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Le pois : atouts économiques

La culture d'une légumineuse comme le pois a des effets bénéfiques sur le rendement et la nutrition azotée des cultures suivantes dans la rotation. Les charges en intrants du système de culture (engrais azoté, herbicides et fongicides) sont diminuées. Des calculs de marges à l’échelle de la rotation ont montré qu’introduire un pois peut être rentable.

  

Effet précédent

Gain de rendement : le pois est l’un des meilleurs précédents du blé et du colza. Un blé tendre ou un blé dur après un pois produit 6 à 12 q/ha (7,4 en moyenne) de plus qu’un blé de blé (moyennes pluriannuelles observées dans différentes grandes régions du nord de la France). Un colza après pois produit entre 0,5 et 3 q/ha de plus qu’un colza après paille.

Doses d’azote réduites : -20 à -60 kg/ha d'azote sur les céréales à pailles ou le colza qui suivent un pois pour un rendement similaire ou amélioré. Cela permet une baisse de charge liée au poste fertilisation.

  

Des charges opérationnelles inférieures au blé et au colza

Les charges opérationnelles (semences, fertilisation et produits de traitement) en pois sont le plus souvent comprises entre 350 et 500 €/ha selon le contexte de production, soit de 30 à près de 100 €/ha de moins par rapport à un colza ou un blé tendre.

Ne nécessitant pas de fertilisation azotée, le pois présente l’avantage de ne pas subir les flambées des prix des engrais N.

  

Un prix de vente supérieur à celui du blé

Le prix de marché à la tonne d’un pois standard est supérieur à celui d’un blé meunier standard : + 20 % à + 45 % en moyenne sur les 5 dernières campagnes.
Les protéagineux bénéficient d’une aide couplée.

Les bonus de prix pour les pois jaunes destinés à l’alimentation humaine ou l’industrie agro-alimentaire varient en général de 5 à 20 €/t au-dessus du pois standard.

Les bonus pour les pois verts de belle qualité visuelle sont plus importants, surtout ces dernières années. Cela reste des marchés de niche avec contractualisation.

     

Une prime couplée spécifique aux protéagineux

Les protéagineux bénéficient d’une aide couplée aux niveaux européen et français.


Europe : dans le cadre de la PAC et à partir de 2015, la France a prévu de coupler 2% des aides du « premier pilier » pour soutenir la production de protéines végétales, ce qui permettrait de prolonger le soutien actuel.


Répartition annuelle des aides couplées destinées aux protéines végétales :
-    98 M€ : aide, entre 100 et 150 € par ha, destinée aux éleveurs comptant plus de 5 UGB (herbivores et monogastriques) qui implantent des surfaces en légumineuses fourragères, pures ou en mélange à au moins 50%.
-    6 M€ : soja
-    35 M€ : protéagineux. Cette somme est modulée en fonction de l'importance des surfaces cultivées, entre 100 €/ha s'il y en a beaucoup et 200 €/ha s'il y en a  peu.
-    8 M€ : luzerne déshydratée
-    4 M€ : semences fourragères

 

France : pour la production de protéagineux (pois, féveroles et lupins), la France avait mis en place un programme d’aide de 40 millions d’euros pour les récoltes 2010 à 2014. Cette enveloppe se partage entre les producteurs qui mentionnent leurs hectares implantés en protéagineux chaque année (déclaration PAC). L'aide nationale ainsi versée était de 200 €/ha en 2012 et 205 €/ha en 2013 (hors modulation et autres abattements).

    

Des débouchés en alimentation animale et humaine

• Le débouché principal du pois protéagineux cultivé en France est l’alimentation animale. Mais les débouchés en alimentation humaine se sont beaucoup développés dans les années 2000.
• Le pois jaune est utilisé par l’industrie française des ingrédients agroalimentaires et non alimentaires, ou exporté vers l’Inde pour l’alimentation humaine. Le pois vert est destiné à la casserie, le pois marbré à l’oisellerie.
• Les pailles de pois sont reconnues pour leur valeur fourragère ou utiliséespour la litière (bovins allaitants, animaux à croissance lente).

Page rédigée par Terres Inovia à partir de son expertise et des publications d’ARVALIS ‐ Institut du végétal et de l’UNIP.

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Les surfaces de pois en France se sont stabilisées en 2017 à 199 000 ha (201 000 ha en 2016) suite à la belle progression observée depuis 2014.

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