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Désherbage mécanique ou mixte de la féverole

La féverole peut être désherbée mécaniquement (en complément du désherbage chimique en conventionnel), d’autant que cette culture supporte bien le désherbage mécanique. Celui-ci complète bien entendu les mesures préventives prises en amont. Ce désherbage permet de limiter la croissance des adventices jusqu’à couverture du sol par la féverole, il permet aussi de limiter sur le salissement de fin de cycle auquel la féverole est sensible.

Féverole binée.

Féverole binée.

Les différents matériels de désherbage mécanique (herse étrille, houe rotative, bineuse), peuvent être utilisés seuls ou en combinaison sur la féverole, selon les stades préférentiels d’utilisation de ces outils.

Quand intervenir sur la féverole ?

On peut passer en prélevée ou bien entre le stade 2 feuilles et le début floraison de la féverole. Le risque de casse de tiges est toutefois plus important à partir du stade 7-8 feuilles sur féverole d’hiver (nombreuses ramifications). La herse étrille ou la houe sont également sélectives jusqu’au stade début floraison.

La bineuse est à privilégier, sous réserve que l’écartement entre rangs l’autorise (35-40 cm minimum). Le binage permet de lutter tout particulièrement contre les vivaces et les adventices à pivot (exemple de la moutarde).

Période d'intervention des outils mécaniques dans féverole

Stratégies de désherbage mécanique de la féverole

Il est conseillé d’intervenir tôt quand les adventices (principalement dicotylédones) sont jeunes avec un faible système racinaire (stade "fil blanc"). Le désherbage mécanique est efficace sur dicotylédones, mais est mal adapté à la gestion des vivaces.

Les différents outils et leur utilisation

Outil Quand ? Comment ? Remarques
Herse étrille En prélevée, à l'aveugle.
En post-levée, après le stade 3 feuilles.
A 2 à 3 cm de profondeur (il faut avoir semé de façon régulière pour obtenir une levée homogène), dents souples.
Vitesse : pas de limite en prélevée ; 2 km/h après le stade 3 feuilles.
Le bon enracinement de la féverole lui permet de repartir même si elle est couchée et un peu recouverte de terre. Si la plante est un peu abîmée, la ramification à la base du pied lui permet de repartir.
Houe rotative En prélevée et à partir du stade 2 feuilles, jusqu'au stade 6 feuilles. Régler l'agressivité en fonction du stade.
Vitesse : 10-12 km/h.
Utiliser sur sol battant, où la herse étrille n'est pas assez efficace. Possibilité de passage précoce en cas de salissement prématuré.
Bineuse A partir du stade 2-3 feuilles Avec éventuellement des protège-plants ou des lames Lelièvre. Période d'intervention plus importante et efficacité moins dépendante des stades de développement des adventices. Le binage sera privilégié en cas de salissement important.
Au stade 4-8 feuilles Avec des socs butteurs ou des doigts souples pour limiter l'enherbement sur le rang.
Ecartement entre rangs : à partir de 30 cm.

Source : CasDAR Désherbage mécanique

La réussite des interventions de désherbage mécanique

Elle dépend :

  • du sol (type, humidité…),
  • du climat (nombre de jours sans pluie avant et après l’intervention),
  • des adventices (espèces et densité),
  • du matériel (réglage, type, vitesse, profondeur).

Le désherbage mixte de la féverole : combiner les techniques pour maximiser l’efficacité

Le désherbage mixte de la féverole (Challenge + Nirvana en prélevée à doses modulées (resp. 1,5 l/ha et 2 l/ha) complété par un ou deux passages de herse étrille (HE) ou de houe rotative (HR) entre 2 et 7 feuilles) présente une très bonne efficacité (qui approche les 100%). En année climatique normale, cette efficacité est comparable à celle du désherbage chimique de prélevée seul à pleine dose. En année sèche, les outils mécaniques déchaussent assez bien les mauvaises herbes, sans repiquage par la suite, et dessèchent encore plus le sol, limitant la pousse des adventices. Ainsi, en année sèche, le désherbage mécanique compense bien l’efficacité moyenne du désherbage chimique de prélevée, puisque le manque d’humidité n’a pas été favorable à l’action des herbicides. D’autre part, l’efficacité du mécanique seul était convenable mais insuffisante. Ainsi, cette complémentarité chimique - mécanique est bénéfique et permet d’être moins dépendant des conditions climatiques.

Résultats de désherbage mixte obtenus en année climatique normale

Résultats de désherbage mixte obtenus en année climatique normale sur féverole

En outre, nous distinguons une différence entre l’utilisation de la houe rotative et de la herse étrille. Cette dernière en effet présente des efficacités globalement meilleures, toujours sur adventices très jeunes.

Dans l’ensemble des conditions testées, le désherbage mixte s’avère donc une solution intéressante, qui permet un rattrapage d’une prélevée peu efficace tout en limitant l’IFT et en étant intéressante économiquement. Elle permet d’obtenir des résultats intéressants même en présence de vulpin.

Les efficacités des 3 années d’essais sont représentées dans le graphique ci-dessous. Les années 2017 et 2018 ont connu un printemps plutôt sec, par rapport à l’année 2016, plutôt normale en ce qui concerne la météo lors du début du cycle de la féverole de printemps. Cette distinction explique en partie les résultats obtenus.

Efficacités et coûts d'itinéraires de désherbage chimique, mécanique et mixte

Efficacités et coûts d'itinéraires de désherbage chimique, mécanique et mixte sur féverole

La herse étrille a une efficacité sur les adventices globalement supérieure à celle de la houe rotative.

A un stade avancé de la culture (7 feuilles par exemple), l’efficacité est faible à nulle ; il faut donc privilégier un passage d’outil aux stades jeunes.

Les modalités mixtes, en particulier pour les années sèches, sont celles qui présentent l’efficacité la plus intéressante. En effet, les outils mécaniques viennent compléter les efficacités du désherbage chimique de prélevée qui n’est pas toujours à 100%, particulièrement lorsque la pluviométrie est faible. Cela permet donc un rattrapage.

La comparaison des coûts des différentes stratégies montre que le désherbage mixte a un ratio efficacité / coût accru mais que le temps de travail a augmenté de 15 à 20 min/ha.

Coûts et temps de travail d'itinéraires de désherbage chimique, mécanique et mixte

Coûts et temps de travail d'itinéraires de désherbage chimique, mécanique et mixte

Pour ces calculs, les hypothèses de matériel, de coût et de temps de travail sont les suivantes :

  • Challenge à 21 €/l
  • Nirvana à 19,5 €/l
  • Pulvérisateur trainé 24m, 2500 l, rampe tout équipée, utilisé à 800 ha/an : coût 9€/ha et temps de travail à 7,5 min/ha
  • Herse étrille portée de 12 m repliable hydraulique utilisée 200 ha/an avec un tracteur de 120 CV utilisé 700 h/an : coût de 9,3 €/ha et temps de travail à 7,5 min/ha
  • Houe rotative 6 m avec 2 rangs d'étoiles, roues pleines, portée, repliage hydraulique, utilisée 225 ha/an avec un tracteur de 120 CV utilisé 700 h/an : coût de 9,7 €/ha et temps de travail à 10 min/ha

La source utilisée est le barème APCA 201. Ces coûts totaux intègrent le coût de la main d'œuvre horaire, le coût du carburant et l'amortissement du matériel (tracteur et outil). Le temps de remplissage du pulvérisateur est inclus.

Si les modalités de désherbage uniquement mécanique présentent le coût le plus faible malgré les 3 passages, ce sont celles qui nécessitent le plus de temps de travail, en particulier pour la houe rotative dont le débit de chantier est plus faible à cause de sa faible largeur. A l’inverse, si les modalités tout chimique sont les moins chronophages, leur coût est assez élevé et il est le plus fort pour la modalité chimique 2 qui est à la dose pleine, en raison des prix des produits. Les modalités mixtes (chimique allégé + mécanique) ont un coût élevé (le coût du chimique 1 plus le coût de 2 passages mécaniques) mais une efficacité et un gain environnemental (IFT) intéressants. Le temps de travail n’est pas plus élevé que celui des modalités mécaniques respectivement par type d’outil (herse étrille et houe rotative).

Mais aussi

Le désherbage mixte est également envisageable avec du binage, pour une féverole semée au semoir monograine à grand écartement (45 cm). Il est alors intéressant de localiser sur le rang la pulvérisation d’herbicides, soit en herbisemis avec des herbicides de prélevée, soit en postlevée avec une rampe localisée, de type Maréchal par exemple. Cela permet non pas de réduire la dose employée (risques de sélection de populations résistantes) mais de réduire les surfaces traitées (et donc les coûts herbicides et l’IFT).

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