Début de cycle

Les maladies de début de cycle de la lentille

L'aphanomyces

Aphanomyces est due à un pathogène tellurique (Aphanomyces euteiches) ; les spores flagellées se déplacent dans l’eau libre du sol, et colonise les racines des lentilles, entrainant une pourriture du système racinaire (racines molles et brunes puis desséchées). En végétation, la maladie s'exprime le plus souvent sous forme de foyers dans lesquels les plantes sont nanifiées et/ou jaunissantes.

Outre le pois et la lentille, d’autres légumineuses sont plus ou moins sensibles à aphanomyces, et multiplient l’inoculum.

Il n’existe pas de moyen de lutte contre cette maladie. La prévention doit ainsi se faire à l’échelle de la rotation, en espaçant d’au moins 5 ans deux cultures sensibles.

Espèces non-hôtes ou très résistantes :

Féverole, lupin, soja, pois chiche, fenugrec, lotier, sainfoin

Espèces sensibles :

Lentille, luzerne, gesse

Espèces présentant des variétés résistantes et des variétés sensibles

Espèce Variétés totalement
résistantes
à très résistantes
(INR⩽1)
Variétés
partiellement
résistantes
à sensibles (INR>1)
Trèfle Trèfle d’Alexandrie
(T. alexandrinum)
Maremma, Polaris,
Sacromonte, Tabor,
Tigri
 
Trèfle hybride
(T. hybridum)
Aurora  
Trèfle incarnat
(T. incarnatum)
Bolsena, Carmina,
Cegalo, Contea,
Diogene, Kardinal,
Tardivo, Trincat
 
Trèfle violet
(T. pratense)
Diplo, Formica,
Lemmon, Lestris,
Merviot
Larus, Mistral
Trèfle blanc
(T. repens)
Aber daï, Aberace,
Giga, Lune de Mai,
Tara
Abercrest,
Abervantage,
Alberta, Aran,
California,
Grasslands demand,
Grasslands
Huia, Grasslands
Tahora, Ladino,
Luclair, Seminole,
Menna, Merwi,
NFG Gigant, Régal,
Rivendel, Sonja,
Podkowa
Trèfle de Perse
(T. resupinatum)
Ciro, Laser Lightning
Vesce Vesce commune
(V. sativa)
Aneto, Ardente,
Capucine, Caravelle,
Catarina, Corail,
Malachite, Marine,
Melissa, Mikaela,
Nacre, Pepite,
Scarlett, Topaze, Vigile
Amethiste,
Barvicos, Beta,
Candy, Caribou,
Cristal, Delphi,
Granit, Jade,
Nikian, Opale,
Platine, Rubis,
Safran, Spido,
Spinelle
Vesce pourpre
(V. benghalensis)
  Barloo, Bingo,
Popany
Vesce velue
(V. villosa)
  Hungvillosa, Massa,
Savane, Villana


Afin de savoir si une parcelle est infestée, il est important de réaliser un test aphanomyces.

Ce test consiste en un prélèvement de terre à réaliser sur la parcelle ; cet échantillon doit ensuite être adressé à un laboratoire pour analyse. Le résultat se présente sous la forme d’une note allant de 0 à 5 : si la note de PI est inférieure à 1, la lentille peut être cultivée. En cas de printemps très humide, des ronds jaunes pourraient apparaitre, mais l’impact sur le rendement sera faible. Si la note de PI est supérieure à 1, il est déconseillé de cultiver une lentille, l’impact du pathogène sur le rendement pouvant être important.

Pour plus de renseignements sur le prélèvement, se reporter à la fiche « Aphanomyces – test prédictif de potentiel infectieux »

L’ascochytose

L’ascochytose (Ascochyta lentis) est la maladie la plus préjudiciable à la lentille.

Elle se développe sur les feuilles, les tiges et les gousses sous forme nécroses brunes. Des pycnides sont souvent visibles au centre des lésions. Une attaque précoce et importante peut entrainer la chute prématurée des feuilles et le dépérissement des jeunes plantes. Une attaque importante au cours de la floraison peut entrainer l'avortement des fleurs et des gousses, impactant alors le rendement.

La maladie est favorisée par les printemps chauds et pluvieux.

Nuisibilité

Elle peut être importante en cas d’attaque précoce ou de développement rapide de la maladie.

Méthode de lutte

Assurer une protection préventive avec un intervention à début floraison. En cas d’attaque précoce, intervenir dès les premiers symptômes.

Intervenir avec Amistar 0,5 l/ha (azoxystrobine) + Prosaro 0,5 l/ha (prothioconazole + tébuconazole).

N.B : Les semis trop denses amplifient le phénomène.

Les maladies racinaires

La lentille est très sensible aux maladies racinaires.

Pythium et fusarium sont responsables de nécroses racinaires et de jaunissement des parties aériennes.

La gestion se fait à l’échelle de la rotation : respecter un délai de retour d’au moins 5 ans entre deux cultures de lentille, et semer dans de bonnes conditions.

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