Le pois chiche est exclusivement destiné à l'alimentation humaine. Pour garantir la productivité de cette légumineuse, il est essentiel de respecter certaines règles de base lors de l'implantation.
Bien choisir sa parcelle
Le pois chiche est une légumineuse à cycle court, d'environ 5 mois dans nos régions, et il s'adapte à de nombreux types de sols, y compris les sols secs, car il résiste bien au manque d'eau. Son port érigé lui permet de s'implanter facilement même sur des parcelles caillouteuses, ce qui facilite grandement la récolte.
Il est néanmoins important d’éviter :
• Les sols hydromorphes, car le pois chiche est sensible aux excès d'eau et à l'asphyxie racinaire.
• Les sols froids et les limons battants, qui retardent et entravent la levée des graines.
• Les sols profonds et riches, qui favorisent un développement végétatif excessif.
• Les parcelles avec un stock important de mauvaises herbes, notamment la morelle, le xanthium ou le datura, dont la présence à la récolte peut entraîner un déclassement des graines, étant donné que le pois chiche est destiné à l'alimentation humaine.
• Il est déconseillé d'implanter des pois chiches sur la même parcelle avant une période d'au moins 5 à 6 ans pour éviter tout risque de maladies, telles que la fusariose ou l'ascochytose.
Prioriser la qualité et la rapidité d’implantation
Bien que la période recommandée pour le semis dans la région s'étende du 15 février au 15 mars, il est crucial de ne pas se précipiter pour réaliser le semis. Il est important de rappeler que la fenêtre de semis peut s'étendre jusque début avril. En cas de conditions climatiques défavorables, il est vivement recommandé de reporter le semis afin d'implanter la culture lorsque la parcelle est suffisamment ressuyée et réchauffée. Il est à noter que la température du sol, à la profondeur de semis, doit être supérieure à 7°C pour assurer une bonne germination. De plus, l'humidité du sol doit être suffisante pour favoriser une inhibition efficace de la graine.
Il est recommandé de semer entre 4 et 5 cm de profondeur. Pour viser 50 plantes/m² levées, il est conseillé de semer environ 65 à 70 graines/m² avec un semoir à céréales, tandis qu'avec un semoir monograine, il est préférable de semer environ 55 graines/m².
Ascochytose : attention à la provenance des graine semées
L'ascochytose (anciennement anthracnose) est la principale maladie du pois chiche. Pendant la croissance, des stratégies de lutte basées sur l'utilisation de fongicides peuvent être envisagées dès l'apparition des premiers symptômes, généralement autour de la floraison. Cependant, étant donné que cette maladie est principalement conservée sur les graines, réutiliser des graines contaminées comporte un risque élevé. En effet, cela expose les plantes à une contamination primaire dès la levée, entraînant des pertes de rendement estimées entre 25 et 75%. Il est donc conseillé de privilégier les semences certifiées, puisque ce critère est contrôlé.
Fertilisation
Le pois chiche est une légumineuse à graines. Comme toutes les espèces de cette famille, le pois chiche a besoin de former une symbiose avec un rhizobium pour satisfaire pleinement ses besoins en azote.
Les bactéries nécessaires pour établir cette symbiose ne sont pas naturellement présentes dans tous les sols français, et actuellement, il n'existe pas d'inoculum homologué spécifique au pois chiche sur le marché français.
Nodosités sur pois chiche
Photo : Quentin Lambert – Terres Inovia
Dans nos régions, la formation de cette symbiose est incertaine. Pour vérifier correctement l'établissement de la symbiose, il est recommandé de contrôler la formation des nodosités six semaines après la levée. Pour ce faire, il est nécessaire de prélever les plantes à l'aide d'une bêche afin d'examiner l'ensemble du système racinaire et les éventuelles nodosités. Celles-ci présentent un aspect blanchâtre et rouge vif en coupe transversale. En cas d'absence de nodosités, il est envisageable d'appliquer un apport d'azote dans les régions où cela est autorisé par un arrêté préfectoral. En région Bourgogne- Franche-Comté, dans ces situations, l’apport est plafonné à 50 kg d’azote minéral/ha.
Pour la fertilisation de fond, il convient de noter que le pois chiche est une culture moyennement exigeante. Pour un rendement oscillant entre 20 et 30 quintaux par hectare, il exporte environ 15 à 20 unités de P2O5 et 15 à 20 unités de K2O.