Phase végétative

Identifier et lutter contre les chenilles défoliatrices

Identifier les chenilles défoliatrices 

Le soja abrite plusieurs chenilles défoliatrices dont la vanesse de l'artichaut (Vanessa carduii) et la noctuelle de la tomate (Heliothis armigera). Au cours de leur développement ces chenilles peuvent occasionner une dégradation poussée du feuillage. Leur nuisibilité est généralement faible sur soja, sauf ponctuellement en cas de pullulation. Heliothis armigera peut aussi attaquer les gousses.  

Chenilles

Vanessa cardui : vanesse du chardon ou artichaut 

Bien que spectaculaires, les attaques de larves de vanesse sont le plus souvent sans incidence, sauf en cas de pullulation. Les chenilles dévorent les tissus foliaires, généralement avant la floraison. Le midi de la France et plus généralement le Sud rencontrent fréquemment ce ravageur. Des vols spectaculaires avec pullulation ont cependant pu être observés à plusieurs reprises au cours des 20 dernières années. 

Vanesse

 Les vanesses adultes sont des papillons de grande taille aux ailes fauve orangé ponctué de taches noires et blanches.  Les larves, causant des dégâts à la culture du soja, sont des chenilles dont le corps est entièrement garni de poils (cela les distingue visuellement des heliothis). Elle possède des bandes noires dorsales et des tâches jaunes sur les flancs.

On observera les larves vanesses dans les sojas à partir des premières feuilles trifoliées pour la 1ère génération, puis en juillet-Août pour la 2nde génération.

Helicoverpa armigera- Heliothis 

La noctuelle de la tomate, Helicoverpa armigera ou encore dénomée Heliothis armigera, est l’une des espèces les plus polyphages (cultures légumières, maïs, sorgho, pois-chiche,etc.) et cosmopolites parmi les bio-agresseurs des cultures.  

Soja noctuelle

Les premiers vols de ce papillon nocturne, surtout présent dans le Sud de la France, sont détectés à partir de mai et se poursuivent jusqu’en octobre (plusieurs générations successives et longues migrations). 

Au début peu visible, les larves plus âgées mesurent de 3 à 4 cm, et sont de couleur très variable jaune à verte. Au terme de leur développement, elles s’enfoncent en profondeur dans le sol pour entrer en diapause jusqu’au printemps. 

Les vols d’Heliothis ne sont pas réguliers et difficiles à anticiper. Les températures élevées favorisent leur apparition et intensifient leur pression. Le stade de la culture n’influence pas le choix de l’heliothis pour sa plante hôte (pas de lien floraison / arrivée des heliothis)

Seule l’observation régulière en cours de culture et la pose de piège à phéromones, permettent de repérer les vols d’heliothis et ainsi de déclencher un traitement sur les chenilles encore jeunes et peu nombreuses. 

Lutter contre les chenilles phytophages du soja 

Les solutions à base de bactéries Bacillus thuringiensis var. kurstaki ou Bacillus thuringiensis var. aizawai (usage « traitements généraux et traitement des parties aériennes de chenilles phytophages ») sont efficaces sur les jeunes chenilles de noctuelles défoliatrices comme Helicoverpa armigera (stades larvaires 1 et 2) et autorisées en agriculture biologique.  

Exemples : 

  • Dipel DF® 1,0 kg/ha - 28 €/ha - Bacillus thuringiensis var. kurstaki ; 
  • XenTari® 1.0 kg/ha - 32 €/ha - Bacillus thuringiensis var. aizawai. 

Helicovex® est un insecticide à base de baculovirus utilisable en agriculture biologique qui doit être positionné sur les œufs et jeunes larves (stade larvaire 1) d’Helicoverpa armigera. 

Et s’utilise à 0.2 l/ha – 39 €/ha (usage soja « traitement des parties aériennes chenilles phytophages ») 

Les solutions à base de Bacillus thuringiensis auront également une efficacité sur vanesses mais celle-ci sera moindre que sur Helicoverpa armigera.