Remplissage des gousses

Diagnostiquer les maladies aériennes de la féverole au remplissage des gousses

maladies de la féverole : ascochytose, botrytis, rouille, milidiou

L’ascochytose

Sclérotinia sur gousses de féverole

Symptômes d'ascochytose sur gousses.

L’ascochytose (anciennement appelée anthracnose) est causée par un champignon, Ascochyta fabae. Les premiers symptômes sont des taches plus ou moins diffuses, de couleur brun-cendré et peu nombreuses par feuille. Elles évoluent le plus souvent en ‘coulures’ au pourtour brun-noir. Le centre de ces taches devient rapidement clair avec de nombreuses ponctuations noires (les pycnides, organes de fructification). Ce centre clair se nécrose allant parfois jusqu’à trouer les feuilles. Sur les tiges, des lésions du même type mais plus allongées peuvent se développer et provoquer des cassures. Sur gousses, des nécroses circulaires de plusieurs millimètres, de couleur brun noir et à centre clair sont visibles. Dans les cas les plus graves, les gousses attaquées éclatent, les grains infectés se recouvrent de nécroses brun rouge.

La maladie apparait le plus souvent sous forme de foyers dans la parcelle. Elle est favorisée par une humidité élevée et des températures fraiches (10-15°C). En cas de forte attaque, l’ascochytose peut entraîner jusqu’à 10 q/ha de perte de rendement). Cette maladie aérienne peu fréquente est surtout observée dans le sud de la France ou en agriculture biologique.

Ne pas confondre les symptômes d’ascochytose avec des symptômes de botrytis.

Dans le cas de l’ascochytose, il y a rarement plus de 2 taches sur une feuille. Celles-ci sont pourvues de pycnides (points noirs).

Dans le cas du botrytis, le feuillage est couvert de taches beaucoup plus nombreuses qui en se regroupant vont faire de grandes plages nécrotiques dépourvues de pycnides.

Le botrytis

Le botrytis est une maladie aérienne, provoquée par un champignon, Botrytis fabae. Les plantes atteintes présentent de très nombreuses petites taches brun-chocolat de 2 à 3 mm de diamètre qui s’accroissent pour former des taches rondes ovales bien délimitées, entourées d’un halo foncé. Ces taches évoluent, deviennent coalescentes et peuvent nécroser entièrement les feuilles, entrainant leur chute prématurée. Sur tige, des symptômes du même type mais plus allongés apparaissent. Sur gousses, les symptômes sont plus rares mais en cas de fortes attaques, des nécroses marron-rouge peuvent être observés. La maladie est favorisée par une humidité élevée et des températures supérieures à 20°C. Elle est très fréquente et est observée dans tous les bassins de production. La nuisibilité peut-être très élevée en cas de forte attaque précoce.

Surveillez régulièrement la culture pour raisonner la protection fongicide.

La rouille

La rouille (Uromyces fabae) se développe sur le feuillage sous la forme de pustules brun-rouge auréolées d’un anneau plus clair. Lorsque les conditions climatiques sont favorables (temps chaud >20°C et humide) la rouille peut recouvrir, parfois très rapidement, la totalité des feuilles et parfois des tiges, provoquant un dessèchement prématuré des plantes. C’est une maladie fréquente et très préjudiciable. Elle peut entraîner jusqu’à 50 % de pertes de rendement (25 à 40 q/ha) lorsque l’attaque est précoce et importante, et qu’aucun traitement n’est réalisé.

La rouille peut apparaitre dès le mois de mai dans le sud et à partir de fin mai dans le nord et l’ouest de la France. Surveillez régulièrement la culture pour raisonner la protection fongicide. Traiter dès l’apparition des premières pustules, et jusqu’à fin juillet, avec un produit efficace contre la rouille et en prenant en compte le délai avant récolte (DAR).

Le mildiou

En fin de persistance du traitement de semences (Wakil XL à 0,1 kg/q), des contaminations secondaires peuvent apparaître. On observe alors des zones décolorées sur la face supérieure des feuilles et un feutrage mycélien gris-blanc sur la face inférieure. Les zones touchées finissent par se dessécher. Le mildiou se déclare essentiellement lorsque les températures sont fraîches (5-18°C) et le temps humide et couvert. Cette maladie est souvent peu nuisible. Les traitements en végétation manquent d’efficacité et ne bénéficient donc pas d’une autorisation (AMM).

Le sclérotinia

Cette maladie est provoquée par un champignon, Sclerotinia sclerotiorum. Une pourriture vert foncé-marron se développe sur la tige, à l’intérieur de laquelle un mycélium blanc duveteux et des sclérotes noirs peuvent être observés. Les plantes flétrissent puis se dessèchent. La maladie attaque fréquemment de nombreuses autres cultures dont le tournesol et le colza, mais est très rare sur féverole. Elle s’observe le plus souvent sur quelques plantes isolées au sein de la parcelle et n’est donc pas nuisible.

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