Destruction d’un essai agronomique à Saint-Exupéry (Rhône) : un acte de vandalisme violent et absurde

25 juin 2019

Dans la nuit du 20 au 21 juin 2019, une plate-forme agronomique située près de Saint-Exupéry (Rhône) a été saccagée par des Faucheurs volontaires. Il s’agit de deux essais sur tournesol menés par Terres Inovia, l’institut technique de la filière des huiles et protéines végétales, et le CREAS (Centre Régional d’Expérimentation Agricole Satolas), visant à conseiller les agriculteurs de la région. L’un concerne les pratiques de désherbage. Il avait pour objectif de réduire l’utilisation de produits phytopharmaceutiques. L’autre est un essai de variétés de semences.
Ces deux essais utilisent des solutions homologuées et autorisées. Ils entrent dans le cadre de l’agroécologie. Ils permettent aux agriculteurs de trouver des solutions innovantes pour lutter contre l’ambroisie, plante invasive et fortement allergène pour la population. L’ambroisie qui est de la même famille botanique que le tournesol colonise et pollue les parcelles jusqu’à rendre impropre la moisson. Dans ce contexte particulier de l’ambroisie qui touche particulièrement les départements du Rhône, de la Drôme, de l’Isère ainsi que toute la Vallée du Rhône, les producteurs ont besoin de solutions de désherbage et de variétés de semences adaptées aux conditions pédoclimatiques locales.

Un acte anti-agronomique

Le tournesol est une plante particulièrement bénéfique pour l’environnement et adaptée à la région. Elle est essentielle pour les bonnes pratiques agronomiques en permettant de diversifier les rotations de cultures. Elle demande peu d’engrais, peu de traitements phytosanitaires, et peu d’eau. Elle favorise également la biodiversité en nourrissant les abeilles.

A la demande des agriculteurs, Terres Inovia conseille ceux-ci et teste l’ensemble des variétés disponibles sur le marché français. Sur l’essai détruit, une seule des variétés testées est tolérante à un herbicide. Cette variété est issue de la mutagénèse, une technique développée par l’INRA depuis plus de 50 ans et utilisée aussi bien au bénéfice de l’agriculture biologique que conventionnelle. Les Faucheurs volontaires qui contestent l’utilisation de ces variétés vont à l’encontre du dernier arrêt de la Cour de Justice de l’Union Européenne en date du 25 juillet 2018. Ce dernier affirme que celles-ci n’entrent pas dans le champ de la directive 2001/18 sur les OGM car elles sont « traditionnellement utilisées pour diverses applications » et leur « sécurité est avérée depuis longtemps ».

Le métier d’agriculteur nécessite des compétences agronomiques pointues et une haute technicité. Il ne peut être figé dans ses pratiques et doit toujours s’adapter aux évolutions climatiques, agronomiques ainsi qu’aux attentes de la société. Les agriculteurs se mobilisent pour cela au travers de leurs instituts techniques, comme Terres Inovia, et d’associations locales d’expérimentation agronomique comme le CREAS. Aussi le développement de la recherche et de l’innovation dans chaque territoire est une nécessité pour permettre aux producteurs de produire en respectant toujours davantage l’environnement.

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