pour parvenir à une gestion durable du salissement.
Des pratiques curatives visent à limiter toute compétition entre la culture et les mauvaises herbes. Le bon usage des outils mécaniques (période d’intervention et réglages en adéquation avec les types de sol et les conditions météo) est alors de rigueur.

Efficacités comparées des différentes méthodes sur une sélection d'adventices

Ce tableau indique le niveau d'efficacité des méthodes préventives et curatives disponibles en agriculture biologique sur les principales adventices du soja, graminées et dicotylédones.

  Bonne efficacité
  Efficacité moyenne ou irrégulière
  Efficacité insuffisante ou très aléatoire
  Efficacité nulle ou technique non pertinente

(1)Si les conditions pédoclimatiques sont favorables

(2)Si les conditions d’interventions sont favorables et avec des passages réalisés sur adventices jeunes

Rotation et choix de la parcelle

Eviter les parcelles à risques

champ de soja

Le désherbage du soja peut être problématique dans certaines situations, particulièrement en bio. Le choix des parcelles en fonction de l'historique du salissement est primordial.

Proscrire le soja dans les parcelles dont le sol présente a priori un stock important de graines de morelle, chénopode, renouée, amarante, panic pied-de-coq, liseron, datura, Xanthium (lampourde).

 Diversifier les rotations

A l’échelle de la rotation, l’anticipation se traduit par le choix de cultures diversifiées, destinées à gêner au maximum la croissance et le développement des mauvaises herbes.

 

  • Privilégier des rotations longues et variées (alternance de cultures d’hiver, de printemps, d’été) en alternant, si possible, des cultures à grand et à faible écartement.
  • Introduire, si possible, des cultures étouffantes (triticale, orge d’hiver, association pois/céréale, chanvre, etc.) ou pluriannuelles dans la rotation (luzerne).
  • Eviter de semer le soja sur un précédent tournesol.
  • Eviter les retours fréquents de soja si la maîtrise des adventices est défaillante.

Déchaumage, labour, faux-semis

Déchaumer dès la moisson du précédent

Réalisé, au plus tôt juste après la moisson et, dans tous les cas, avant la grenaison des mauvaises herbes présentes durant l’été, le déchaumage vise à détruire des mauvaises herbes développées et à éviter toute augmentation du stock semencier. Il peut également stimuler la levée groupée de certaines espèces annuelles non dormantes ou à faible dormance et capables de lever jusqu’en fin d’été (bromes, ray-grass, amarantes, voire chénopodes), à la faveur d’un temps assez humide et doux.

Le déchaumage est impératif en présence d'ambroisie, en raison du risque allergisant du pollen.

  • Si les mauvaises herbes risquent de grainer après la récolte du précédent, déchaumer précocement en été.
  • Pour détruire les adventices à des stades avancés, privilégier les cultivateurs à dents rigides (type Smaragd) ou à socs larges et plats (type Horsch terrano).
  • Les déchaumeurs à disques indépendants (type Carrier) ou cover-crops sont moins efficaces et nécessitent des passages croisés.

Labourer pour ensevelir et épuiser les semences

Le labour élimine les adventices et les repousses de cultures installées et assure un enfouissement de près de 90 % des graines de l’année localisées en surface. En profondeur, les graines perdent leur viabilité au cours du temps, les graminées beaucoup plus rapidement que les dicotylédones. En revanche, le labour fait généralement remonter à la surface 35 % de graines anciennes encore viables (mais dormantes), enfouies au cours des années antérieures.

  • Il est conseillé de labourer lentement, en terre bien ressuyée, à 20-25 cm de profondeur.
  • Pour lutter contre les espèces annuelles dont les graines dépérissent rapidement dans le sol (bromes, vulpins, ray-grass, panics, sétaires, digitaires), un intervalle de 3 à 4 ans entre chaque labour est optimal.
  • Le labour n’est pas approprié dans le cas de dicotylédones aux levées printanières (amarantes, chénopodes, morelles, renouées, datura…).

picto soja bioEn agriculture biologique, les labours sont généralement retournés et non dressés car ils ont surtout une fonction de désherbage.

Pratiquer le faux-semis pour réduire le stock

Positionné(s) dans les 2 mois qui précèdent le semis du soja, le ou les faux-semis, à intervalle de 15 à 20 jours minimum, vise(nt) à obtenir un lit de semences aussi propre que possible et un salissement minimal de la culture. Un faux-semis se réalise en deux étapes : stimulation de la levée des mauvaises herbes par un travail du sol superficiel rappuyé, puis destruction. A long terme, la répétition annuelle de faux-semis participe à la réduction du stock semencier pour les cultures suivantes.

picto soja bioLe faux-semis est une opération culturale indispensable en agriculture biologique.

Après la reprise du labour, faire une première préparation superficielle avec un outil à dents (vibroculteur, herse plate, herse de déchaumage ou herse étrille), complétée par un rappuyage, dès les premiers signes de réchauffements.

Pour une bonne réussite des faux-semis, réaliser le travail du sol superficiel sur un sol ressuyé, de préférence avant une petite pluie, en visant une profondeur de travail régulière et voisine de 5 cm.

Laisser passer 15 à 20 jours puis renouveler l’opération en veillant toujours à maintenir une action superficielle pour ne pas remonter d’autres graines jusque là dormantes.

Détruire les dernières levées avant le vrai semis qui n’aura généralement pas lieu avant début mai.

Adaptation au type de sol

En sol argileux, mieux vaut démarrer tôt les préparations superficielles pour rendre le faux-semis efficace.

Dans certains sols (limons surtout), l’exercice du faux-semis est parfois délicat : l’affinement et l’absence de mottes peuvent en effet favoriser la battance. Il est donc important d’intervenir à bon escient et, dans tous les cas, en conditions parfaitement ressuyées.

Décaler la date de semis : en soja bio ou en présence d’adventices printanières difficiles

picto soja bioLa date de semis des cultures de printemps est un levier pouvant être mis à profit pour limiter la concurrence précoce des mauvaises herbes.

En effet, attendre suffisamment (mais pas trop pour ne pas compromettre le potentiel de rendement) permet de bénéficier de températures plus poussantes, favorisant une levée rapide et homogène du soja qui sera plus concurrentiel vis-à-vis des adventices.

D’autre part, retarder le semis du soja permet d’avoir préalablement le temps de réaliser le(s) faux-semis.
Enfin, le seul report de la date de semis permet de limiter une partie des levées des espèces capables de germer tôt en saison (renouées liseron par exemple).

Effet de la date de semis sur le salissement du soja

Effet de la date de semis sur le salissement du soja

  • Semer à partir de début mai. Dans les régions du Sud-Ouest et en Rhône-Alpes, le meilleur compromis entre la maîtrise du salissement et le maintien du potentiel de rendement semble se situer autour du 10-15 mai, à condition de disposer d’une précocité variétale adaptée au contexte.
  • En soja non irrigué, mieux vaut ne pas repousser au-delà du 15 mai.
  • En soja irrigué, le semis peut s’envisager jusqu’au 25 mai.
  • Semer le plus uniformément possible (vitesse lente, profondeur de semis constante), pour maximiser la pousse précoce du soja.