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Féverole : quelles sont les pratiques culturales ?

04 déc. 2019

Terres Inovia vient de réaliser la première enquête nationale sur les pratiques culturales de la féverole en 2018. Objectifs : décrire les pratiques des agriculteurs sur cette espèce, ses débouchés et son insertion dans les systèmes de culture. Près de 500 fiches ont été collectées, provenant des producteurs des cinq grands bassins de production de l’Est, la Normandie, le Nord, le Centre, l’Ouest et le Sud-Ouest.

La première enquête sur les pratiques culturales des producteurs de féverole est riche d’enseignement sur le développement de la culture dans les parcelles, autant que sur leurs itinéraires techniques.

Intérêts agronomiques

Les producteurs de féverole mesurent tout l’intérêt agronomique de féverole dans leurs assolements. L’alimentation animale constitue son premier débouché et contribue à l’autonomie protéique des élevages. Cependant, son utilisation en tant que plante de service dans des couverts en interculture ou en association avec du colza occupe une place importante qui croît depuis quelques années.

Répartition géographique

Cette enquête a permis de mettre en évidence une répartition géographique très différente entre féverole d’hiver et féverole de printemps. La féverole d’hiver est surtout présente dans les bassins Sud-Ouest, Ouest et Centre alors que celle de printemps est plutôt cultivée dans l’Est, la Normandie et le Nord.

Itinéraires techniques

Le type de féverole conditionne l’itinéraire technique pratiqué dans les différents bassins. Ainsi, on utilise moins d’herbicides et d’insecticides mais davantage de fongicides sur féverole d’hiver car elle ramifie plus et est moins exposée aux insectes, du fait de sa date de semis en octobre- novembre. En revanche, elle est plus sujette aux maladies (botrytis en particulier). Les préconisations pour les deux types de féverole sont dans l’ensemble assez bien suivies. Cependant, on constate, en féverole d’hiver notamment, qu’un quart des surfaces sont en surdensité, ce qui augmente fortement le risque maladie. L’itinéraire technique est également certainement lié aussi à l’utilisation qui est faite de la féverole.

Pour la féverole d’hiver, principalement dans les zones où l’élevage est développé et où les associations de cultures avec de la féverole sont assez pratiquées (Sud-Ouest, Ouest et Centre), la conduite de la culture est assez extensive et il y a peu de semences certifiées achetées. En revanche, dans les bassins Est, Normandie et Nord, la féverole de printemps, qui est souvent livrée à un organisme collecteur, bénéficie de pratiques culturales plus intensives et les semences utilisées sont plus souvent certifiées.

A la recherche de rendements

Il faut réserver la féverole à des sols profonds et à réserve utile élevée si l’agriculteur recherche un rendement élevé. Il est également important de semer tôt la féverole de printemps (fin février-début mars) dans des sols bien ressuyés pour éviter les fortes chaleurs du début de l’été et maximiser les rendements.

En résumé

Enfin, cette enquête a permis d’inventorier les rendements et les marges indicatives annuelles de la féverole par rapport à d’autres grandes cultures présentes dans les assolements.

Cette approche confirme que l’intérêt économique de la féverole à court terme (marge à l’année) ne ressort pas comme un argument majeur pour la cultiver. C’est principalement grâce à ses atouts agronomiques, sa qualité de précédent et à l’échelle de la rotation ainsi que ses débouchés spécifiques et originaux (alimentation animale en consommation à la ferme, production de semences pour couverts) que la féverole est aujourd’hui présente dans les assolements.

 

Véronique Biarnès (v.biarnes@terresinovia.fr)

Vincent Lecomte (v.lecomte@terresinovia.fr)

Dominique Wagner (d.wagner@terresinovia.fr)

 

Consultez l’enquête des pratiques culturales en pièce jointe

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