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Développement du bio dans les cultures oléoprotéagineuses : Terres Inovia booste la recherche et renforce son accompagnement auprès des agriculteurs

01 juil. 2021

Communiqué de presse

Hauts de France, le 30 juin 2021 – Le bio se développe dans les cultures oléoprotéagineuses. Alors que Terres Inovia est présent à Terr’Eau Bio, qui se tient les 30 juin et 1er juillet 2021 à Brie (Aisne), l’institut technique des huiles et protéines végétales fait le point sur ses axes de travail en agriculture biologique. Six mois après le lancement du programme Cap Protéines, mis en place en concertation avec le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation dans le cadre du plan France Relance, la recherche développement innovation en bio est dynamisée tant au niveau de l’évaluation variétale et de la conduite des cultures que dans les techniques de transformation. Y compris en Outre-Mer.

 

Le point sur les oléoprotéagineux cultivés en bio, en France aujourd’hui

Sur notre territoire, les oléoprotéagineux bio occupent 201 900 ha en 20191 , soit 35% des surfaces de grandes cultures biologiques (571 000 ha), à comparer à un peu moins de 25% en conventionnel. Cette proportion plus importante des cultures oléoprotéagineuses bio, dont les surfaces pourraient doubler d’ici la fin de la décennie, est cohérente avec une agriculture biologique fondée sur une forte diversification des cultures.

Dans le Sud, bastion historique des grandes cultures biologiques, les vagues de conversion restent soutenues. Avec en tête le soja et le tournesol, dont la conduite est bien maîtrisée et pour lesquels les agriculteurs recherchent des innovations pour optimiser leurs systèmes. Mais le pois chiche, la lentille et le lin oléagineux sont aussi en pleine expansion.

Au Nord, alors que les conversions avaient d’abord concerné le nord-ouest de la France, elles augmentent fortement dans le Grand Est depuis 2017. Les oléoprotéagineux majoritaires sont la féverole et le tournesol, et dans une moindre mesure, le pois. Le soja reste une culture de diversification même si la demande sur ces territoires se renforce. Dans ces 1 Source Agence Bio, mai 2020 nouveaux fronts de développement des grandes cultures biologiques, la demande d’accompagnement technique est forte.

 

Faire peu à peu sauter les verrous techniques

Le programme bio de Terres Inovia se déploie grâce aux mêmes métiers qu’en conventionnel : développer l’expérimentation en bio, cerner et hiérarchiser les besoins sur les cultures, caractériser les performances technico-économiques des oléoprotéagineux dans les systèmes de culture biologique en fonction des territoires, partager et diffuser les références acquises. Partant du constat que les oléoprotéagineux occupent une place importante en agriculture biologique, l’institut mobilise spécifiquement son expertise sur les cultures et leur insertion dans les systèmes, afin de faciliter la réussite des conversions et la performance des exploitations biologiques.

Terres Inovia identifie les verrous techniques qui entravent la mise en place des oléoprotéagineux bio et la bonne gestion des itinéraires de cultures grâce à des enquêtes régulières sur les pratiques culturales des agriculteurs biologiques et à des observatoires agronomiques dédiés.

L’institut acquiert des références sur les variétés bio de tournesol et de soja, de pois chiche, de féverole d’hiver et de printemps.

L’amélioration de certains points clés de l’itinéraire technique est essentielle pour garantir le maintien de la compétitivité des cultures. Terres Inovia teste depuis 2016 différents leviers pour améliorer l’implantation du colza, de façon à sécuriser sa réussite, d’abord en Occitanie puis dans le Grand-Est, et dans le cadre du projet SeColBio sur 2021 et 2022. Des tests dedésherbage du lin oléagineux sont conduits, ainsi que l’évaluation de produits de fertilisation sur la culture de tournesol, l’adaptation de la conduite du pois d’hiver en association sur la région Centre et des tests d’associations innovantes.

A travers ses guides de culture, le partage de références acquises au travers du groupe Proléobio, sa participation à des évènements régionaux bio, la valorisation des résultats obtenus et la poursuite de nombreux partenariats, Terres Inovia développe ses réseaux et partage ses résultats techniques.

 

Amplification et accélération grâce à Cap Protéines

Certaines des actions-déjà engagées par Terres Inovia s’avèrent particulièrement pertinentes pour répondre à l’enjeu de souveraineté protéique en agriculture biologique : haute technicité requise pour produire du colza biologique, forte demande de tourteau de soja bio, conduite de protéagineux bio en association avec des céréales, mise à disposition d’une offre variétale adaptée, production de tourteaux…C’est pourquoi le programme Cap Protéines, qui vise à donner aux producteurs de grandes cultures les outils techniques leur permettant d’accroître les productions nationales en protéines végétales, cible particulièrement ces points en agriculture biologique.

Cap Protéines permet ainsi de doubler les réseaux d’évaluation variétale bio en soja et en tournesol et d’envisager le transfert d’expertise et de contribution au montage du règlement technique pour des variétés adaptées à l’agriculture biologique. Plusieurs sujets travaillés en  conventionnel seront également précieux en bio, comme l’évaluation des variétés vis-à-vis de la résistance aux maladies de la féverole, du tournesol et du soja ou les travaux sur la vigueur et la résistance aux ravageurs du colza.

Du côté de la sécurisation des conduites de culture et de l’accompagnement des producteurs qui parient sur la culture du soja et du colza en AB, des parcelles d’observation sont mises en place, en lien avec des partenaires, dans les différents bassins de production. L’objectif : concevoir des tableaux de bord de suivi et de prise de décision pour mettre en place des cultures robustes, en co-conception et en partage avec les agriculteurs impliqués, selon une méthodologie déjà éprouvée par Terres Inovia dans le programme « Outillage », mais jamais appliquée aux cultures biologiques jusqu’à présent. Enfin, les réseaux d’acquisition de références sur la conduite de protéagineux en association avec des céréales sont étoffés etdes expérimentations sont menées.

Quant aux techniques de transformation, elles aussi sont passées au crible. Les tourteaux desoja constituent la principale source de matière riche en protéines pour les volailles biologiques. Afin d’accroitre la souveraineté protéique, l’institut va tester et transférer des procédés permettant l’utilisation de tourteaux de tournesol biologique en élevage avicole. Les techniques de décorticage-cuisson-pression seront optimisées au travers de plusieurs études afin d’accroitre les teneurs en protéines et réduire les teneurs en huile résiduelle trop élevées, qui constituent les verrous actuels.

Cap Protéines permet également d’étudier le renforcement de l’offre en protéines locales bio en Outre-Mer : l’évaluation de la faisabilité d’introduire une culture de soja bio, de sa transformation et de son utilisation à la Réunion, sera conduite sous le pilotage de l'Armeflhor avec l'appui d'experts de Terres Inovia et de Terres Univia.

Retrouvez Terres Inovia sur le stand B6 du salon Terr’Eau Bio, les 30 juin et 1er juillet à Brie (02)

 

Derniers chiffres (source : Terres Univia et Agence Bio 2020)

Surfaces bio sur l’ensemble du territoire français

  • Soja : 40 400 hectares de surface cultivées en bio en 2019, contre 8 200 en 2011.
  • Tournesol : 35400 hectares de surfaces cultivées en bio en 2019, contre 15 200 en 2011.
  • Colza : 11 700 hectares de surfaces cultivées en bio en 2019, contre quelques hectares en 2003 (période de démarrage des implantations en bio).
  • Lin oléagineux : 3997 hectares de surfaces cultivées en bio en 2019, contre quelques hectares en 2011(période de démarrage des implantations en bio)
  • Pois : 10823 hectares cultivés en bio en 2019, contre 4736 en 2011
  • Féverole : 17500 hectares de surfaces cultivées en bio en 2019, contre 11 000 en 2011.

Dans les Hauts-de-France

  • Soja : 20 hectares cultivés en bio en 2019
  • Colza : 877 hectares cultivés en bio en 2019, contre 87 en 2011
  • Tournesol : pas de cultures en bio en 2019 (31 hectares en 2018)
  • Pois : 261 hectares cultivés en bio en 2019, contre 105 en 2011
  • Féverole : 415 hectares cultivés en bio en 2019, contre 386 en 2011

Dans la région Grand-Est

  • Soja : 1912 hectares cultivés en bio en 2019, contre 150 en 2011
  • Colza : 2669 hectares cultivés en bio en 2019, contre 218 en 2011
  • Tournesol : 1287 hectares cultivés en bio en 2019, contre 272 en 2011
  • Pois : 1937 hectares cultivés en bio en 2019, contre 294 en 2011
  • Féverole : 701 hectares cultivés en bio en 2019, contre 305 en 2011
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