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Conseil colza - Floraison difficile : comment gérer le risque maladie dans ce contexte


 

     

 

L. Ruck (Champagne-Ardenne, Aisne, Seine-et-Marne)

 

Le 12 mai 2017

Le déficit hydrique marqué et les gelées matinales de forte intensité au mois d’avril pénalisent les cultures et n’épargnent pas les colzas les plus fragiles mais le colza fait preuve de résistance avec ses capacités de compensation.

  

Les colzas bien implantés à l’automne résistent aux à-coups climatiques

Les colzas bien implantés à l’automne (bon enracinement, croissance avant hiver satisfaisante) résistent à ces à-coups climatiques, même si des avortements de boutons ou de siliques sont observés. Suite à des difficultés à l’implantation liées à la sécheresse en particulier en sols argileux, les très petits colzas à l’entrée de l’hiver et/ou les colzas mal enracinés et/ou en sol superficiels, encaissent plus difficilement ces aléas climatiques : avortement de boutons floraux et de jeunes siliques, faim d’azote et de soufre. Certaines parcelles fleurissent depuis plusieurs semaines et ne forment pas de siliques.

Les conditions difficiles que nous connaissons mettent une fois de plus en avant l’importance de l’implantation et de la croissance à l’automne pour mettre en place un colza robuste.

 

Enfin un peu de pluie

Des enquêtes km réalisées sur de nombreuses parcelles fin avril et reconduites cette semaine dans la Marne (secteur Mourmelon où les gelées ont été les plus fortes), Ardennes et Barrois de l’Aube, confirment qu’avec le retour de températures plus clémentes et d’un peu d’humidité les bourgeons axillaires redémarrent et des ramifications secondaires et tertiaires se mettent en place.

 

Photo : bourgeons axillaires sur ramifications secondaires et tertiaires 

 

Le colza démontre une fois de plus ses capacités de compensation : la destruction de boutons (surtout gel et sécheresse mais aussi méligèthes), de fleurs, de jeunes siliques et même de graines dans les siliques, provoque la levée de dormance d’organes en latence. Encore faut-il que les conditions d’alimentation en eau et minéraux soit assurées.

L’impact de la séquence climatique que nous avons vécue est variable d’une parcelle à l’autre mais aussi d’un organe à un autre sur la même plante : en effet le colza a la particularité de porter des organes fructifères à tous les stades de développement et de sensibilité différente aux à-coups climatiques. La floraison est donc très hétérogène d’une parcelle à l’autre : si les parcelles les plus tardives entament à peine leur floraison, la majorité est encore en floraison. Les parcelles les plus précoces défleurissent. 

 

Quel risque maladie ?

Les conditions froides et sèches ont jusque récemment été peu favorables au sclérotinia. Le risque va s’accroitre du fait de la durée de la floraison avec une nouvelle vague de fleurs pour compenser les manques, de l’augmentation des températures et de l’humidité qui colle les pétales aux feuilles.

La plupart des parcelles a reçu une protection fongicide ad hoc au stade G1.

·         Si la parcelle a encaissé les à-coups climatiques et est entrain de défleurir, il n’est plus nécessaire d’intervenir.

·         Par contre si la parcelle est encore en pleine floraison et a fait l’objet d’une protection fongicide il y a 2-3 semaines, la question d’une réintervention se pose particulièrement sur les parcelles à haut potentiel. 

·   S Sur les parcelles qui ont souffert et n’ont pas encore reçu de fongicide, parce qu’elles n’avaient pas encore fleuri, il est préférable d’envisager une protection mais en ajustant les coûts :  ½ dose Prosaro, ½ dose Filan SC, ½ dose Propulse ou Tébuconazole 1l/ha ou Sunorg Pro 0.8 l/ha.

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