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Travail du sol pour l'implantation du colza : les vrai-faux du colza robuste

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Travail du sol pour l'implantation du colza : les vrai-faux du colza robuste
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    Modifié le : 27 juin 2023

    La réussite de l’implantation du colza est devenue une phase cruciale pour obtenir une culture robuste, à même d’exprimer son potentiel et peu sensible aux insectes d’automne. Pour parvenir à ces objectifs, la qualité de la structure du sol et du semis sont des éléments essentiels à l’atteinte de la robustesse du colza. Avec l’impact du changement climatique sur l’hétérogénéité des précipitations estivales, certaines idées reçues peuvent circuler au sujet de la gestion du travail du sol, Terres Inovia fait le point.

    Il ne faut plus travailler les sols en profondeur avant les semis de colza pour garder de la fraîcheur

     

    Le travail du sol n’est pas un tabou : il doit permettre d’obtenir une structure du sol favorable à un bon enracinement du colza si le sol est tassé. Il est donc préférable avant le semis de restaurer une qualité structurale optimale à l’enracinement du colza pour garantir sa robustesse plutôt que de remettre cette opération plus tard.

    Cependant, il faut veiller à ne pas faire de travail superflu pour préserver l’humidité : limiter la profondeur et le nombre d’interventions au strict nécessaire. Il faut donc bien diagnostiquer en amont pour décider et s’adapter aux conditions climatiques.

    Si le sol est travaillé, réaliser les différents passages le plus tôt possible après la récolte et en amont du semis, si possible avant les pluies et rouler.
    Le premier passage doit avoir lieu dans les 24h suivant la récolte du précédent, ce qui permet de bénéficier de l’humidité résiduelle et de maintenir les remontées capillaires, et donc de limiter le dessèchement des horizons plus profonds.

     

    La réussite du semis de colza commence après la récolte du précédent

     

    Oui toute anticipation est bonne mais l’anticipation des semis de colza commence dès l’implantation de la culture précédente. En effet, toute restauration/réparation de la qualité structurale entre 0 et 20 cm, si elle est anticipée dans l’interculture du précédent, laissera la possibilité de n’intervenir qu’en superficiel avant le colza, et de limiter les risques de pertes de fraicheur dans le sol. Il convient malgré tout de vérifier l’état structurale avant la récolte du précédent pour s’assurer du travail du sol à réaliser avant colza, notamment si les conditions d’implantation ou de récolte du précédent ont été faites en conditions humides.

     

    Le dernier passage de travail du sol doit être anticipé bien avant le semis pour garder de la fraîcheur

      

    Le travail du sol avant colza, qu’il soit superficiel ou plus profond, risque de favoriser les levées d’adventices et plus particulièrement des repousses de céréales de la culture précédente. Plus ces levées seront précoces, et plus ces dernières risquent d’assécher le sol en profondeur. Leur destruction doit donc être anticipée afin de maintenir le plus d’humidité dans le sol : éviter tout travail du sol dans les 15 jours avant semis pour favoriser la ré-humectation en cas de pluie. Le labour avant colza peut s’envisager dans de situations de sols plutôt légers à tendance limoneuse, qui limiteront la formation de mottes risquant de pénalisé la qualité de l’implantation du colza. Dans ces situations, selon les conditions d’humidité du sol, le labour peut être réalisé en anticipation après la récolte du précédent suivi d’un roulage, où juste avant le semis après une pluie significative.

     

    Le colza en semis direct est une technique très risquée, avec une réussite très aléatoire

     

    Le colza est adapté au semis direct :

    • s’il n’y a pas de risque limaces ou rongeurs,
    • si l’équipement permet un bon positionnement de la graine en présence de résidus,
    • si la structure du sol est poreuse et sans tassement sur profondeur d’enracinement du colza.

    Il convient donc de vérifier l’état structural et d’avoir des outils performants pour gérer les résidus pailleux (chasses paille et herse à paille pour répartir les résidus). Les semoirs à dents offrent dans la plupart des situations une meilleure réussite du semis, en positionnant la graine sous le mulch de paille, en contact avec la terre fine. Le mulch protège le sol et limite l’évaporation. L’absence de travail évite la germination des adventices, surtout des dicots, à condition de semer à vitesse réduite (<6 km/h). La croissance précoce est souvent plus lente, ce qui milite pour un semis plus précoce.

     

    Il ne faut pas semer une graine de colza à plus de 2 cm de profondeur pour réussir la levée 

     

    La semence doit être placée là où elle a le plus de chances de germer, en fonction de là où se situe la fraîcheur. Déclencher le semis avant une pluie permet de maximiser les chances de réussir la levée. Le choix de la profondeur de semis dépend de l’état d’humectation du sol :

    • En condition optimale d’humidité avec un sol frais très superficiellement, semer à 2 cm.
    • En sol sec sur 3-4 cm et frais en dessous, semer plus profondément, jusqu’à 4 cm, pour positionner la graine sur la zone fraîche. La jeune racine pourra croître dans une zone restée fraîche.
    • En sol sec sur 5 cm et plus, la graine germera dès que le sol sera réhumecté. La profondeur de semis est donc fonction de la quantité de pluie potentiellement annoncée :
      • Pluie annoncée de 10 mm et plus : semer à 2 cm de profondeur pour profiter d'une germination rapide.
      • Pas de pluie annoncée : semer à 4 - 5 centimètres pour attendre une pluie significative pour favoriser la germination.

     

    Même avec le risque de ne pas avoir assez d’eau, je ne modifie pas ma densité de semis 

     

    Il ne faut pas semer plus dense pour compenser les éventuelles pertes à la levée. La densité de peuplement est un critère essentiel pour obtenir un colza robuste. Une sous densité ne permet pas d’atteindre le rendement potentiel, surtout en sols à faible potentiel mais une sur densité favorise l’élongation, l’obtention de pieds chétifs et peu robustes, vulnérables aux dégâts de ravageurs et pénalise le rendement, surtout en sols à bon potentiel. Semer très dense en espérant garantir un peuplement suffisant en cas de dégâts est une stratégie très risquée et souvent perdante.

     

    En associant des plantes compagnes avec le colza, je limiterai les dégâts des insectes d’automne 

     

    Le colza associé à des légumineuses permet une croissance dynamique et continue à l’automne qui atténue les dégâts durant l’hiver et au printemps par les larves d’insectes d’automne : plus la croissance est soutenue, moins les larves parviennent à progresser vers l’aisselle des feuilles et le cœur des plantes et donc à perturber la croissance du colza. MAIS, si le nombre de larves est plus souvent réduit avec un couvert associé au colza, ce couvert doit être relativement développé pour jouer ce rôle d’atténuation du risque larvaire : il faut viser 300 à 500g/m² de couvert associé. Afin de garantir un effet sur les larves, Il ne suffit donc pas de semer les espèces en association, mais il faut réussir leur implantation et leur levée avec le colza.

     

    A RETENIR

    • Si elles sont optimisées, les pratiques d’implantation permettent de préparer les conditions essentielles d’un colza robuste : une levée précoce et homogène, des pieds vigoureux, une croissance dynamique et continue à l’automne et une reprise dynamique en sortie d’hiver.
    • Anticiper pour assurer un bon état structural avant l’implantation du colza restructurer le sol si nécessaire avant l’implantation de la culture précédent le colza , puis préserver la structure jusqu’à la récolte = moins d’intervention en profondeur à faire dans l’interculture du colza pour préserver au mieux l’humidité du sol avant le semis !
    • Observer l’état structural de son sol avant la récolte du précédent pour décider de travailler ou non, choisir le type d’intervention et optimiser la profondeur de travail du sol.
    • Optimiser le travail du sol :
      • Limiter le nombre de passages et de profondeur de travail au strict nécessaire pour gérer la structure du sol, les résidus du précédent ou les bioagresseurs.
      • En sol argileux et à texture équilibrée, travailler le sol au plus près de la récolte du précédent et éviter tout travail dans les 15j avant le semis pour favoriser la ré-humectation par les éventuelles pluies.
    • Eviter les surdensités de semis.
    • Positionner la graine au plus près de la zone la plus fraîche et à 5cm maximum.
    VRAI et FAUX

    Le colza associé à des légumineuses permet une croissance dynamique et continue à l’automne qui atténue les dégâts durant l’hiver et au printemps par les larves d’insectes d’automne: plus la croissance est soutenue, moins les larves parviennent à progresser vers l’aisselle des feuilles et le cœur des plantes et donc à perturber la croissance du colza. MAIS, si le nombre de larves est plus souvent réduit avec un couvert associé au colza, ce couvert doit être relativement développé pour jouer ce rôle d’atténuation du risque larvaire : il faut viser 300 à 500g/m² de couvert associé. Afin de garantir un effet sur les larves, Il ne suffit donc pas de semer les espèces en association, mais il faut réussir leur implantation et leur levée avec le colza.

    A RETENIR

    • Si elles sont optimisées, les pratiques d’implantation permettent de préparer les conditions essentielles d’un colza robuste : une levée précoce et homogène, des pieds vigoureux, une croissance dynamique et continue à l’automne et une reprise dynamique en sortie d’hiver.
    • Anticiper pour assurer un bon état structural avant l’implantation du colza => restructurer le sol si nécessaire avant l’implantation de la culture précédent le colza , puis préserver la structure jusqu’à la récolte = moins d’intervention en profondeur à faire dans l’interculture du colza pour préserver au mieux l’humidité du sol avant le semis !
    • Observer l’état structural de son sol avant la récolte du précédent pour décider de travailler ou non, choisir le type d’intervention et optimiser la profondeur de travail du sol.
    • Optimiser le travail du sol :
      • Limiter le nombre de passages et de profondeur de travail au strict nécessaire pour gérer la structure du sol, les résidus du précédent ou les bioagresseurs.
      • En sol argileux et à texture équilibrée, travailler le sol au plus près de la récolte du précédent et éviter tout travail dans les 15j avant le semis pour favoriser la ré-humectation par les éventuelles pluies.
    • Eviter les surdensités de semis.
    • Positionner la graine au plus près de la zone la plus fraîche et à 5cm maximum.

     

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