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Conseil chanvre - Réussir son implantation


 

     

 

A. Van Boxsom (Hauts de France)

L. Ruck (Champagne-Ardenne, Aisne, Seine-et-Marne)

A. Baillet (Lorraine, Alsace, Haute-Marne)

D. de Fornel (Bourgogne-Franche-Comté) 

 

L.M. Allard (référent chanvre)

 

 

Le 13 mars 2017

L’implantation du chanvre est une étape clé qui conditionne 70% de la réussite de la culture. Le chanvre est une espèce à cycle court, toute rupture de croissance doit être évitée une fois le semis réalisé.

Viser un travail profond et une bonne structure pour assurer une levée rapide

Malgré un système racinaire pivotant et de fortes capacités de compensation, le chanvre est très sensible à tous défauts de structure de sol. La préparation de sol doit favoriser :
-    en profondeur, un enracinement de qualité pour permettre au pivot d’extraire l’eau et les éléments minéraux
-    en surface un lit de semences fin, aéré et suffisamment réchauffé pour garantir une levée rapide et homogène

Pour cela, en terre lourde (argileuse) un labour d’hiver a dû être réalisé. En terre plus légère, il est préférable d’opter pour un labour de printemps. Si la structure est satisfaisante sur 0–30 cm et que le sol se prête au non labour, dans ce cas il est conseillé de travailler celui-ci uniquement sur 7-8 cm de profondeur. Mais il est formellement déconseillé d’opter pour une implantation du chanvre en semis direct « strict ».

Un hiver restructurant

Cet hiver, les conditions climatiques ont été favorables à une bonne restructuration des sols. Sur la région, on a observé en moyenne des températures minimales journalières inférieures de -2,5 à -3°C par rapport aux normales. Sur décembre et janvier, on dénombre entre 41 et 48 jours avec des températures négatives pouvant descendre jusqu’à -11°C sous abri. Ci-dessous, les températures minimales observées sur 2 postes météorologiques, à savoir CHARGEY LES GRAY (70) et TROYES -BARBEREY-ST-SULPICE (10).

Eviter les tassements

Pour éviter les tassements du sol préjudiciables au système racinaire, il est préférable d’utiliser des trains d’outils afin de limiter le nombre de passages sur la parcelle et/ou des équipements de types roues jumelées ou pneus basse pression. Si le chanvre ne couvre pas le sol 15 à 20 jours après la levée à cause de problème de structure ou d’éléments ralentissant sa croissance, les adventices peuvent rapidement prendre le dessus. Le chanvre est également très sensible à l’hydromorphie en début de cycle. La présence de semelles de labour ou de zones compactées qui ne permet pas une bonne circulation de l’eau, voir une stagnation, génère une asphyxie racinaire extrêmement préjudiciable à l’implantation du chanvre et présente une décoloration caractéristique du feuillage.
Chanvre en zone hydromorphe

Un faux semis pour optimiser le lit de semences

Après le labour (d’hiver ou de printemps), on peut reprendre le sol avec le passage d’un outil à dents pour ameublir la terre, favoriser la pénétration des futures racines, faciliter le réchauffement du lit de semences et éviter le dessèchement du sol. Cela aura également l’avantage de faire lever les adventices (technique du faux semis) qui seront ensuite détruites de préférence par voie mécanique.

Semer dans de bonnes conditions

La levée du chanvre qui intervient 4 à 10 jours après le semis représente la phase la plus délicate de la culture. Pendant cette période, le chanvre, très sensible aux conditions de sol, doit avoir une levée rapide et homogène. Pour cela un semis régulier à une profondeur de 2 à 3 cm dans un sol bien structuré, parfaitement ressuyé et réchauffé (10 – 12°C) est primordial. Le semis va se faire en ligne avec un semoir à céréales classique à socs, de 9 à 17 cm d’écartements (privilégier les faibles écartements qui diminuent le nombre de plantes sur la ligne de semis et donc la concurrence entre plantes qui génère des pieds morts).
En année normale, et selon les régions de production, les semis se réalisent de fin mars à début mai. En conditions difficiles, il est possible de retarder le semis jusqu’à début juin mais le rendement en paille risque d’en être diminué.
La densité de semis doit être comprise entre 45 et 50 kg/ha pour atteindre le meilleur compromis entre le rendement paille et le rendement chènevis.
Une fois le semis effectué, un roulage peut être nécessaire pour favoriser la germination des graines en permettant la remontée capillaire de l’humidité au sol, limiter la présence de cailloux et niveler le sol et ainsi assurer de bonnes conditions de récolte.

Fertilisation azotée : tenir compte des reliquats sortie hiver qui sont élevés cette année

Les mesures de reliquats cette année montrent des valeurs élevées qui s’expliquent par le faible rendement du précédent et une pluviométrie hivernale déficitaire ayant fortement limité le lessivage. Il est donc nécessaire d’intégrer ces mesures pour le calcul de la dose à apporter. Pour un potentiel de 8 t/ha de paille et 10 q/ha de chènevis, les besoins sont d’environ 115 unités d’azote. L’apport sera à raisonner selon le potentiel de minéralisation du sol. Veiller à respecter les doses plafonds mentionnées dans les arrêtés préfectoraux de la Directive Nitrates.
Le chanvre présente un démarrage de croissance très rapide et consomme la moitié de ses besoins en azote du démarrage de la culture jusqu’au stade 5-6 paires de feuilles soit autour de 50 à 60 cm. Par ailleurs, pour assurer une couverture rapide du sol et permettre un bon étouffement des adventices, le démarrage de la culture ne doit pas être pénalisé par une limitation azotée. Il est donc conseillé de réaliser au moins 2/3 des apports d’azote minéral au moment du semis (avant semis ou avant levée). En effet, un apport tardif peut entrainer un retard de croissance de la culture qui peut pénaliser la couverture du sol et si les conditions climatiques ne sont pas optimales, le rendement peut également être impacté.



Si l’implantation est réussie, le chanvre couvre très rapidement le sol et étouffe les adventices.


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